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La Louise entre. Ÿ Sa toilette est faite en partie. Elle accorde un sourire à chacun des jeunes gens et leur donne la carafe, Le rhum coule, les verres réconnent comme une musique agréable aux oreilles des buveurs.
Le muet est resté"dans un coin, une jambe ‘
sur l’autre, les bras croisés, la tête penchée sur sa poitrine : il rêve.
—Venez donc prendre un verre avec nous, lui dit Racette ; 1l ne faut pas avoir de rancune.
Le muet ne le regarde seulement pas.
— Viens donc, Djos, dit Picounoc.
— Veni, Creator, ajoute l’ex-élève.
— Le muet ne bouge point,
—Est:il bête un peu ?
— Il en a une façon !
—Ne point parler, passe ! mais ne point boire, c’est incompréhensible !
— il ne veut pas venir, qu'il reste ! buvons!
Le liquide descendit dans les gosiers avides, comme les filets d'eau qui s’enfoncent dans les fentes des rochers.
—On serait bien si l’on avait des lits pour dormir, dit Poussedon.
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— Bonum est nos hic esse ! murmure l’ex-élève en se couchant sur le plancher nu, le long de la cloison.
Le muet prit son chapeau et s'éloigna. Les
hommes de cage continuèrent à boire. Les brigands sortirent, tour à tour, par derrière, et
* se trouvèrent réunis dans le hangard.
—Racette fit plus ample connaissance avec ses nouveaux compagnons.
—Avez-vous réussi ? demanda le chef aux deux canotiers.
A merveille! dn bois magnifique, dit
Charlot. Nous avons coupé les liens sans éveiller de soupçons. |
—Tout le monde dormait, et la cage est grande, c'était facile. Cependant nous avons failli rester pris dans le piége.
— Comment cela ?
—Le courant nous jetait surla cage. Un instant l’un des plançons s’est accroché ; je débarquai pour le débarrasser. (Cela ne s’est pas fait sans un peu de bruit. J'ai cru que l'on nous entendait, alors j'ai payé d’audace : j'ai appelé. L'on n’est pas venu, mais on nous a demandé ce que nous voulions : Quelqu'un
RENÉ ARE PS Du AS ES me à
pour nous aider ! criai-je. Le muet arrive et l'on s'éloigne à force d’aviron !
Une chance ! une grande chance! murmure lechef, Mais si l’on s'aperçoit, au jour,
que le bois manque, on viendra ici, le muet
vous reconnaîtra.
Il ne reconnaîtra pas le bois, la marque est enlevée déjà, et remplacée par une autre. Au reste, un homme qui ne parle point n'est jamais à craindre.
Le malheureux Djos est bien désolé. Il marche à pas lents dans les rues désertes, ne sachant où se diriger : Quelle est donc cette enfant, cette petite Marie-Louise ? se demandet-il. Elle appelle Racette son oncle... Et Racette la réclame et la garde comme ayant des droits sur elle !......Serait-ce une enfant de mon oncle Eusèbe, le beau-frère de Racette ?... Un éclair illumine sa pensée : Oh ! si c'était elle! si c'était elle..…...Ils sont si méchants ?...Pauvre petite Marie-Louise! Mon Dieu! que ce ne soit pas elle ! entre les mains de ce misérable..…....Mais il va la ramener à Lotbinière J'irai à Lotbinière; il faut que je sache quelle est cette enfant... Mon Dieu si c'était ma petite sœur !....,,1l se peut qu’elle appelle
arrive et encore Racette son oncle ; imitant ses petites
cousines, elle l’appelait ainsi, je m'en souviens. tri ce! mur- Ces pensers agitent les esprits du muet AU 1 au JOUT, comme les vents agitent les eaux.
le, muet L'aurore commence à luire, et les silhouettes
des navires se dessinent noires et hautes sur N arque esl le fleuve endormi. Il s’achemine ainsi rêveur à. autre. Au vers le CapRouge.
n’est ja-
Racette se faisant accompagner de deux de ses camarades, de crainte de rencontrer son jeuñe ennemi, conduisit la petite lille, cette nuit-à même, dans-la rue St, Joseph. Il la confia à sa sœur, lui recommandant de la faire élever dans le vice et de la perdre à jamais.
lésolé. Il
ésertes, ne
donc cette
demandecle... Et
pme ayant > enfant de acette ?..….
‘était elle!
ts 2... Pauu! que ce de ce mi- Lotbinière e je sache si c'était
— Puis-je la laisser voir à Mile. Geneviève ? demande la sœur complaisante. Dar — Non, il est mieux que Geneviève ne voit FA pas cette enfant. 1 4
—Je ne la garderai pas ici?
—Non, sans doute ; tiens-la cachée jusqu’à th demain, alors tu verras la Drolet et tu la lui cvs remettras.
Ce ne sera que demain midi, car madame Drolet est à la campagne.
—N'importe? cache-la soigneusement aux
regards de Geneviève, et. fais en sorte que l’on n’entende plus jamais parler d’elle à Lotbinière.
[ER —Unefvis déshonorée,une fois plongée dans L les plaisirs infâmés, elle n’osera plus reparaître À : au village natal; elle ne saura jamais le nom
EE de ses parents, ni celui de ses tuteurs; elle ne
h | revendiquera jamais sa part du bien paternel ;
et, un jour ou l’autre, nous bénéficierons en-
semble de ce petit héritage.
ù à Mademoiselle Racette promit tout ce que ‘LE son frère voulut. Le lendemain, lé maître d'é.
| cole écrivit à son beau-frère Eusèbe Asselin la lettre suivante :
Mon cher Eusèbe,
Une chose incroyable mais qui est vraie : la
«Hi petite Marie-Louise est entre mes mains. Tu c | comprends que je ne la renverrai plus à Lotbinière. Elle a été amenée ici par un jeune R homme de cage muet. Je l'ai arrachée des b à mains de ce jeune homme à qui j'ai donné une bonne raclée. pe À Elle va être élevée pour le plaisir, dans une C ÿ co
| maison où je te conduirai quand tu descendras . | à.la ville. Tu n’'entendras plus parler d’elle
ue l’on inière.
e dans jaraître le nom ellene aternel ; rons en-
ce que îitre d'é- Asselin
raie : la ins. Tu AS à Lotn jeune hée des né une
Lans une scendras r d'elle
faÈERIN DE SAINTE ANNE. 173
pas flas que dé'son frère le petit Joseph. Des amitiés à ma sœur. Brûle cette lettre. Ton beau-frère pour la vie.