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squelette puissant. Et tant que la fatigue n’a pas engourdi ses bras, la troupe unit la gaie Chanson du village:au.résonnement métallique de l'instrument,
L'ex-élève était un scieur infatigable. Comme les coups de bec des piverts sur les arbres, on entend la hache des piqueurs qui enlèvent, sur quatre faces, l'écorce du billot, et préparent la voie à l’ouvrier par excellence du chantier: Le voici cet ouvrier ! Il porte, sur l'épaule, une hache énorme avec laquelleil s’identifie. On l'appelle la grand'hache, C'est d'ordinaire le plus robuste du chantier. Dans sa large main l'outil semble léger. Son œil exercé est juste, et sa hache tranchante n’entame pas plus qu’il ne faut le billot dégrossi, pour qu'il devienne une pièce carrée, superbe et droite cômme si elle eut passé sous le fer du rabot.
Joseph le pupille d’'Asselin et Noé Sanschagrin, étaient des grand’haches.
Dans les chantiers de billots l’armée des travailleurs est moins nombreuse ; piqueurs et grand'haches sont inutiles.
Quand le billot est scié, quand le: plançon est équarri, les charretiers le traînent jusqu'à
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la jetée, sur leurs sleighs à bois, par les mille chemins que les claireurs, chaussés de longues bottes sauvages, ont tracés dans les neiges profondes.
Poussedon s'était enrôlé dans la troupe des claireurs, et Lefendu s'était fait charretier.
La /elée, c'est le bord de la rivière d’où l’on précipitera, le printemps, les milliers de pièces de bois que le courant emportera jusques à des distances étonnantes. Une nouvelle bande, formée de toutes les autres, apparaîtra alors. Ce sera une troupe active, qui courra sur les billots flottants avec la légèreté du félin qui joue ; qui ne craindra ni l’eau froide des nuages, ni l’eau froide des ruisseaux, ni les courses sur les berges escarpées, à travers les broussailles; qui montera dans les canots, ramera mieux que les meilleurs canotiers, franchira, en chantant, rapides et cascades.
Ce sera cette troupe aventureuse qui détachera, de la rive où l’auront retenu les branches des arbres demi-noyés, le billot retardataire et paresseux. Elle suit avec anxiété la fortune du bourgeois, fortune emportée par les caprices du courant. Heureuse,
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elle vogue en chantant si les pluies du printemps ont gonflé le sein des rivières ; mais si les rivières coulent misérablement, à travers les roches et les débris de toutes sortes, leurs ondes pauvres, elle souffre, travaille et s’irrite souvent.
LE BLASPIIÈME.
C'était six mois avant l’arrivée de la cage au bois di Domaine, en février, et le jour du dimanche. La plupart des travailleurs, réunis dans le camp, se reposent des fatigues de la semaine en jouant aux cartes ou aux dés.
D’autres dorment sur les couches de branches de sapin. Plusieurs jasent assis autour du poêle. Celui-ci se vante de ses succès en amour ; celui-là se moque de ceux qui demeurent fidèles. Un autre proclame sa force et défieses camaradesau crochet ou au poignet, à porter comme à lever. Quelques uns se vantent de leurs cynisme et de leur impiété. Enfin
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chaeunifait ou dit ce qui lui plaît davantage, sanbise soucier du goût des autres. .
‘Soudain Poussedon se dresse : Par la Vierge! s'égriet il si j'ai dit un mot de prière depuis qué je suis dans le camp, je veux que le diable m'emporte !
Ces paroles de blasphème sont suivies d’un
Une voix réplique : Tu n’es donc pas comme Djos, toi ?
Une autre voix : Djos ? bah ! c’est un farceur. J'aimerais mieux ne pas prier que prier à sa manière.
—Jugement téméraire ! dit une’ troisième voix, une voix un peu moqueuse et fort nasillarde : Sait-on jamais ce qui se passe dans l'esprit de ses frères? Peut-on sonder les mystères du cœur de l’homme ?
—Et de la femme, donc ?
Le rire redouble.
—Pas d'interruption, Lefendu ! pas d'interruption ! Je dis donc, continue la voix nasillarde, qui devient flûte en s’élevant, je dis que vous portez un jugement téméraire sur votre compagnon quand vous affirmez que sa
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