‹ Le pèlerin de Sainte-Anne [microforme] (volume 2)Chapitre 40 sur 56 · FA · texte numérisé non relu

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Et Picounoc met la main sur la poignée de la porte pour ouvrir et entrer, — Arrête ! crie le brigand.

Picounoc le regarde.

— Arrête! arrête, te dis-je.

—Allez-vous-en !

—Picounoc, je suis ton père !..…..

—Tu mens, vieux fripon !

—Picounoc, je suis ton père !

—Si tu es mon père, hurle le garçon que la fureur et l’effroi rendent fou, ôte donc cela pour que je te voie comme il fant !

Et d’un bond il s’élance sur l'insolent vieil. lard, et lui arrache moustache et perruque.

Un cri part de l’intérieur de la maison. Les deux femmes viennent de reconnaître l’impur vaurien de-la rue Champlain. Le vieillard, honteux et pâle de colère, ramasse et fait disparaître, au fond de la poche de son habit, cheveux faux et fausse barbe.

—Ça ne tenait pas beaucoup, dit-il rugissant, et un enfant pouvait faire ce que tu as fait, grand lâche ! Maintenant approche! et j'en

née de

on que la lonc cela

lent vieilperruque.

son. Les re limpur vieillard, et fait disson habit,

rugissant, tu as fait, ,! et jen

jure, Dieu, je ne te laisserai pas un cheveu sur la tête !

1l est affreux à voir ce vieux brigand enragé. Il se développe comme le chat qui se fâche :

ses muscles se gonflent sur le cou, sur les bras, sur les jambes, comme des éponges dans l'eau, et s'enlaçent comme des couleuvres.

Picounoc a peur et recule.

—Tu recules! peureux !......tu te sauves !.…. grince le vieillard, mais tu ne m'échapperas

pas! Si tu te caches ici, Je teretrouverai ailleurs !...….

Picounoc ouvre la porte et se réfugie dans la maison..…..Quand le brigand le voit à l'abri ‘e ses injures et de ses coups, il lui crie, l’écume à la bouche et le poing fermé: Lâche ! canaille, je te maudis !......j'ai le droit de te maudire puisque je suis ton père |...

Picounoc épouvanté s'arrête dans la porte

entr'ouverte : Tu mens ! dit-il encore au vieil. lard.

Le brigand s’avance, monte sur le seuil, et mettant la tête dans la maison, dit lentement : Je suis Pierre-Enoch Saint Pierre, de Rimouski, le mari de Félonise Morin et le père de deux

enfants jumeaux: à qui j'ai: transmis: la malédiction paternelle!

La foudre tombant avec fracas au milieu de Ja satle paisible eut causé moins de ‘frayeur et d'étonnemént que cette terrible révélation. Le brigand attend debout daris la porte le résultät de son audacieuse parole. Audaciéuse en effet est cette parole, cat le vicillard n’a qu'un soupcon de la vérité. : Mais :il'est convaincu d’avoir deviné-juste, quand il voit la femme s’affaisser, pâle et: tremblante, en s'écriant: Mon Dieu! Mon Dieu! c’est mon mari !.....

Emmélie, étourdie comme par une détonation formidable, -est agenouillée près de sa mère et la regarde fixement, d’un air en peine, sans rien dire, sans rien faire. : Picounoo aussi lui paraît frappé: de vertige. :Il se retire devant le vieillard comme pour se soustraire à son regard de flamme. Saint Pierre entre :

—Je suis donc chez moi, dit-il d’un air impassible,

Il s'approche de sa femme et la relève:

—Félonise ! Félonise ! dit-il, allons! réveilletoi... Il ne faut pas m'en vouloir.…....Je vais

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LE PÈLERIN DE SAINTE ANNE. 243 rester avec toi..…...Je serai un brave mari... Il ya une fin à tout, Jeunesse se passe...

L'ex-élève apporte de l'eau froide et mouille le front et les joues de la femme. évanquie.

Elle onvre les yeux :

—Tu ne me reconnais plus, reprend le brigand, Ilya se ans quo lu ne m'as pas vul...c'est-à dire...

L'ex-élève qui s'indigne d’un päroilte Cynisme, repousse le vieillard : Laissez-la donc! retirez-vous un peu, vous reviendrez une autre fois.

—Méle-toi donc de tes affaires, toi, réplique le brigand : Je suis chez moi; j'y reste.

—Vous n'êtes pas chez-vous et vous ne resterez pas ici.

—Je te flanque à la porte.

.—-Je vous fais mettre en prison ! | —Toi ?

—QOui!

—Toi ?

—Qui,moi! moi !'entendez-vous ? Je connais votre histoire !....…,

Le brigand: perd de sa témérité devant la

RATS TRS »

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