LA VICTIME DE CHARLOT
Quelques minutes aprèa l'assaut commis sur la personne de Page, dans les ombres du soir, près du quai dont la marée basse doublait la hauteur, Flavien Richard arriva au Cul de Sac ^t monta sur l'un des bateaux passagers.
— Ss-tu seul ? demanda quelqu'un.
— Oui; pourquoi?
— Qu*as-tu fait de Page ?
■^fit kl <ne lîos ipos ra? >
— "yonuerjre ! je ne l'ai pas vu .up b^n. • ' rrr^QW ^ff^^ ^te^ ^fffif^ î}:]^^ jft ip^ 9li cqmiat
--^;^èivrei-ta, toi ?
— Voilà qui est drôle ! On £^ entendu Page qui demandait :
— Est-ce toi, Richard ? Et une voix a répondu : oui.
— Cette voix n'est pas la mienne, bien sûr. Et Page n'est pas ici ?
— C'est ce qui nous étonne.
— Il &at ViOir s'il ne lui serait pas ariîvé ^sielque malheuar. - Dans Qes villes, il se tro\ivè iant de scélérats ! Et qui sait si le liazard ne l'a pas &it rencontrer des vmûs voleurs ? Si ces goBs le eiui|iaifiaai0ut et sa^aiont qu'il peut faire élargjyrjip içiu^t fi?ftyp&vpB|[|.q»5J|^ joe le tueraient point ?
—Prenons un fai^^jpj^ 7^9^19^ l^.Çç^jT^ ^
et; pla9i(^r$ b$Mllt$tiiA9 .dMûendâiit 'sut la rirei
' ^ÂUmis t^efTB te qUai d'to ka'Afi ^ iéi^ tèii pftmMÂeût vèftir 4^ là.
' Oekiî qtii disait côs patolôs prend lé detalit, et lès ftutres le suivent. La chandelle d^ éittif quî^ bïûle dahs le fairàï dB ferblanc rond et î>ercê àjt>ttt camtBe une broderie, n'éclaire gtièi*e le rivage sottibre, et le mythologiste qui HUTâit vu passer, dans la nuit, ces ombres silencieuses guidées par une pâle et tremblante lumière, se serait crû transporté sur les bords du Styx, à Thettre bu Gharon guide à sa "barque les âmes de ceux qui ne sont plus. La mer commençait à monter : on entendait aU large, par moments, quelques avirons attardés. I>es rues voisines montait encore un bruit de pas de moins en moins assourdissant/ Soudain un cri s'élève et les ombres 'dispersées se réunissent autour du fanal qui paraît jeter un plus vif rayon. On voit les hommes se pencher ; ott les entend miariburer. Puiéîlsre- TÎ^unent m baiean, mairchant eni^mble à pa^ lettts, M: comme chargés â'um pesant fardeau. Ils avaient trouvé: le malbeuteux Fagé, semé eoMiaiiasaiiofe et converl de sang <et de lûiou^;
LB ^ÉLtRIK DB BAXNTB ÀMNJtf.
ai quelques pas du quiai désert, prèisdûflot montant. Les suppositions allèrent leur train, lia police fut de suite informéo de Taccident. Elle descendit à Tauberge de La Colombe. C'est alors que l'hôtelière et sa fille furent brusquement tirées de leur premier sommeil. La police fit de nombreuses questions à la l^emme épouvantée du for^t qui venait d'être commis. Elle répondit avec la sincérité d'u^e âme parfaitement honnête. Et que pou* vait-elle dire ? Elle lie connaissait personne ; elle voyait pour la première fois chez, elle la plupart de ses hôtes. Seulement, elle avait vu entrer souvent depuis quelques jours, à L'Oiseau de proie^ celui que l'on appelait Picounoc, et l'autre qui paraissait un vieillard. Elle dit que l'on avait parlé du muet, et que l'habitant voulait le faire sortir de prison à cause de son innocence. Elle dit que l'un d'eux, un grand noir, était sorti quelques minutes avant les autres et n'était plus rentré.
Les hgmmes de la police se retirèrent. Ils n'étaient que deux. L'hôtelière et la jeune Emmélie ne purent retrouver le softimeil. Le spectre de ce pauvre habitant assassiné, passait et repassait sans cesse devant leurs
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yeux, avec ses bdessnreç larges et. saignantes. La nuit fat longue et pénible pour les deux femmes.
En sortant de La Colombe victorieuse^ les deux agents de la police se dirigent vers V Oiseau de proie. La porte dô cette maison n!^est pas encore fôxinèô^ et les V brigands vident avec une indifférence affectée leurs verres de rum réduit. Ils entrent. Les brigands fotit bonne contenance. Pourtant une légère pâleur couvre; la figure mécbamte de Chariot. La policé essaye 4o se rens^gtiér et veut les. faire parler ; mais les rusés coq^itis se tiennent sur letir garde, et laissent lé «chef répondre à toutes les^ questions. Cependant ' l'un des • agents ayjmt demandé brusquement à Ckatlèt pourquoi il était sorti xle l'auberge avant ses compagnqns, . Chaylol piar^ît eu^bayrassé et r^ppnd :
— -Parceque j'avais besoin- de sortir. i
• ' —Et où êtes- vous allé eh sortant ?
—Je suis venu ici. ' '
—Pourquoi n'avez- vous pas attendu les autres ?
— C'i^st mon. affaire : ja suis libre de sortir qu{^4 il me plftî^, oa.d'ottjjndrç qui je veux.
-^Votts êtes notre *pirisoîiûîeT !
— Embrouille ! hnrle le chef.
Les cinq brigands, à ce^cri, s^ ruèrôut sur Içi police qui s'eufuit.
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£fl(i p^^sfioit .èyid^t^ à tmt le mwiée : lies g|;ti&ursi^m ¥<4 'y<0i^iwtfajb^/di«pMiaiîtr0 xm
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jm^e rbpxwpa^ ei^ferxaéi^i^ la i^Hsm. lïhi gmo4 ^omcb^ dji^oît ; Ji ifatinit ^^ inojAtieaii ffïQC^ ! il tmt puiB (i^r^q^i^ sérî^Me ! îBeaa* AQW ^^Afi^eoit Qit0 (le t<:«mdaiiU>é .fiifc imitté^
Page faft transporté, la nmît même, â l'hôpital de la marine, et deé miêdepiitô fuTent appelés. JLl était toujonr^ évau^û Si lion eut retardé d'une heure à le chercher^ la mer mpntajite aurait passé sur lui, et le flot eut achevé Tcôuvre du brigand. C'était ce qu'espérait Tassassin. Il regrettait maintenant d'ffreirjié^igé ieMpp(ca(itiotibiennatiirell6,et se.d«m«i(<iiAUponrqcu>iil'!Ki'at^ traiftéait
tcouvées gr^TQs,, 4ftlig^r«u^e8,, zmûi aaoïw^ . nlétait nécecuaisâremidiit martoU^». Ai; pi«towr' coap. d'œU, la téta pjapaifieailr n'être quifia^: n^aaisa in£on»e». hideuse et san]gliant^ lîsstisié iii d'argent rapprocha les. lèvrea béantes des plaies;, l'eau tiède i^iettoya la cbeve^uceiBofiillé^ et la {iEu>e bleuie,, et 1q$ exnplàtre» drkfiimulèf è«t le. crâne chanve. L'iaflammation; da cerveau était à craindre. Lea. médecins slefibiii^revi de la prévenir, lis passèrent toute' la aviit . aK ; cheyet du blessé.
La nouveliarda cet évéïiaméiit! se>>ptèpagéa vite daiiii^ 1q9 cani^agnes. . Elle. J&t. senisatiéfh^ à Lotbinière et au Cap^Saifté. Aâ9eli^ L'apprit en revenant du ^loulin.à feriuenW^c une pesante mow//e' (mouture). Ce fut r ierjCi Fa^- , fan qui la lui raconta. Tout le reste d^ la route, le tuteur infidèle resta plongé dans )ine ptof6ttd)B^ iàiGpié^âaéi. ïl -^btigeMf ^Uô Jfe mtiet, s'i* était innocent tèt tnife 'en' lîbéi-té;' tf aûraîï guère de peine ensuite, grâce à la symp'at^e ' générale, à se faire .cewtoimaitis^ipôltft! èt^n -'pupille et l'enJEi^t 4e^ Jl^etiq^llief » • , Ma«| il^ercSDiait en. vain,4U^:pqpvv«*0l>f> êtue .l«6>'TalBiirÉ^'jet ile>' récit de Noémie Bélanger lui revenait ^àildi;
8^. LÉ '^M.iMii^^Ms ¥Âi!iTi-Alïk«.-
lÀéiûécè. Il nô pàtta ^è Pègé'/nï dû ■ muet à peifêOUhe, pas même à sa femme. Il ne voulait p'ô»f iBLiSër là rameur a ' se Tépàridrè : il aurait déi^iré la tuer. Mais la rumeur est insaisilssabk. Elle se glisse comme le serpent ou vole avete la rapidité du ramier sauvage. Elle s'étend comme un nuage, éclate comme la foudre et se multiplie comme Técho. CTest un filet d*ôau qui perce la pierrie; c'est un sillon qui s^éiargit toujours, un 'torrent que nulle digue ne peut arrêter.
Cependant Bélanger avait hâte de voir Asselin,^ Il alla la trouver à sa grange.
—Sais-tu la nouvelle ? lui demanda-t-il.
— Noii, quelle nouvelle ? ' .
--André Page, du Oàp-Santé, a été assassiné à Québec.
—Vraiment ?
—Rien de plus vrai : fiaptiate Miquelpu Va, vu. Il n'est pas mort eAcor^, mais il est bien risqué.
— C'est bien malheureux !
—Ce n'est pas tout. Il paraît que ton voleur est innocent, et qu'il va être mis en liberté.
,'.-oui? y ■■ ':•.,•
' ^Comment cela ? On a trouvé mon argent sut lui.
Bélanger répéta ce que disait la rumeur. Quand il revint chez lui, il était convaincu du désappointement de son voisin, et commençait à soupçonner son honnêteté. La jolie Noémie ressentit une grande joie en apprenant que l'on avait des doutes sérieux sur la culpabilité du pauvre muet. Elle recommença à chanter, et sa voix fraîche égayait la maison silencieuîse depuis plusieurs jours. Alors les parents et les amis du pupille, qui avaient cru retrouver Yenfyint de LlBtellier dans la personne du muet, songèrent qu'ils pouvaient bien avoir eu raison.