‹ Le Pèlerin de la Mecque: Son Hygiène, Ses MaladiesChapitre 32 sur 34 · D' MAURIN · texte numérisé non relu

D' MAURIN

Je puis dire qu’elles ont été ponctuellement exécutées sur le Pictavia, avec quelques restrictions cependant.

Je veux dire quelques mots à propos de deux ou trois d’entre elles.

La première prescrit au médecin de faire la visite chaque matin, et de tenir un journal qui sera mis à la disposition des autorités sanitaires à la première réquisition.

Les visites ont été faites, le journal a été tenu chaque jour. Mais personne ne m'a jamais demandé ce dernier. Cependant, dans le doute où sont toujours MM. les agents de la santé quand arrive un bateau de pèlerins, n’eût-ce pasété le meilleur moyen de se rendre un compte exact de l’état de choses du bord.

La deuxième recommande de veiller à la propreté du navire. Tous les jours, le pont était lavé le matin à l’eau de mer. Les spardecks, les entreponts et les cabines étaient balayés plusieurs fois par jour, arrosés au chlorure de chaux. Quand le besoin s’en faisait sentir, je les faisais arroser avec une solution phéniquée.

Les lieux d’aisance étaient lavés et désinfectés quatre fois par jour.

A l'aller, les passagers ont eu des douches d’eau de mer à volonté. Tous n’ont pas voulu s’y astreindre. Ils n’y étaient pas du reste obligés : ils avaient seulement le droit de les réclamer. Elles leur ont été accordées à profusion.

A propos de l’étuve Geneste et Herscher que le règlement exigeait à bord des bateaux français je crois devoir dire ici ce que j'ai répondu à tous ceux qui m'ont interrogé à son sujet : il faut se féliciter d’avoir une étuve à bord, elle peut rendre de grands services, mais on ne peut vouloir, comme le prescrit le règlement, étuver tous les pèlerins wne fois tous Les sept jours. Il y a trop de difficultés à cela.

D'abord, les pèlerins ne veulent pas donner leurs vêtements, ainsi que je l’ai expérimenté moi-même quand je les leur ai demandés.

Ils s’y refusent absolument. Et les voisins se mettent de la partie. Il faudrait employer la force. A El-Tor, il est vrai, on parvient à les faire déshabiller ; mais pour cette opération, on les fait entrer douze par douze dans une grande salle où on les a

complètement sous la main. Après la désinfection, on les expédie de suite à leur campement, à des centaines de mètre plus loin. À bord, un pèlerin, d'après le mesurage turc (en France on ne mesure pas le bateau) n’a droit qu’à neuf pieds carrés.

Et put-on obtenir facilement les vêtements et les désinfecter, il reste encore deux difficultés sérieuses.

Les Arabes se battront et se voleront souvent au moment de la distribution de leurs effets, car il faut nécessairement entasser dans l’étuve un grand nombre à la fois de ces derniers.

Et enfin comment sur un bateau qui contient 1400 pèlerins séparer pendant sept jours ceux qui ont été désinfectés de ceux qui ne le sont pas encore?

Il faut avoir été sur un bateau de pèlerins pourse faire une idée de ces difticultés, difficultés de temps et d'espace qu'on ne peut vaincre.

A mon avis, il ne faut pas vouloir désinfecter tous les passagers : c’est impossible. En pratique on ne pourra jamais désinfecter que les malades.

« En cas de décès, le malade sera inhumé avec convenance, et les effets du mort désinfectés, mis en paquet et étiquetés. »

Les cadavres à bord, ordinairement lavés et enfermés dans un suaire par leurs camarades, étaient mis à la mer à la nuit, au moyen d’une corde. On ne coupait la corde que lorsqu'ils étaient au niveau de

l’eau.

Tous ceux qui sont décédés étaient des hommes

épuisés, malades depuis longtemps, n'ayant plus de vivres, ayant sans doute abandonné leur petit bagage — ils pouvaient à peine se porter eux-mèêmes. — Leurs vêtements se composaient en général d’une ou deux gandouras, quelquefois un burnous, vêtements que la diarrhée avait le plus souvent souillés ; on les jetait à la mer après le cadavre : Il n’y avait pas à songer à les conserver. Les papiers et l'argent étaient seuls mis de côté et gardés par le commandant. Il faut constater du reste que les papiers manquaient presque toujours et l'argent plus souvent encore.

Quelles précautions sont prises à l’arrivée des bateaux à Djeddah?

Ceux qui viennent du Nord n’ont aucune quarantaine à faire, ni observation. Ils sont admis à la libre pratique après l’arraisonnement ordinaire.

Avant de quitter les Indes, les bateaux de pèlerins sont soumis au Native Passager Act, c’est-à-dire à une inspection pour s'assurer qu’il n’y a à bord ni encombrement ni aucun passager atteint de choléra.

De plus tous ceux qui viennent du Sud de la mer Rouge doivent passer à Camaran où, selon les cas, ils font une quarantaine plus ou moins prolongée. Cette année, c’est là que le Sculptor a été arrêté.

En arrivant à Djeddah, ils ont encore 24 heures d'observation à subir dans des bâtiments spéciaux, situés à environ quatre milles de la ville, sur les bancs de la rade.

Malheureusement l’inspection faite à Djeddah est

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forcément insuffisante. M. le Directeur de la Santé se rend bien à bord, à l’arrivée du navire, il visite celui-ci, mais il ne peut voir tous les pèlerins à cause de l’encombrement; de plus les femmes sont

voilées, souvent cachées sous des tentures. On ne peut les examiner.

Les précautions à l’arrivée du navire sont doncilusoires, si, à bord, on n’a pas pris à cœur de combattre l'épidémie et si on ne signale pas les malades qui s’y trouvent. Si cela n’est pas fait, il peut arriver ce qui est arrivé au mois d’août dernier à Singapoor : un bateau portant 800 coolies vint dans ce port après avoir eu 60 décès cholériques pendant sa traversée ; le capitaine n’en dit rien; on laissa débarquer les passagers; le lendemain le choléra

était dans plusieurs quartiers de la ville.

Les mesures prises contre les caravanes sont

moins rigoureuses encore.

M. Fauvel distinguait deux sortes de caravanes.

Celles qui suivent les fleuves, s’arrêtant souvent dans les villes qui bordent ceux-ci. Celles-ci sont dangereuses; ce sont elles qui ont transporté le choléra de Bassora à Bagdad, à Mossoul, à Diarbekir, à Alep, à Hama, etc.

Celles qui traversent le désert, celles, par exemple, qui vont de La Mecque à Damas; celles-là ne sont pas à craindre : elles sont toujours arrivées

indemnes de choléra.

Ces dernières jouissent-elles vraiment toujours

de ce privilège? Ce n’est pas encore bien démontrés

Aussi le conseil sanitairede Constantinople a-t-il, avec juste raison, formulé, à la fin du choléra de 1890 des mesures à prendre -contre les caravanes, mais comme on le verra plus bas, elles sont toutes prises pour défendre l’Europe du Hedjaz, de la Syrie, de la Mésopotamie, nullement pour défendre La Mecque.

En tout cas, les caravanes contaminées arrivent dans cette dernière ville sans que les autorités locales soient seulement averties de leur état de santé. J'ai déjà parlé de cette caravane de Sana qui perdit 1,600 hommes sur 2.500 et aussi de l'ignorance où était le Vali du mauvais état de la caravane d'Egypte.

Et cependant, cette année, le choléra était à Alexandrette à Alep, à Adana, à Sivas, à Antioche, menaçant Damas et Beyrouth.

En 1889,il était à Bassora et en Mésopotamie, toujours très exposée à être contaminée par les cadavres de Chiites que des vapeurs anglais amènent de Bombay pour être enterrés dans les villes saintes de Nedjefet Kerbela. La même année, il était en Perse, dans toute la région comprise entre Homéguim et Kermanchach. Il s'étend. chaque année, menaçant, au nord la Caspienne et par conséquent l’Europe, mais menaçant aussi La Mecque qui reste très exposé à l’import ation d’une épidémie.

Localement du moins que fait-on pour se défendre.

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Le même conseil sanitaire de Constantinople déjà cité plus haut a édicté des mesures à prendre dans les villes. Je ne les transcris pas ici parce qu’elles sont, je crois, déjà connues. Je ne puis cependant m'empêcher de faire quelques réflexions à propos de quelques-unes d’entre elles.

L’une d’elles prescrit de rechercher et de signaler attentivement le premier cas d’une maladie épidémique. Or, cette année, le choléra existait déjà depuis plus d’une vingtaine de jours quand le premier cas officiel fut annoncé.

L'’assainissement des villes est recommandé en détails. Et cependant dans le Hedjaz rien de sérieux n’est fait sous ce rapport ; l’argent et les désinfectants manquent presque complètement.

Le gouvernement turc avait bien envoyé 2.000 livres turques (46.000 francs) pour assainir La Mecque, Djeddah et Médine. On n’a rien fait. Je tiens même d’une personne très bien renseignée, et je répète, sous toute réserve, que le vali du Hedjaz a gardé les livres pour lui.

A Djeddah, M. le Directeur de la Santé demandait depuis longtemps des désinfectants sans pouvoir en obtenir l'envoi. Il avait mis les cholériques arrivant de La Mecque dans des baraques en bois, hors des murs de la ville : on ne lui accorda que quatre hommes pour les garder et faire le cordon sanitaire.

Rien n’était organisé. Les cholériques étaient à la merci d'employés paresseux et apeurés : l’an dernier (1890) un homme riche est pris du choléra et tombe

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près de la porte de Médine, à Djeddah. Des employés sanitaires arrivent, le mettent sur un angareb (lit) et séance tenante (avant qu’il fût mort) vendent ses effets au plus offrant des badauds, à condition que ce dernier déshabillerait le malade.

Quelqu'un a vu des soldats traîner par un pied un indien cholérique qui n’était pas encore mort.

M. le D' Vaume faisait tout son possible; mais mal secondé, manquant de toutes les choses nécessaires, que pouvait-ilr C’est à grande peine qu’il parvenait à entrer dans les maisons où on cache souvent des malades, au milieu d’autres pèlerins ou habitants de la ville. Les survivants mettent même les vêtements des morts. L'année dernière, M. Vaume avait fait brûler beaucoup d'effets de cholériques, mais après son départ, le beitelmar en fit vendre d’autres de la même proveeance restés je ne sais comment.

A Yembo, on n’a pas recouvert de chaux la tombe des cholériques de l’an dernier. Les règlements prescrivaient de le faire cependant.

Je ne crois donc pas me tromper en disant que les mesures prises pour empêcher l’épidémie de s’introduire dans le Hedjaz sont insuffisantes et celles prises pour la combattre localement presque nulles, c’est l'opinion du reste des personnes les plus autorisées que j'ai vues à Djeddah très au courant de ce qui s’y passait.

LES QUARANIAINES,

Les pèlerins sont donc bien peu protégés contre les épidémies. Que fait-on pour se défendre contre eux lorsqu'ils sont contaminés? On a établi des quarantaines.

Quarantaines de terre.

Quarantaines de mer.

Ce n’est pasici le lieu de faire une étude des quarantaines. Ce sujet beaucoup trop vaste ne rentre pas dans le cadre de ce travail.

Les quarantaines de terre sont du reste reconnues inutiles par presque tous les hygiénistes. Le congrès de Vienne en 1874 a reconnu que leur application était impossible. ;

L’utilité des quarantaines de mer est discutée aussi. Les Anglais surtout ne veulent pas la reconnaître. Lord Salisbury, en répondant à l'Italie qui, en 1890, demandait la réunion d’une conférence internationale, a exposé tout au long la manière de voir de l’Angleterre sur cette question des quaran-

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taines qui sont «inefficaces et vexatoires (ill founded) ».

Il n’en est pas moins certain cependant, malgré tous les arguments plus ou moins spécieux dont on peut ébranler le principe des quarantaines, qu’elles ont rendus de réels services dans certains cas. C’est ce que démontrait le rapport de M. Proust sur le choléra de La Mecque de 1890, rapport communiqué à l’Académie de médecine, le 17 mars 1891. En 1890, en effet, le choléra envahit le Hedjaz, régna à La Mecque, Djeddah, El-Tor, mais il ne passa point ce dernier point et l'Egypte ne fut pas envahie.

Mais laissant de côté le point de vue général de-

la question, je veux montrer seulement ce qu’on fait pour le pèlerin de La Mecque dans les lazarets.

Ma thèse étant en effet que en prenant soin du pèlerin on sauvegarde l’Europe.

Je ne veux parler du reste que des quarantaines que j'ai vues.

Tous les pèlerins allant vers le Nord subissaient cette année une première quafantaine à El-Tor.

Ils passaient ensuite le canal de Suez en quarantaine, et de plus, selon leur destination, ils allaient encore faire quarantaine :

Les turcs et les tripolitains à Beyrouth et à Smyrne,

Les Tunisiens à Zembra,

Les Marocains à Mogador,

Les Algériens au cap Matifou.

Les Egyptiens ne passant pas le canal devaient

avant d’être libérés de toute observation, faire

encore trois jours de quarantaine à Ras Mallap,

situé à 42 milles de El Tor.

C’est après bien des hésitations que le conseil d'Alexandrie a choisi Ras Mallap comme lieu d’observation. Plusieurs membres en effet eussent préféré Djebel Zeit ou les sources de Moïse. Ce der-. nier point, après les renseignements donnés par M. Proust, à la conférence de Venise, a été choisi par cette dernière pour les quarantaines des paquebots contaminés. |

Jusqu'en 1890, les Egyptiens après leur quarantaine à El Tor, étaient, de plus, retenus quelques jours dans l’île Moussa, puis débarqués à 20 milles de Suez et conduits à travers le désert jusqu’au Delta. Cette marche à travers le désert était destinée à achever de les purifier.

Le Pictavia partit de Yembo le 23 août après avoir embarqué environ 1370 pèlerins.

Voici sa patente de santé de Yembo :

« Malades à bord, 3 de maladies ordinaires.

« Nous certifions, en outre, que l’état sanitaire du « pays et de ses environs n’est pas satisfaisant et « qu’il y règne le choléra indien à l’état épidermi- « que, aucun cas n’ayant été constaté jusqu’à ce jour « à Yembo.

& N.B.— A bord, dix pèlerins avec marasme sé- | nile, épuisement par surmenage peuvent mourir dans les 48 heures. » É |

Nous arrivâmes à El Tor, le 25. Nos passagers

ne furent débarqués, mis dans une section provisoire, désinfectés et gardés dans une section définitive. Quelque temps après on étuva les bagages. Entre temps, on désinfecta le bateau.

Voici quelques notes sur le lazaret et la manière dont les opérations sont faites : :

ElTor, Djebel Tor, Tür, sur la côte ouest de la presqu'île du Sinaï est un mouillage peu étendu, mais sûr, situé en face de la haute terre de Zeiti. Ce mouillage est formé par une inflexion de la côte vers le N. O. et un récif de corail s'appuyant à la pointe ouest et s'avançant vers le S.-E à une distance d’un demi mille. é

Le village est au N.-E. de cette petite rade et habité par 300 personnes, principalement des Grecset des Arabes bédouins, faisant avec Suez un petit commerce de vivres et de vêtements contre des nacres de peu de valeur, des émeraudes et des saphirs tirés des crevasses du Sinaï. La principale ressource du pays est maintenant le lazaret quarantenaire.

Ce lazaret existait déjà à Tor en 1866 pour les pèlerins et les navires venant des Indes avec le choléra. Cependant, jusqu’en 1881, les quarantaines se faisaient concurremment à El Ouedj. A cette date elles furent supprimées dans ce dernier point et établies définitivement à Tor.

Outre un mouillage, excellent pour les navires, Tor offre aux pèlerins astreints à la quarantaine une réunion de conditions de salubrité exceptionnelle,

C’est un amphithéâtre très étendu, mais peu pro-

fondément creusé dans le sable, balayé presque constamment par les fortes brises du nord, journalières dans le golfe de Suez.

Sur la crète périphérique de cet amphithéâtre se trouvent de place en place les tentes des sentinelles reliées entre elles par des soldats à chameau.

Dans cet amphithéâtre sont disposés les divers campements.

Ces campements sont :

Des tentes pour les trois compagnies de soldats (450 hommes), chargés de la garde des sections et du cordon sanitaire.

Deux cents mètres plus au sud, près de la jetée en bois où débarquent et embarquent les pèlerins, se trouvent deux grands corps de bâtiment rectangulaires en pierre.

L'un d’eux sert de magasin.

L'autre contient une vaste salle où se déshabillent les pèlerins, un local où sont les étuves et une autre salle d’attente.

Il y a deux étuves à désinfecter : une grande dont on se servait encore en 1890, mais dont la forme cubique et la mauvaise construction offrent des dangers réels d’explosion. On ne s’en sert plus.

L'autre, cylindrique, plus petite, rappelle tout à fait par sa forme le grand modèle Geneste et Kerscher. Elle a été construite à Alexandrie et a coûté 75,000 fr. Comme dans les Geneste la vapeur arrive dans l’étuve même pour pénétrer les objets, puis dans des serpentins pour sécher ces mêmes objets.

La pression reste toujours dans les serpentins ; elle s'y élève à 60 livres. Dans le corps de l’étuve elle reste à 30 ou 32 livres.

Les campements des pèlerins désinfectés (sections permanentes) sont tous au moins à 600 mètres du rivage et à 250 mètres les uns des autres. Ils se composent généralement de deux, quelquefois de trois rangées de tentes placées perpendiculairement au rivage, et espacées l’une de l’autre d’au moins 50 mètres.

Il y a une section par bateau.

Ces sections permanentes ne sont pas fixes ; on les change volontiers de place, surtout après le départ d’un bateau.

Les hôpitaux sont placés au moins à 400 mètres de toute section et à 400 mètres l’un de l’autre. Il y en a un pour les malades venant de Djeddah, un autre pour ceux qui arrivent de Yembo.

Un autre hôpital exclusivement réservé aux cholériques est placé le plus loin possible sous le vent.

Chaque hôpital se compose de tentes en nombre variable rangées circulairement. Ces tentes sont doublées, plus épaisses et plus élégantes que celles des sections. Il possède un médecin, des infirmiers. Le médecintient un registre, où il inscrit le nom, la provenance, la destination, date d’entrée, âge, diagnostic et date de sortie des malades.

Les malades sont deux par tente. Chacun a un lit en fer ou un châssis en bois et une paillasse recouverte d’un drap. Près de chacun est une pancarte

où le médecin écrit son observation quotidienne. Entre les deux lits, sur une table, ily a en per- manence de l’eau et deux verres. A l'hôpital, outre les remèdes, les malades reçoivent la nourriture.

Lorsqu'il y a un décès, le cadavre est porté dans une tente spéciale où une femme égyptienne est chargée, selon les rites musulmans, de les laver, de leur boucher tous les orifices avec le coton sacré et de les envelopper d’un suaire blanc. ;

On les enterre au delà de l'emplacement de la quarantaine, à 1%.50 dans la terre. On ne les recouvre pas de chaux, la religion le défendant.

Les latrines, dans chaque section, sont situées à l’extrémité sous le vent (opposée au rivage). Elles consistent en trous, creusés dans le sable, qu’un homme est chargé d’arroser souvent d’une solution de sulfate de cuivre à 10 pour 100. La nuit surtout, et quelquefois le jour, il arrive que les pèlerins ne se donnent pas la peine d’aller à l’extrémité de la section. C’est à ce même homme à veiller et à répandre du sulfate de cuivre là où il en est besoin.

La vie du pèlerin en quarantaine est très simple.

11 débarque par les soins de l’administration de Tor, comme je l’ai dit plus haut. Malheureusement les barques qui servent pour les partants sontles mèêmes que celles employées pour les arrivants. Et des départs ont souvent lieu le même jour que des arri- . vées. Ces barques ne sont jamais désinfectées.

Les droits de quarantaine pour chaque pèlerin

sont de 14 fr. 80.

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