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les
se trouva en face d’une femme passablement âgée.
— Je me trompe de maison, pensa-t-il.
— Venez vous asseoir, monsieur, dit la femme
en apportant une chaise.
— Merci, je ne veux pas être longtemps.
Voulez-vous me dire qui demeure ici ?
— C’est Pierre Labrie, monsieur.
— Pierre Labrie ?.. je ne le connais pas. Y at-il longtemps que vous habitez cette maison ?
— Non, mon mari l’a achetée d’une veuve il n'ya guère plus d'un rois.
— Ah! Etcette veuve, où est-elle maintenant ? |
— Elle est allée à Québec avec sa fille, pour tenir une maison de pension.
— À Québec ?.. avec sa fille ?. pour tenir une inaison de pension ?..
Et un nuage passa devant les yeux de Picou:.
noc, et il sentit une sueur froide sur tout son Corps.
— Cette veuve, c’est ma mère, balbutia-t-il.
Il s’assit. IL était affreusement pâle,
—- Vous ne saviez pas cela? demanda I.
femme.
Tr
— Il y a dix ans que je suis parti d'ici.
— Dans dix ans, repartit la femme, il se passe bien des choses. Si vous voyiez votre sœur Emmélie à cette heure, c’est ça qui est un beau brin de fille !.. blanche comme la neige,
‘es cheveux blonds comme de l'or, des yeux bleus comme le ciel ! et faite, monsieur, faite à ravir |.
Picounoc se leva. Il ne voyait rien ; sa tête bourdonnait et les idées confuses tourbillonnaient dans son esprit. Quinze jours plus tard, il arrivait tout à coup à la librairie d’Asselin à Lotbinière. Les terribles émotions qu'il avait ressenties s'était calmées ; son mauvais naturel avait pris le dessus, et tout en sentant les morsures du remords, il affectait le calme et la gaieté.