UN CONTRE TROIS
La cage où se trouraient le muet et Tenfant atteignit le Câp Rbùge, lieu de sa destiiiatiôn. Elle fut poussée à force dé rames et arec le secours du montant, vers Tembôachure dé la ririère, ou elle s'échoua. La journée avait été chaude. Vers le soiT, quand le soleil disparut derrière la chaîne des Laùrentides, et qu'un souffle plus frais vint caresser le feuillage, plusieurs des hommes débarquèrent pour se promener sur les côtes pittoresques qui bordent rhtirnble rivière du Cap Rouge et le fleuve orgueilleux. Le muet ne ne rendit point à terre, A peine s'éloignait-il de la cabane où reposait l'enfant malade. Il songeait. Peut- ^ être regrettait-il de ne pas l'avoir reportée sur le rivage, près de l'endroit où il l'avait trouvée. Quelqu'un* de la paroisse l'eut vue et reconduite* chez ses parents. Qu'allaitelle devenir maintenante? et quelle protection
pourrait-il lui donner ? Il était plongé dans de profondes réflexions, et de temps en temps, une larme venait mouiller ses yeux. La jeune fille était aussi muette que lui. Elle avait la fièvre et dormait toujours. Personne ne se trouvait là pour la questionner à son réveil et quand elle semblait capable de comprendre et de répondre.La nuit arriva. L'eau devint sombre comme u» torrent de lave refooidie. Quelques étoiles scintillèrent au firmament, — seulement les plus brillantes ! Arcturus du Bouvier, la blanche Yéga de la Lyre, la sanglante Antarès du Scorpion; mais elles disparurent aussitôt, puis un voile de nuage obscurcit le ciel.
Tout le monde s'endormit sur la cage. Seul le muet veillait auprès de la petite orpheline. Tout à coup, un cri, suivi d'un juron, s'élève du large. Le contre-maître s'éveille. Au même instant une autre clameur et un juron plus énergique paraissent monter du fond des eaux. Le contre-maître sort de la cabane où il prend son repos : Que voulez- vous ? demande-t-il.
— Une voix répond : Venez nous aider ; le courant nous jette sur votre cage.
— Qui êt^s- vous ? Où allez- vous ?
Lfi PÈLERIN DE SAINTE ANNE. 135
— Nous venons du moulin de St. Nicolas. Nous allons à Québec avec un radeau. Prêteznous donc un homme pour nous aider à descendre jusqu'à la ville ?
Le muet a une idée. Au reste, il réfléchit depuis assez longtemps, et son parti est arrêté. 11 prend la jeune fille dans ses bras, l'enveloppe soigneusement, et part, un aviron à la main. Rendu sur le bord de la cage» il aperçoit un canot qui remorque du bois carré. Deux hommes sont dansie canot.
Qu'apportezrvous là ? Disent-ils.
Le muet a bien raison de ne pas répondre. Il saute dans Fembarcation avec l'enfant qu'il dépose à l'arrière, et se met à nager. Les deux hommes rient ; raaiâ dans les ténèbres personne ne les voit rire. Le canot glisse vite et le radeau, fortement attaché, suit sans efforts, emportés qu'ils sont par le courant rapide du Saut de la Chaudière. On atterrit avant d'arriver au Culde-Sac, et les plançons furent mis en dedans d'une estacade.
Le muet s'éloigna après avoir reçu des canotiers une bonne poignée de maini^ Il suivit la rue Champlain et se rendit jusque l'auberge
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de VCkseau deprot^^ portant, dana-sea robustes brasla petite Marie-Lomise. L'obscurité était profonde. Il marchait au milieu . de la me, connaissant le danger qu'il y avait à .passer. sur le trottoir inégal, vermoulu et souvent interrompu trop brusquement. L'enfant semblait mieux. C'était peut-être la fraîcheur de la nuit qui la ranimait. Le muet avait résolu de la confier à une famille qu'il connaissait bien, et dans laquelle il était demeuré comme domestique pendant plusieurs mois. Il savait que cette famille aurait pitié de la petite infortunée, et la rendrait à ses parents, s'il ne trouvait paa moyen, lui^ de la sousbaire pour toujours à ceux qui la, maltraitaient. Quand il passa vis-à-vis l'aubeTge de la mère Labaurique, il aperçut, à travers les fautes des vieux contrevents, une chandelle fumeuse sur le comptoir. Il s'arrêta, jeta. un coup d'œil indiscret dans la maison, et vit trois hommes qui causaient en' fumant, assis à la table, près du mur.
L'un des trois hommes tournait le dosa la porte: il ne put le reconnaître; les deux autres se montraient de face ; mais il ne les reconnut pas davantage. Il vit seulement que l'un estait jeune et l'autre, vieux. Il y avait
LE 1>ÈI>£R1N DE SAlNtE AK^E. 137'
sur la table, une bouteille de rhum coloré, presque ride, et trois verres nouvellement retnplia A chaque instant, les trois hommes portaient les verres à leurs bouches et bu» valent une gorgée. Ils paraissaient engagés dans une confidence sérieuse. Le muet pejisa: La nuit sera bientôt finie. Je connais, cette maison. Madame Labourique me recevra comme son enfant, et prendra soin de la petite; pourquoi irais-je troubler le repos des braves gens à qui je veux la confier. Quand le jour paraîtra, je me lèverai: je serai plus dispos, l'enfant sera mieux'; elle parlera bien peut-être ; alors j'irai à la' haute villej.et je: mettrai mon projet à exécution. Ce raisonnement lui parut bon. Il y avait p^ut-être un peu de curiosité. Peut-être voulait-il considérer de plus près ces individus qu'il venait d'apercevoir, grâce à l'indiscrétion des vieux contrevents. Il frappe ; personne ne répond. 11 frappe de nouveau. L'homme j^ui a le dos tourné à la porte se lève. Il a pâli, et la crainte d'un danger se lit dans ses yeux. Ses * camarades, moins poltrons, sourient, boivent le reste d'e leurs verre» et lui' disent de s'asseoir tranqu*iilemeiii; La : vieille Mtelière qui
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ne dort toujours que d'un œil, dans son fau- ,teuil sans bourrure, au fond du comptoir, quitte sa retraite favorite, et vient, en se frottant les paupières, s'arrêter devant la porte verrouillée :
— Qui est là ? demande-t-elle de sa voix rauque.
Personne ne répond.
— Qui est là ? répondez ! continue telle d'une voix plus rauque et plus forte.
Pas de réponse.
— Vous n'entrerez pas.
Le muet frappe de nouveau.
—Nommez-vous ! dit la vieille qui s*impatiente.
Le muet ne se nomme point, mais frappe encore. Les trois individus assis à la table commencent à soupçonner quelque chose de fâcheux. Ils se lèvent. Le plus peureux des trois demande s'il n'y a pas moyen de sortir par derrière.
— Oui, répondent les deux autres, venez !
Ils sortent par la porte qui donne sur la cour, et se cachent sur le grenier du hangard.
Le muet frappe toujours^ et la bonne femme Labourique est aux abois. Sa conscience qui n'est pas fort nette, lui fait comprendre la possibilité d'un événement judiciaire où elle la propriétaire de l'auberge de i^ Oiseau de^ proie, aurait un mauvais rôle à jouer. Cependant quand elle voit les trois hommes dehors, elle a plus de courage et moins peur, et croyant avoir affaire à la police, elle dit d'un air singulièrement comique :
— Mes bons messieurs, je vais tous ouvrir ne vous fâchez pas ! Vous comprenez bien qu'il en coûte à une femme d'ouvrir sa porte^ comme ça, la nuit, à des hommes qu'elle ne connaît point. Vous ne me ferez aucun mal n'est-ce pas?... Je ne suis pas en contravention avec la loi. Je suis seule, bien seule ! Je ne garde personne à boire ici, la nuit, je vous le jure !.... Je tiens iipe maison comme il faut !.. .. Pour cela, oui!
Le verrou de la porte criait. Le muet donne un nouveau coup.
— Je vais ouvrir ! je vais ouvrir ! n'enfoncez
pas ! Je n'ai pas peur ! Je suis une
femme honnête! Ma maison est paisible-
comme une église !
Le muet riait de la méprise de la vieille, et, dans un coin du hapgard humide, les trois hommes tremblaient en gardant un profond silence. Tôut à coup une voix sonore retentit : Batiscan ! la mère, es-tu folle ? Qu'est-ce que tu: chaùtes-là ?
— La vieille se sent rajeunir de vingt ans. Elle pousse un soupir de satisfaction, et la crainte qui l'oppressait s'envole.
— Chariot, dit-elle^ d'une voix qu'elle tâche de rendre caressante, mon coquin, comme tu m'as fait peur!
La porte s'ouvre et Chariot entre.. Il<:étftit l'un des canotiers qui arrivaieM du Cap Kou^. Bobert, son campagnon, le suit. Le' muet entre derrière eux.
— Tiens ! dit Chariot en montrant le mtiet, notre homme ! ^
— Je ne le reconnaîtrais pas, répond Robert, s'il n'avait encore cette enfant qu'il emporte je ne sais où.
La mère Labourique regarde, d'un air étotoné, le jeune homme et l'enfant : Mais Dieu me pardo>niae ! repart-elle après un moinent, c'est Djos ! Et cette petite fille ? où as-tu' pris ça ? Enlèves*
tu les enfants,, toi ? Pour.q^ui tramlles-tu?
Allons! parle ! Voyez. dpnç s'il ya ; parler !
s'ilBcie répoudra! ...... à moi .q.ui suis comme
sa mère! , .
Le. mt^et. m^t isiu âoigt.sur sa :bouabe «t fait signe, qu^il ne p^^t , parler. , La . vieille «piti^i- B,ue : En voilà un ru^yst^re, . par exepipla ! Ayez- VOU3 déjà vu c^la, vous awjbies ?.....♦. Ilae veutipas parler !.*„,. I?au, ,va ! parle i donc l Arrivesrtu ? , Picoiuioc vient-il ? j'ai hâte de ie voir ce drôle ! ..... Il est havard eomiiie tout ! . II nous fait rire. Pais Paul Hamel qui
parle toujours latin ! ; puis Sanschagrin, et
Poussedon, et Lefendu ! et Fourgon !
Ah ! mesgredins, j'espère que vous allez, me
faire vendre un peu!^ J'ai du rum sans
pareil, Où est la cage? Il ne parlera
pas, non ! il ne parlera pas !
— Oharlot dit : S'il vous répond èf vous, mère Labourique, vous aurez plus de chance que nous,, car. il ne nous a pas dit un traître mot de la nuit.
— Mais ! avez- vous passé la nuit ensemble?...^..
— Une bonne partie Nous avions besoin "*
4'un homme pour nous aider à descendre notre bois, et ce jeune garçon nous a prêté ses services de la meilleure grâce du monde.
— C'est un garçon obligeant s'il n'a pas
<ïhangé Jo le connais bien, allez ! je vous
dis que je suis comme sa mère. 11 est demeuré longtemps ici. Il était jeune alors. -
grand comme ça— Elle montre de la main —
espiègle, mutin Je l'aimais bien Et c'est
qu'il parlait dans ceteriips-là. L'on était obligé de le faire taire. S'adressant au muet : Mais ce n'est pas vrai que tu ne parles plus ? Tu fais une farce ?
Le muet fait signe que non delà tête, et des larmes roulent sur ses joues. Rien n'est éloquent comme les pleurs. La bonnefemme Labourique fut presque convaincue j, quant aux autres, ils n'avaient jamais vu Djos auparavant, il crurent aisément qu'il était muet
Djos demanda, par des gestes, un lit pour sa protégée. La vieille répondit : Je vais éveiller la Louise, elle va préparer cela vite et bien. Assieds-toi, asseyez-vous, en attendant. En «ffet ! reprit-elle, se ressouvenant tout à coup
des trois individus cachés dans la cour, il faut que j'appelle les amis. Ils en ont. eu une peur.
—J'allais vous demander, la mère, dit Robert, comment il se fait que nos gens ne sont pas ici. — Ils sont id, ils sont ici ! même ils sont trois. —Trois?
— Oui>! un nouveau
— Un nouveau ? voilà qui est drôle ?
— Mais savez-vous que vous m'avez causé une fameuse peur.
— Comment cela ?
Gomment cela ? vous le savez mieux que personne.
— Eh non !
— Vous frappez une heure de temps, et vous
ne parlez pas pas plus que ce garçon-là —
Elle montre Djos. On vous questionne :
mot ! on vous demande vos noms : mot ! £t
vous frappez toujours. Ce n'était pas rassurant, allez ir j'ai eu peur. Ils ont délogé.
Allez donc avec un fanal les chercher. Ils vont croire que c'est la police.
Les deux hommes allument un fanal aux vitres cassées, puis ouvrent,' la porte de der-
144 LE PÈLERIN DE SAINTE AfïNÉ.
rière. Un rayon de lumière se prend à jouer sur le vieux hangard. Les trois hommes cachés le voient et regrettent de n'avoir pas escaladé le vieux ïnur de pierre. Ils 6e blottiissent dans un coin; La ' lumière s'agite toujours, tantôt disparaiftëdnt tout à fait, tantôt brillant plus vive.
— Il est évident que Tcm nouB cherche dans la cour, dit l'an* des trois*
La porte du hangi^rd 6'ouvre^
— Nous sommes perdus! murtUùi'é le même qui vient de parler.
—Mettons-nous en défense ^ propose le plus vieux; voici un barreau d'échelle qui petit donner un rude coup.
— O'est. bon J répond le plu» jeutier S'ils montent ici, c'est fini ! alors, frappons dru!
•—Ils sont eiî haut, crie une voix qui cherche à se déguiser, montons !'
-Pate d'échelleft! fait l'autre voix. Atteiido'ns*. Nbivs les prendrons par la famine. Qdând il fera jour, tu iras chercher une échelle, moi je resterai. S'ils' sortent je les verrai, si je les vois, je les cownadtî'ai:
--*H ' me-*8€rïnble,'"obéetve rua- des trois hommes cachés, que je connais cette voix.
LC PÈLBBllI 0E SAINTS ANNZ. 14S
— 11& ne sont que- deux, nous sommes trois, descendons! fut-il répondu.
— Descendons!
Le plus vieux prend alors une résolution désespérée. Il arrache deux barreaux de l'échelle et, s'avançant vers l'ouverture : Mes
tord-flèches! rfécrie-t-il, allez- vous^en d'ici
ou nous vous cassons la tête \.^....
Un grand éeUt de rire régond à cette apostrophe énet^^ue.
. Le vieillard recule d'un îjas: Farceurs! repart-il, brigandç! monstres! vous allez nous le payer! Et se tournait vers ses amis intrigués, il dit : C'est maître Robert ! c'est maître Chariot!
En un clin d'œil les trois mystifiés sont en bas du grenier du hangard, et la joie la plus échevelée succède aux transes de la peur. Ils entrent ensemble riant aux éclats. . La vieille aubergiste, assise près du muet, rit depuis longtemps, sachant davance le dénouement de l'afiaire, et sa grosse voix ressemble au croassement d'une grenouille.
—Un verre I un verre I pour nous remettre,
la mère, dit le 'Vieillard en entrant le premier.
, L'aubergiste passa derrière son comptoir. Le chef reprit, s'adjessant à Chariot et à Robert : Serrez la main à ce brave — Il montrait Kacette— il est un des nôtres. Il a versé au
coffre et paieradesa personne A tantôt
les explications.
vRacette et les brigands se donnèrent une poignée de main.
' *— Mais 'porurquoi ne parliez- vous pas? demanda le plus jeune de la batide.
—^Pourquoi "L là chose est claire : nous ne pouvions pas- parler avant d'arriver.
—Vous avez frappé plusieurs fois sans rien dire.
-Non!.
*-Non I c'est un jeune homme muet, ou qui faiï leTnuet.. Il avait raison de se taire, comme vous voy^.
—Où est-il?
— La, assis près de cette enfant.
Les brigands s'avancèrent pour voir le jeune hôirtmé et là petite fille. Un reflet de la chandelle -tombait' sur le visage pâté de
LB PÈLERIN DB SAtMTB ANNB. léH
Marie-Louise. On ^ut dit nn ange tailtë dand le marbre blanc. Le muet regrettait presque d'être entré dans cette maison suspecte. La Louise, éreillée ^r sa mère, arrivait en ro.be de nuit. Elle eut pu servir de modèle pour une statue du désordre.. Le muet reg|irdâ|t avec surprise Tun- des cinq^ Celui-ci regardait rorpheline.
— Marie-Louisé f dit tout à coup lé bandit.
— Mon oncle î s'écrie la petite, toutç émiie. Et elle se ietté dans lés Bras du nouveau brigand.
Le.muet sept un frémisseipeut dp^pi^ .tpute sa personne. La douleur et la colère, ^^ 3:egxet et la peur djéQh.iyent.s,on. âme.,. It^^.^di^ç^e, saisit rorpheUnQ.et.ia,;ra,mèae àJui.! : ;..
— Laisèez cette petite fille, voleur d'^nferit! hurle le brigand, qui- reprend Marïe^Lôuise par une main.
Le muet enlace sa protégée de son bras nerveux et la retient. L'oncle, furieux, crie : Laissez-la, où je lui arrache l'épaule I
L'eniantse met à pleurer. Le vieux intervient et dit à Djos: Cette petite a reconnu exm
oacJLe ; elle yeatle sviivre ; quittj&a^JI^^.Ou.ftQlis allons vous mettre à la porte. .
La furefUT gronde au fond des àn;tjTaiUeâ de J>yos comme uii torrent qui ooule-soas teirri. JU'od^olè tire sans, ceose le bras de U'orphedime qui pleure. Le muet^ emporté par la rage, laifiae aller sa "pratègéey faune aes pcâitgs osseux, et, d'un coup violent, il fend Le.n/ee :de Toncle faux et malvenu, qui roule sur le plancher malpropre avec Fenfant. Les Autres brigands se ruent sur le muet. Il se défe|id bravement. 11 secoue sa tête et ses épaules comme un lion irrité, sa crinière. Il s'adosse au mur afin de n'être pas attaqué par derrière. Ses bras tournent avec la rapidité des aâles d'un moulin quant il vente fort, et l'on enfteud les coups de poing tomber comme des coups de Dt^arteau sur la tête de ses exine^^is. Le vieux a roulé à dix pas, et ne s'est relevé que pour aller se baigner les. yeux da^s rea.u
froide Celui que l'orpheline appelle son
oncle, couvert da sang, voit son pauvre nez prendre des proportions alarmantes. Il se réfugie dans une autre pièce avec l'enfant, et la Louise va lui appliquer des compresses. La vieille hôtelière est terrifiée^
— Mon Dieu ! dit-elle, ne faites pas tant de bruit, la police va venir, c'est sûr ! Nous allons
tous être arrêtés Ne le tuez pas ! Je le
regarde comme mon enfant! Ne frappez
pas avec celai .c...
Elle s'adresse au jeune brigand, qui vient de 8-armer d'une bouteille. La muet se défend ImUf mai» il reçoit pavfois de rudes coup»; aussi, ils sont encore trods contré lui. . Que faire contre Hrcâs? Mourir? Ce n'est pas giâ< Sèsanver? Ce n'est pas possible; Se laiis^eorbattre alors ? C'est ce qui serait inévitablement arri?;ré, «i l'on n'eut entendu quelques coup® discrets d^ns la porte. Lai bagarre cessa^ comme par enchantement. Le silence le plus profond régna/ tout à coup sous ce toit que venaient àsr faire retentir les jurements, les blasphèmes, le bruit des mains et des pieds* dç« lutteurs. Ceux qui arrivaient étaient des^ homvfi&B de eage,. des compagnens du sauet, CeM^cd éprouva une graa^de satis&ctîon: il savait bien que ses camasades parendrâientsà. défense et iie le laisseraient poimt maltraiter.
150 lA PàUEftiN os sAimn ahrx^