‹ Le pèlerin de Sainte-Anne [microforme] (volume 3)Chapitre 26 sur 69 · PRE SR ES · texte numérisé non relu

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Les bâcheux, ce sont eux qui: font, retentir la forêt de leurs coups secs, rapides'et mesurés. Ils vont attaquer les troncs les plus robustes. Alors ils frappent à deux et tour à tour, de la hachetranchante, l'arbre qui gémit. L’entaille, petite ; d’abord, s’élargit vite, et les éclats volent sur-la neige, et les branches frémissent à chaque coup:; Bientôt, un craquement léger se fait entendre, l'arbre mutilé tremble. , Il ne s’incline.pas.ancore. , On dirait qu’il.se survit. On s'éloigne, car, dans, sa chute, le géant va briser tout ce qu'il-touchera. Enfin le craquement recommence plus long et plus fort. La cime de l'arbre penche tout dot cement, décrivant une courbe dans le ciel bieu. Le vent circule dans les rameaux et l’on dirait que les rameaux se plaignent. La chute s'accélère, le bruit augmente, les branches du colosse qui tombe fouettent, déchirent, arrachent les autres branches qu’elles rencontrent. On dirait le pétillement d’un brasier,. Un choc plus sourd et plus formidable succède: puis le silence se fait. La forêt toute entière paraît tressaillir et trembler. L'arbre majestueux qui s'élevait au dessus des autres arbres comme un roi au dessus de son peuple, gît ignomi-

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LE PÈLERIN DE SAINTE ANNE, til

nieusement sur le sol qu'il ne touchait que du pied. Pour lui, plus de printemps nouveaux avec de nouvelles draperies ; plus de nids harmonieux dans ses feuillages ; plus de gémissements avec les tempêtes ; plus de murmures avec la brise du matin::il: est mort! Et toujours les coups de la hache retentissent ! Et toujours des arbres craquent, penchent et. s’affaissent ! ‘Et toujours ces mille bruits sont répétés par mille échos.

Picounoc se vantait d’être le meilleur bächeux.

Quand un arbre ést tonfbé, le bücheron s'éloigne satisfait, et cherche une autre victime. Alors vient l'ébotteur qui dépouille le cadayre des atours qu'il portait naguère avec tant d'orgueil, et compte le nombre de billots que donnera l'arbre, dénudé. Les uns après les autres se détachent du tronc les rameaux verts du pin ou les branches arides du chêne.

Tintaine et Fourgon passent pour les meilleurs ébotteurs du chantier.

Vient ensuite, armée de godendards, la troupe des scieurs. C’est elle qui coupe, en faisant chanter l'acièr de son immense scie, l'écorce rugueuse, l’aubier tendre et le cœur dur du

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