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Or, les passeports dans leur forme actuelle sont une grosse cause de fatigue pour les pèlerins.
Outre les méprises et les confusions dont je par-
‘lais plus haut, il faut encore signaler une autre difficulté. Voici en effet ce qui s’est passé cette année :
Les pèlerins ont pris leurs passeports en Algérie ou en Tunisie. Arrivés à Djeddah, ils ont dû aller y faire apposer le visa du consul. Or les deux bateaux (Gallia et Pictavia) étant arrivés presque en même temps, le consul en avait environ 2,400 à viser, ce qui ne peut se faire en un jour.
Mais comme les pèlerins, à peine à Djeddah, n’ont rien de plus pressé que de se rendre à La Mecque, comme ils savent que dans le Hedjaz, ils n'auront pas besoin de leurs passeports, un certain nombre ont laissé le leur chez le consul, et ne sont pas revenus le chercher. Il en est resté chez ce dernier plusieurs centaines.
M. le consul de Djeddah, présent à Yembo au moment des embarquements, a tâché de parer un peu la difficulté en faisant témoigner des amis et des camarades sur l'identité de ceux qui n’avaient pas de passeports. Mais il n’a pu le faire pour tous, et de plus, ces témoignages n'étaient peut-être pas toujours bien dignes de foi.
Donc la perte des passeports est inévitable.
En fait cette année, quelques-uns n’en avaient plus au retour ; pour la plupart de ceux qui en avaient il a été une cause d’ennuis, d’embarras et pour les malades une cause de fatigues et même de souffrances.
F-EUr
À Tunis, M. le Directeur de la Santé nous refusa d’abord le débarquement de tous ceux qui n'avaient pas de passeport. Heureusement le conseil sanitaire réuni d'urgence revint sur cette décision ét permit de débarquer tous les Tunisiens. Toutefois ceux qui n'avaient pas de passeport devaient aller en prison au sortir de la quarantaine.
À Alger, même difficulté. Cependant M. le Directeur de la Santé fit moins d’objections et comprit de suite la situation.
À propos donc des passeports et des billets de retour, il faut désirer que les ennuis qu'ils occasionnent aux pèlerins soient diminués le plus possible.
Je proposerai pour ma part:
D'abord que le nom du propriétaire y soit écrit en arabe afin que celui-ci pût ie reconnaître ; qu’ensuite on supprimât le papier qui se perd trop facilement.
. Qu'on le remplaçât par une sorte de plaque d’identité, comme en portent tous nos soldats en campagne, plaque qu’on ferait suspendre au cou, ou mieux à une pièce importante du vêtement.
N.B.— II y aurait difficulté à la mettre au cou, parce que pendant le pèlerinage les pèlerins ont le torse nu, du moins pendant les fêtes.
Avant de partir, les pèlerins doivent prouver qu’ils sont possesseurs d’une somme d’au moins mille francs. Cette précaution est on ne peut plus juste. Malheureusement, même en supposant que tous aient
effectivement cette somme pour subvenir aux frais du pèlerinage, ce qui n’est pas, beaucoup, au retour du moins, sont dans la plus complète misère.
En tout cas cètte mesure est excellente. 1l ne faut laisser partir que les pèlerins ayant des ressources suffisantes. C’est ce que fait aussi la Hollande dans ses possessions d’Asie ; c’est ce qu'impose également le Native Passenger Act en vigueur aux Indes.
Telles sont les conditions imposées directement aux pèlerins avant leur départ.
Il en est une autre: ils ne peuvent s'embarquer que sur des bateaux français et réunissant diverses conditions, c’est-à-dire possédant une étuve à désinfection (modèle Genest et Herscher), ayant à bord un médecin commissionné, et n’ayant dans ses cales ni charbon, ni peaux, nilaines.
Toutes ces mesures ne peuvent qu'être approuvées au point de vue médical. Tout le monde connaît ce qui s’est passé quelquefois à bord des bateaux anglais où les pèlerins sont entassés eux et leurs bagages partout où on trouve de la place.
Voici comment le Piciavia satisfaisait aux conditions requises pour le pèlerinage.
II n'avait aucune marchandise à bord, ni charbon, ni peaux, ni laines, par conséquent;
L'étuve Genest et Herscher était le modèle n° », c'est-à-dire la seconde grandeur. Elle était située sur le château au milieu du navire.
Le médecin était commissionné par le gouvernement en vertu d’une lettre de service qui lui avait