‹ Le pèlerin de Sainte-Anne [microforme] (volume 2)Chapitre 39 sur 56 · LEON · texte numérisé non relu

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Le chef des voleurs salue. Mais il n’a pas fini son humble salutation qu'il recule de surprise. Il pâlit affreusement et reste silen. cieux oubliant ce qu'il a songé à dire. La maîtresse de la maison lui présente une chaise, l'invitant à s'asseoir.

—Merci, dit-il d'une voix mal assurée, je voudrais acheter une pipe.

La femme tressaille au son de cette voix, et une rougeur subite couvre ses joues. Picounoc, curieux, s'approche de l'étranger. Des pipes sont étalées sur le comptoir. L’étranger en prend une au hasard, et la met dans la poche de sa veste.

— Voulez-vous du tabac? demande Picounoc.

—Merci! répond laconiquement le vieux bandit qui regagne la porte,

— Picounoc reprend : Venez-vous de loin ?

Etes-vous de la paroisse ?

— Non ! est la seul réponse qu'il reçoit.

La femme trouve singulière cette réserve de l'étranger. Saint Pierre sort; Picounoc Je suit. Quand ils sont tous er dehors, ils se regardent.

LE PÈLERIN DE SAINTE ANNE. 237 | n’a pas — Venez-vous de l’Oiseau de proie ? demande ecule de Picounoc en riant.

ste silen. —Que fais-tu ici, toi? Estu venu renoudire. La veler tes exploits ? Je devine ton jeu, mon ue chaise, farceur !

Le regard de Picounoc s’assombrit, ses lèvres

urée, je > »J se serrent :

te voix, et M —Vieille canaille! vous ne savez pas le mal 8. Picou | que vous m'avez fait faire ?

nger. Des —Il paraît que le ferme propos n’a pas duré, L'étranger puisque tu reviens te jeter dans les bras de ia et dans la blonde Emmélie, repart, d’un air goguenard, le brigand. : | nde Picou- —La blonde Emmélie !......la blonde Em- ï mélie! vieux maudit, c'est ma sœur lu hurle ji t le vieux M Picounoc devenu furieux...

—Ta sœur? c'est ta sœur? balbutie le 1s de loin? monstre ; tu plaisantes ! tu dis cela pour rire...

tu te moques de moi !

reçoit. est ma sœur, vous dis-j -je, c'est ma ite réserve Æ sœur etes et la femme honnête que vous 3 Picounoc Æ vouliez outrager...... c'est ma mère !....…

dehors, ils Et le garçon vivlent porte son poing fermé ne : sous le nez du vieillard. hi

TR ER ed PER RE LT RE PRET ME D he er De 2 LR md, Cr TE à :

--Ta mère ?...:.. ta sœur? Est-ce que je le savais moi ?..... Pourquoi ne me l’as-tu pas dit?

—Je ne lé savais pas moi non plus !..... ce n’est que l'autre jour, à Rimouski, que j'ai eu un soupçon de la vérité !..... ce n’est qu'aujourd’hui, ce n’est que tout à l'heure, que j'ai: pu

Emmélie était revenue près de sa mère, Toutes deux regardaient par la fenêtre ce qui se passait à la porte. Elles entendaient quelques mots, et ce qu’elles entendaïent leur faisait deviner ce qu'elles ne pouvaient entendre; mais toutes deux pensaient : Ce n'est point lui, pourtant ! Le misérable ne ressemblaït pas à cet homme et paraissait plus vieux !.. L'ex-élève, par un sentiment de délicatesse se tenait à l'écart.

--À Rimouski ? s'’écrie Saint Pierre, mais qui es-tu donc, toi ?...… je ne te connais point !..... Il est vrai queje suis parti de Rimouski depuis bien des années.

— Qu'est-ce que cela vous fait, que je sois le fils de Pierre ou de Jacques ?

—Ton père est-il mort? -

—Le diable doit l'avoir emporté depuis

ne j'ai eu u'aujourue j'ai pu

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C'est de sa faute si je suis devenu un misérable et si ma mère est aujourd'hui dans l'infortune..... Il nous a abandonnés depuis longtemps !..... Ce n'est pas étonnant, car il avait débauché ma mère, et tous deux s'étaient mariés devant un ministre protestant...

Le vieillard pâlit sous son masque. Il recule d'un pas et reste un moment silencieux. Puis se rapprochant :

—Que dis-tu, Picounoc, ton père est de Rimouski ?...... Il s’est fait matier par un ministre protestant ?...... anx Étate-Unis | ÈS c'est aux Etats-Unis ?..

—Oui.

—Et ta mère se nomme Félonise Morin ?

—Oui.

mAh li... mais non,:ce n’est pas possitile !

ce h’est pas possible !

—Avéz-vous connu mon père ?

—Ton père !.... ton père, c’est un maudit !

— Pas, plus que vous, toujours !..... Décampez !'

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