LA VIE EN CARAVANE
Les Algériens n’ont fait, cette année 1891, en caravane que le trajet aller et retour de Djeddah à La Mecque et celui de Yembo à Médine. Le premier se fait en deux nuits, le second en cinq.
Les caravanes ne marchent que la nuit.
Les pèlerins sont un ou deux sur un chameau, soit à califourchon, soit dans des sortes de lits tressés (shakdoufs) en roseaux et abrités du soleil par des étoffes. Quelques-uns, les plus pauvres, vont à pied à côté des chamaux.
Voici les étapes de Yembo à Médine (128 milles en ligne droite). |
Biarcheïr, à 4 heures de Yembo (désert), puits
“Birsaïd à 14 — de Biarcheïr (désert), puits Amrha à 12 — de Birsaïd village, oued, dattes Birabbas à 10 — de Amrha, désert, puits Dans les environs, Birderouïch | — Chouada | à tous ces endroits, puits — Frisch
Médine, à 12 heures de Birabbas.
En arrivant en vue de Médine, les hadjis font les grandes ablutions et se prosternent trois fois en récitant certains passages du Coran.
ES
À toutes les étapes, les pèlerins trouvent de l’eau plus ou moins bonne et plus ou moins abondante.
La vie en caravane n’est pas très fatigante en ellemême. Toutefois, en revenant de Médine, les pèlerins étaient pour la plupart exténués.
IL est vrai qu'ils venaient de fournir la dernière étape du pèlerinage et qu'il faut par conséquent tenir compte de toutes les fatigues de La Mecque.
Néanmoins la chaleur, le repos en plein jour sur un sable surchauffé, le manque de nourriture pour quelques-uns n’ont fait qu'ajouter durant le temps du voyage aux fatigues antérieures.
De plus, cette année, toutes les caravanes ont été attaquées par les bédouins. Heureusement Les fusils de ces derniers ne sont pas très dangereux.
Cependant les bédouins attaquant aussi à l’arme blanche, plusieurs pèlerins ont été tués ou blessés.
Nous avions à bord du Pictavia deux de ces blessés : l’un deux avait eu la face abîmée à coup de sabre, l’autre l’omoplate brisée d’un coup de matraque.
Ces attaques se renouvellent plus ou moins tous les ans. L’année dernière, une caravane tout entière de Marocains fut massacrée ; sut 446 il en échappa 2.
La conclusion médicale se tire toute seule. C’est au gouvernement à voir ce qu’il a à faire. Les Algériens sont ses sujets et les Tunisiens ses protégés.