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civil. Une épidémie de typhus éclatant à bord eût pu faire de sérieux ravages. Je n’en vis heureusement aucun cas. Il n’y avait à bord aucune maladie contagieuse au départ.
À Djeddah, la mortalité, sur 25000 habitants, est d'environ 2 1/2 par jour. Les maladies qui y règrent pendant l’année sont la fièvre typhoïde, la fièvre paludéenne, la variole, les coups de chaleur, la dysentérie, surtout en hiver, les rhumatismes. On n’y voit jamais de fous, m’a-t-on dit ; cependant on y fait un fréquent usage de l'alcool. Pas d’abcès du foie, pas d’hématurie. L’influenza y est très répandue.
À La Mecque et sur toute la côte du Hedjaz et de l’Assyr, mêmes maladies qu’à Djeddah. .
A El Tor, quand nous arrivâmes le 25 août, l’état sanitaire était bon. Il y avait eu, paraît-il, quelques cas douteux de choléra les 8, 9, 10, 11 août; rien depuis. Pendant notre séjour, il y eut un autre cas douteux. J’en reparlerai plus bas.
Les principales influences pathologiques sont apportées par les pèlerins eux-mêmes : l’agglomération, les origines des pèlerins, leur misère phy-
siologique, le surmenage physique, la faim sont autant de causes puissantes de maladies sans parler des germes du choléra sur lequel je reviendrai plus tard.
L'agglomération. — Le nombre des pèlerins est fort difficile à évaluer, même approximativement.
On arrive cependant en moyenne, chaque année, à
EG un total d'environ 300000 en faisant la somme des
nombres suivants que l’on connaît à peu près.
Del'Assyeetdu Yémen 07.7 12.000 Du NédiÈd' ess. ee ERA 20000 Du Djebel Chamaar. . . . . ASE OO Syrieñs et Lure neue MSN 25.000 IDOENSE A ARRET NT 12.000 JAVANAIS RSS PE. ME nr or 7.000 RUSSES SE SRE SES 3.000 MAtErebINS MERE LENS $.000 :
ÉENDHENS Een ere tele + 10.000 Pésla cote dAÏTIUENE Mn 1.000 DEMEURER ES TAN ER 1$.000 De La Mecque et Djeddah . . . . 100.000 CHRAMONErS EEE EE « 10.000 Marchands de moutons de l’Assyr . 30.000 Bédonnms Ses 120% 136:000 + — 291.000
L'influence d’un si grand nombre d'hommes dans une espace restreint, dans un pays chaud, ne peut être que déplorable sur chacun d’eux. La preuve en est dans l’augmentation subite du nombre des décès les jours de la fête.
L'origine des pèlerins. — Les habitants de La Mecque, de Djeddah, de Médine, les bédouins du Hedjaz restant sur place subissent les causes pathogènes, mais n’en apportent pas. Cependant, cette année, tout porte à croire que le choléra est né, ou plutôt rené, sur place. Il ne. faudrait donc pas innocenter, a priori, le pays de toutes les épidémies.
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De plus, j’ai vu trois Algériens malades d’une petite vérole prise pendant le pèlerinage.
Quatre caravanes importantes arrivent à La Mecque pour les fêtes.
L'une vient de Syrie. Or, cette année, le choléra était à Alexandrette, Alep et toute cette région. On accusa même tout d’abord cette caravane de l’avoir importé. |
Une autre arrive de Mésopotamie venant de la Perse. Or, comme on le sait, la Perse est une des portes d’entrée du choléra en Europe. Depuis longtemps, dans les congrès d’hygiène, on s’est occupé des précautions qu'il fallait y prendre ; on a établi un poste de surveillance à Mesched.
Une troisième traverse l’Arabie. Elle vient du Nedjed et des bords du golfe Persique dont tout le monde connaît les relations commerciales avec les Indes.
La quatrième vient du Sud, du Yémen et de l’Hadramont. Elle est surtout composée de bédouins qui amènent du bétail, principalement des moutons, pour les fêtes et les sacrifices de la vallée de Mina. Cette caravane n’est pas la moins dangereuse.
L'année dernière (1890) Saïd- el-Kepsi, chef bédouin parti avec 2,500 hommes, arriva à La Mecque avec 900 seulement. Tous les autres étaient morts d’une maladie qui, d’après sa description, n'était autre que le choléra qu’une barque avait sans doute apporté au port de Makala. Cette caravane fut-elle la cause de
l'épidémie de 1890 ? — En tout cas le Directeur de la Santé, délégué dans le Hedjaz par Constantinople. pour le temps du pèlerinage, M. le D' Vaume, ignorait l'existence de ce choléra dans l’Yémen; il n’en a été informé qu’au cours des fêtes.
L'influence pathogène des caravanes n’est donc nullement négligeable. Nous verrons cependant plus bas qu'aucune des mesures imposées si sévèrement aux bateaux n’est sérieusement prise contre elles. M. Fauvel au congrès de Vienne, en 1874, avait bien dit que le passage dans le désert suffisait pour tout purifier; mais depuis cette époque il était revenu lui-même sur son opinion.
Il est vrai que l’origine des pèlerins venant par mer est encore plus diverse et plus sujette à caution. C’est, en effet, toujours par mer que viennent les Indiens.
En 1890, il est arrivé à Djeddah 45,830 pèlerins amenés par 142 navires répartis comme il suit :
52 Vapeurs anglais
3 Voiliers anglais 41 Vapeurs égyptiens 11 Vapeurs ottomans
1 Voilier — 16 Vapeurs autrichiens 14 — hollandais
3 — français
I — zanzibarien.
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Non compris les samboucks, grandes barques à voiles, qui amenèrent 1,044 pèlerins.
Voici les nationalités de ces pèlerins
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