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vers l’église de la basse-ville. Quelques commis, debout sur le perron des magasins, l’invitent à entrer.
— Avez-vous besoin d’un beau chapeau ?
— Vous faut-il de magnifiques pantalons ?
—Entrez ici; nous avons de tout, et pour l rien.
— Ici, jeune homme, ici! Les meilleurs ar- d ticles, les plus nouveaux et les moins chers !
—Le muet n'entend rien, ne voit personne.
Une seule pensée l'absorbe : retrouver sa sœur, Il entre dans l’église. Cinq heures sonnaient à l'horloge de la sacristie. Plusieurs personnes, à genoux dans les bancs, priaient avec ferveur, Un vieillard faisait le chemin de la croix, prosternant son front dans la poussière, devant chaque image sacrée de la passion de Notre Seigneur. La lampe, comme une âme pure qui brüle de charité, comme une étoile qui brille dans la nuit, vacillait légèrement, suspendue à la voûte blanche, et ses rayons, pleins de douceur et de mystères, se jouaient avec amour devant le tabernacle d’or où reposait le Saint des Saints. Un calme profond régnait dans l'humble sanctuaire ; seulement, on croyait
entendre, de temps en tomps, le frôlement
aes, Com” d'ailes des anges qui se prosternaient devant
sins, l in-
Marie, semblait se détacher de la toile, pour
peau ? venir presser dans ses bras les adorateurs de
lons ? son Fils, et ses regards souriaient aux âmes ‘a Per pieuses. Le muet s’agenouille devant le ba- , et P
lustre. Ses yeux se fixent sur la croix placée comme une sentinelle divine devant la porte
illeurs ar- du tabernacle, son âme s’épanche dans le sein
schers! D de Dien. Comme l'enfant prodigue était reperson Ærenu couvert de haillons, les pieds déchirés er sa 8ŒUT: D bar les ronces et les pierres du chomin, mourant . sonnaient
de soif et de faim, vers son père miséricordieux : tel il revient, contrit et repentant, vers le meilleur des Pères. Oh ! comme il voudrait se con. lesser ! Le péché écrase son âme d’un poids insupportable... Il consentirait à ne plus parler le reste de sa vie, pour le bonheur de parler une fois! Il récite mentalement los prières qu’il a apprises sur les genoux de sa mère... Hélas ! à peine sait-il les prières que but chrétien est obligé de savoir! 11 parle à ésus Eucharistie, à la Ste. Vierge, à son nge gardien, selon que le veut son cœur plein le regrets et d’espérances. Un prêtre ouvre
personnes, rec ferveur.
e la croix,
Le pure qui 9 qui brille suspendue pleins de avec amour it le Saint gnait dans on croyait
l'autel du sauveur des hommes. La Vierge:
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la porte de la sacristie. Le muet, d’un mouvement prompt etirréfléchi, se trouve debout.
Le prêtre vient à lui: Avez-vous besoin de mon ministère ?
Le muet fait signe que oui.
Venez.
L'infortuhé pose un doigt sur sa bouche et fait un geste de désespoir.
—Que voulez-vous? demande le ministre du Seigneur.
Le muet retombe à genoux et part à sangloter en se frappant la poitrine.
—-Etes-vous muet ?
-Le jeune homme répond par un signe de tête.
—- Voulez-vous aller à confesse ?
Même signe. Alors le prêtre ajoute: Su vez-moi! Tous deux, passant près de l'autel, disparaissent dans la petite sacristie à côté du chœur. Le confesseur entre dans le confessionnal et le pénitent s’'agenouille à ses pieds derrière l’'humble rideau de serge. Au bruit léger du guichet qui glisse devant la jalousie du confessionnal, un saisissement inexprimable
Cel
ciel
mouredebout.
esoin de
souche et à ministre
joute : Suije à côté du s le confes , à ses pieds Au brui t la jalousi exprimable
s'empare du garçon de chantier : il . comprend qu’il va se passer quelque. chose d'étonnant et de mystérieux. Longtemps il pleure, et longtemps le confesseur lui parle. Enfin, agissaut au nom de la miséricorde divine, l'envoyé de Dieu prononce, en faisant le signe de la croix sur la tête du pénitent prosterné, ces paroles étonnantes qui délivrent les âmes de l'enfer et les rendent au ciel. Le muet ressentit une ivresse ineffable. Il revint dans ‘l'église et resta longtemps devant le Saint Sacrement.
La nuit commençait à planer sur la terre.
Les murs de la petite église paraissaient noirs entre les fenêtres légèrement éclairées. La lampe brillait plus vivement, et les ombres faisaient ressortir son éclat comme les épreuves font ressortir l'éclat de la vertu.
Le muet se leva pour sortir. 1l prit l'allée de droite. Dans la même allée venaient deux personnes, une femme et uneenfant. Un rayon de la lampe tomba sur le visage de l'enfant au moment où elle passait à côté du pénitent.
Celui-ci fait un pas en arrière, et se retrouve en face de la petite tille. Il lève les mains au ciel comme pour rendre grâce à Dieu, et tombe
4 214 ‘LE PÈLERIN DE SAINTE ANNE, | à genoux aux pieds de l'enfant! C'était sa petite sœur.
11 l'enveloppe de ses bras et la presse sur son PA cœur. La femme veut le repousser: Allez.
Lu vous-en, dit-elle ! Qui êtes-vous? Laissez cette enfant !...….,
4 CH Ai re va be. te RE Ru ONE SR FRERE EE ne à
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à Le muet ne bouge point. L'enfant, qui le : reconnaît, ne semble pas effrayée. Le prêtre, fl attiré par le bruit, accourt. L
4 —Ah ! vous voilà, dit-il à la femme? Et c'est Æ r 4 l'enfant dont vous m'avez parlé......Mais que Æ t ar faites-vous, vous ? (Il s'adressait d’un air sévère
À | | au muet,) qu'est-ce que cela veut dire?
En TOME PR ne REP Re NE ET + é | CRE EE 725 LS RS rs EE SR an ue Me
‘ Le muet tenait (oujours sa petite sœur contre
14 sa poitrine, et ne paraissait pas vouloir s’en
DU séparer.
Re n 1: — Laissez donc cette enfant, reprend le curé.