SES EME
Dijos ne répète point.
— Voyons! répète ! continue! Perge ! Perge !
hurle l’ex-élève.
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ni !
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—Continue ! crient les autres en ricanant.
Dis : Que le diable m’arrache, un par un, tous les poils du corps! omnes poili corporis !
Djos, terrible, les yeux rouges de sang, pâle, effrayant à voir, les regarde tour à tour et ne dit rien,
— Parle! mais parle donc ! lui crie-t-on.
— Est-il drôle ! repart Fourgon qui rit à s’en tenir les côtes.
— Il a peur! dit Poussedon.
— Le farceur ! crie Tintaine.
—Le lâche ! réplique Lefendu.
— Il n'achevera pas! ajoute Picounoc, en le montrant du doigt. Il a peur du bon Dieu!
Il a peur du Christ!
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Et Djos les regarde toujours de ses grands à © yeux de feu. Sa bouche entr'ouverte s'agite O convulsivement, ses bras s'élèvent au-dessus buis de sa tête comme pour supplier, son corps D sa L: frémit, des pleurs roulent sur ses joues blêmes. del
Dieu l'a frappé! Il est muet! dan:
| re | 2 ant.
ous | LE MUET | Le matin se levait radieux. Le soleil dérou “ £ lait une nappe de lumière sur les ondes calne
mées du grand fleuve. La mer montait. La cage échouée sur la grève de Lotbinière commençait à flotter. Djos était allé de nouveau s'en rêver sur les côtes verdissantes, Jamais les bouvreuils et les pinsons n'avaient mieux chanté- Les bois s'étaient séchés au souffle de la brise du matin, et une senteur délicieuse venait de partout comme un encens que la terre envoyait au ciel.
Djos suit le cours capricieux de ca petit ruisseau qui perd son onde dans le tuf du rivage, au bord du bois du Domaine. Tout à coup la voix de ses compagnons retentit.
On l'appelle. La cage va descendre avec le baissant : —J'emporte cette fleur, pense:t-il, car sa langue est toujours liée par la vengeance de Dieu. C'était un iris qui se mirait de haut dans l'humble ruisseau. En montant pour
cueillir la fleur, il aperçoit une petite fille étendue sur les cailloux. Ses pieds se perdent dans l’eau fugitive. Il y a du sang sur la
pierre. L’infortunée s'était sans doute assom- |
mée dans sa chute, 1 fait un pas en arrière : Un frisson parcourt tout son corps. Il relève l'enfant qui ouvre de grands yeux tristes, et Ir
paraît avoir perdu le souvenir... La serrant avec un sentiment de compassion contre sa en poitrine, 1} l'emporte sur la cage. | fm En le voyant accourir avec cette enfant un dans les bras, les gens de cage furent intrigués tou eny
L’ex-6lève de troisième dit, levant les mains au ciel : © tempora, o mores ! que ferons-nous donc, nous qui parlons tant, si ceux qui n'ont pas de langue se font ainsi suivre des jeunes filles ?
—Mais ne vois-tu pas que c’est une enfant, a répartit Picounoe, et qu'elle est innocente Æ pour comme toi et moi ? sed nl
— Comme toi et moi! cobserva Lefendu, cest un peu risqué.
— Sicul et nos! dit, comme un écho, l'ex:
élève en levant les yeux au ciel.
Le contre-maître s'avança vers Djos qui Le
e fille erdent sur Ja assOMrrière 1 relève jstes, et a serrant ontre Sa
e enfant intrigués.
les mains rong-1ous qui n'ont es jeunes
je enfant, innocenté
Lefendu, écho, l'ex
Djos qui
entrait dans l’eau jusqu'aux genoux pour atteindre Ja rame qu'on avait jetée en guise de passerelle.
— Quelle est cette enfant ? Où l’astu prise ? Pourquoi lapportestnu 1ic1?..., dit-il avec mauvaise humeur et volubilité.
Le pauvre muet regardait le contre-maître en marchant sur la rame étroite avec son doux fardeau. Le contre-maître allait ajouter avec un blasphème: Mais parle donc ! il se souvint tout-à-coup que Djos ne parlait plus depuis environ six mois,
Chacun se presse autour du muet pour voir l'enfant.
—0h! mille noms! quelle est belle! dit l’un.
—Comme elle est blessée! dit l’autre...
— Pulchra es, dit l’ex-élève, allongeant le cou pour de bin par dessus l'épaule de Picounoc,
—Tais-toi donc, Mere avec ton latin !.… —S1 tu savais cette belle langue, Picounoc,
tu ne voudrais jamais ist l'iroquois comme tu le fais !
Le muet tâche d'expliquer, par des signes,