LE COMPLOT
Le chef des brigands, le charlatan et les canotiers n'étaient pas sortis de Tanberge. Après le départ d'Asselin, plusieurs hommes de cage arrivèrent, et tous ensemble, voleurs et travailleurs, se mirent à vider les verres et à raconter des histoires. Les paroles étaient libres et les récits, fortement épicés. La mère Labourique et sa iUle, au comptoir, essuyaient les carafes et rangeaient sur les tablettes les
verres ébréchés.
— Vous ne devriez pas raconter de semblables histoires devant les jeunes filles, observa la mère prudente,
— Devant, non, mais derrière ? repartit Plcounoc qui glissait un mot partout.
—Bst-il drôle ce coquin ! murmura le vieux St. Pierre.
— Tordflèche ! il ferait un bon camarade.
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— C'est dommage dit le charlatan, riant du bon mot qu'il espérait dire — c'est dommage que le muet ne soit ippts i^i, ils nous en rapporterait, lui, des faits curieux.
Plusieurs rirent pour faire plaisir à la barbe rouge. Picounoc reprit : II; a son histoire, le muet, et c'est une histoire qui en vaut la peine.
— ^Conte donc !
Picounoc rapporta l'événement extraordinaire dont il avait été témoin un jour de l'hiver passé.
La plupart n'en crurent p^,s un mot. Picounoc et ses camarades affirmèrent.
— Tu te serais converti, observa le vie:atx chef,
— Moi V mais est-ce que j'ai besoin de conversion ?
— Farceur, va, !
— On ne voit pas de miracles sans se con^ sertir, ajouta un aut^e,
— Plusiep^s efmt dâYonus psesqiitô /déirots depuis ce te^ips-là .t.. .Paul Hajpaeljgiii ^parle toujours latin, parce qu'il a mis le n^^ aq .^étminfiire, S^nscWm, Çr.^ojr;ge X^îilijumpBe.......
Lis ^l^L«Rt^ lyu ffAiNTE Awne: 237
Ce© geft^-là tie se sentaient pas bien avec leur conscience : ils ont eu raison d'aller à confesse. Quant à moi le ciel s'écroulerait sur
ma tête que je ne tremblerais pas !
— Tu te vantes.
—Si je voyais un miracle je ne sais pas ce que je ferais, ma foi ! non je ne le sais pas. .
C'était le chef qui disait cela.î — Je le sais bien, moi, repartit l'imperturbable Picounoc.
— Oui? quoi?
— Vous fermeriez les yeux.
— Je voudrais bien avoir dit cette parole î pensa le charlatan. •*
^ — Si nous soupions? proposa l'un déshabitués, qui n'avait rien dit encore.
— C'est une idée, fut-il répondu : La mère, qu'avez- vous de bon à nous donner ?
— Toutes sortes de choses.
— C'est trop ! dit le charlatan.
—N'importe ! donnez ! repart le chef. II faut tes. avoir toutes ces choses pour en trouver une bottire.
— Gredin,va!
Le souper fut joyeux et chacun paya pour soi-
—J'ai une idée, dit le charlatan au chef.
— Moi aussi, répond le chef au charlatan.
— Vous avez bien de la chance, vous autres, d'avoir une idée ! murmura Picounoc.
—Ce soir, à huit heures, au lieu ordinaire, continua le vieux brigand.
Le docteur à la barbe rouge, Robert et Chariot tirent un signe affirmatif.
— Je prends ma carte, dit Picounoc, le /w7, combien ?
— Pas d'admission.
— Je vous siffle de suite alors. Et se mettant deux doigts dans la bouche, Picounoc pouss^ un sifflement aigu.
Après le souper tous sortirent pour flâner un peu SUT les quais et les* grèves. 11-^tait sopt heures. Le chef se pencha vers l'hôtelière : Notre chambre pour huit heures, et personne diMis le Toismage.
£n eutfigtut, ils rencontrèrent le muet qui vendît de IV^gUse de la basse-ville, Tex-élève et S$9^u$ehisigriii.
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— Bonjour ! les amis, s'écria Picounoc.
— Salve ! répondit l'ex-élève.
Le maet salua de la tête.
— La mère, malery dit Tex-élève en entrant, c'est décidé, Ton se range ; si vous vouiez que Ton revienne, une chambre 1
— C'est malaisé, mes bons fils, il n'y a que deux chambres en haut, Djos le sait, notre chambre à Louise et à moi, et une autre.
^Eh bien ! c'est Tautr.e que nous voulons. — Retenue, mes agneaux, retenue !
— Alors, adieu ! vous perdez notre pratique, dit Sanschagrin. ,
— Ne faites pas cela. Tiens ! je vous connais, vous êtes de* bons enfants, vous s€irez. bien servis.
—C'est bon ! montons, dit Sanschagrin.
. — Âscendamus \ fit l'ex-élève.
Une demi-heure après, Paul et Sanschagrin sortirent. Le inuét, fatigué', se jeta sur lé lit pour se reposer. 11 s'endormit* Les brigands étaient avec Thotelière dans la chambra Voisine quand il se réveilla.
— 11 n'y a personne dans l'autre ohanibre ? demandait le chi^f.
—Vous savez bien, mes bons amis» que je vous suis dévouée corps et âme, que je suis la femme la plus honnête et la plus discrète de toute la ville, répondait la vieille.
— Hum! hum! fit le charlatan.
La bonne femme le regarda de travers.
— C'est vrai ! dit-elle. Mais je descends parceque vous aller me faire fâcher. . Soyez sans crainte ; amusez-vous : vous avesf 6ur la table le meilleur l'um de la Jamaïque.
S lie depscendit.
— Mon idée la voici, commence le chef:
AUei à LQtbi^ijèr6 faire cooiLsÛBfiance ay0c4es piastres de ce. brave habitant que noms avcms vu cet après-midi.
— Q'edt U mienne ansd, reprend le fàwx docteur ; et vous avez. comj>Tis que je ne le faisais pas jaser pour rie^.
—Nous y pensions, dvwt.RQbert et Chariot.
«^11 fiMi^A n^eiUte Sucette à^m la ooufr d490e: UpQftrrgiiQuaetmdiuigariuidseooaiB, ajoute le chef.
—11 faut qû*fl' fayse un ôkMi'^'dé tiiatti<é pour eanpveBliieir cèupi ait Itobertf.
— M'est avis, observe le charlatan, qtfil' vaut mieux agir saos Jqj pcriiir cette fois. Ihaura de la té]>^g»aiQro^ ;è dévaliser ua :aiQi) Un piarent ; laissol:ïSrJe s'agôierrk iaill<9urs qu,e, danô sa p^^ai^so. Tropde souveuirs se di-es^eraieui; devant iQi .
— Un parent ? font les autres, étonnés*
^tLè! Aùoiûxari a i^oiii ^e^sgtt (Ghariot . ,
i-^Cnst pbsâlblédrarvoue'Uichefi' Aloffëlagis- 4sons sans lui et à son insu. Quand irons-noiir?
— La semaine prochaine, si rien n'etti^$che.
— Si nous montions demain ? jjirôpose Chariot ».
— ^qn ;,fAL^eliu ppwraitavoiirde^sqiapçons, «inou ^vftnt.duanpius^pifès Tafiaire, répljique le^cjiei:.. ^. ;,^ , , ^
~¥^i>î l^rtn {ppnrmH 1^ lyetenir iaî, i»! faire manquer le bateai:i^49i^;9e jnaôdr0<ï^e2> lui peAi» <ï(m^ qu^-s» f^Q^l;le )e^ jseujie, ,
—Il est difficile de sjnrpii^odJrenflMDie'feewif «eule : elle se tient.mrrsearj^rd^a^, aU0,eBt.,s(ur ie qui vive.
242 ifS PiLm^iN d;b sain» j^ihk^,
— On peut rendormir, dit Robert.
— Pas de violences inutiles. Dans la nécessité, c'est bien.
— Il paraît que le bre^ve homme cache ses trésors dans de vieux chapeaux et des bas percés, qui ont l'air d'être jetés au hazard dans les coins du grenier, reprend Gharlot.
— Je l'avais entendu dire déjà, répond lé charlatan.
— Il n'y a pas grand mal à prendre des chapeaux tisés et des b^s fcroués, marmots fidbert.
-^Est*cÀ une affaire conclue:? demande le chef. ' , ' ' •
^Qoiira?
— Eobert, Chariot et moi, dit le docteur.
—Parfait ! Vous monterez pat lé liôitl et vous irËvérseréz le fleuve à Deiscli'aiiibeault. Vous n'oublierez pas de vous déguiser,- jîour qtie ceux qui ïvrous verrontnavant lé vol fte puissent viouôreconiiffître après* i . ; .
— Soyez tranquille; chef, nous serons ptUd«nts tjowMftie iJoujoqrft-
' lé tnuet avdf'tôùretiléadtt: ' /f
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