LE CHARLATANISME EN PLEIN AIR
Le samedi suivant était un jour de marché.
Dès l’après-diner de la veille, les habitants arrivèrent de la campagne avec leurs produits. Les uns débarquèrent du bateau des poches pleines d'avoine et de blé qu'ils entassèrent comme des cordes de bois; les autres apportèrent des concombres indigestes et des
melons odorants, des oignons tournés et des cives, des petits pois verts et des gousses de fève : presque toute la famille des graminées, et celle des cucurbitacées, et celle des liliacées, et celle des légumineuses. De jeunes filles vinrent de Nt. Nicolas avec des paniers de frêne et des cassots d'’écorce de bouleau, gonflés de framboises et de bluets. Des femmes adroites offraient en vente des pièces de toile ou d'étoffes qu’elles avaient faites au métier ; des chapeaux de paille tressée à cinq, à six et même à huit. Chacun prenait
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sa place sur le marché, invitant de la voix et du geste, les orgueilleux citadins à acheter les produits de la nature et de l'industrie.
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Portant sur son dos une boîte énorme que
retiennent des courroies de cuir passées en
Le avant des épaules, un jeune homme sort de 1: l'auberge de l’Oiseau de proie, et se dirige vers nr le marché. Il s'arrête près d’un porche où | à passe beaucoup de monde, déboucle ses bandes l f de cuir et dépose la boîte sur le pavé. Îl A l'ouvre, en tire plusieurs petites fioles qu'il P
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