‹ Le peintre mystiqueChapitre 31 sur 49 · NO · texte numérisé non relu

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fond de sa profondeur. Cette main coupable en sa personne ne pouvait être que la main du peintre, puisque le musicien use à la fois de ses deux mains.

Il se coucha, ferma les yeux. Mais ces mots de l'apôtre comme des langues de feu flamboyaient dans l'obscurité et le clapotement de l’eau qui résonnait à son oreille le ramenait aux violences, aux sarcasmes, aux douceurs de

cette émouvante journée.

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Il fut réveillé par un roitelet qui nichait dans son lierre, se leva, ouvrit la fenêtre. Un bourdon stridulent pénétra dans la chambre avec des senteurs de gazon qui montaient comme des voix amies. [l entendit sur le prunier la voix folle du merle qui lui rappelait Thécla. Des guêpes en bruissant s'abattaient sur les pêches de son espalier. Une brise errante, un frisson de fraicheur caressait les hêtres dont le feuillage à petits coups rythmés battait les barreaux des croisées. Tout chantait la résurrection du jour.

Soit par entrainement d'instinet, soit par regret, soit qu'en réalité, la lumière se fit en

Rhoda par la grâce de Séraphine, il hâta sa

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toilette, descendit à son oratoire et ne put s'empêcher d'associer aux voix de Pair la voix de l'orgue et la sienne propre. Il s’enfonça dans le travail d'une symphonie qu'il avait reprise depuis quelque temps sur les instances de M”° Selly.

Tandis qu'il cherchait ses accords avec l’ardeur d’un néophyte, une voix du dehors fit

entendre ces mots :

« Verse, verse à plein bord, Verse encor, Verse, verse la flamme

Qui doit brüler mon âme... »

L'oreue se tut. L'artiste se leva, secoué par une émotion foudroyante, inconnue qui le jetait, pâle et les dents serrées au devant de von Schléwitz.

— Eh! bien, Marc, tu me recois comme

un rival auquel on veut tordre le eou, dit en

riant le capitaine, étonné jusqu’à la stupeur de la transformation du camarade.

La notion de la jalousie, à ce mot de rival, prenant corps aux yeux du mystique pour la première fois, le jeta dans une telle confusion qu'il se laissa cheoir sur un siège. Mais peu à peu, dissimulant son émotion :

— Le chagrin, dit-il, vit en moi comme une infirmité dont je n'ai pas encore pris l’habitude, un temps viendra, quand la dernière illusion sera morte, où je me soumettrai sans murmurer.

Inquiet, le capitaine cherchait autour de

lui l'explication de ces paroles, ne comprenant

rien au désordre, au vide de l'atelier. Mais ce qui l'étonnait par-dessus tout c'était un beau saphir qui châtoyait à la main du désespéré, exceptionnellement ornée d’une manchette. IL ne portait plus la simarre, mais une redingote

bleue à collet de velours. Son langage même

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avait changé, il se servait de mots plus rapprochés de la nature. Après un instant, 1l reprit :

rn ÿ CRE aval I — Tu me vois comme une avalanche éboulée du rocher et qui se dissout au soleil. — Le fait est qu’on se croit sur un chaume,

au lendemain de la moisson, dit Romuald,

cherchant à s’accorder au ton de la situation ;

tu ne travailles plus ?

— Non, j'ai tenté des voies inaccessibles, tout m'échappe à la foi, le mobile de ma vie et l'élément de ma pensée... Je me suis rabattu sur une symphonie.

Von Schléwitz eut un eri dé joie :

— Tu retournes à ton élément? Bravo !

Marc. Et quel est le sujet qui sollicite ton vénie ?

— Je voudrais célébrer les sympathies élémentaires, chanter les attractions de la nature

en ses premiers enfantements.

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