‹ Le pèlerin de Terre SainteChapitre 31 sur 100 · ls · texte numérisé non relu

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sur ]p lieu où elle se tenait. J)e là, elle voyait toutes les tortures que Fou faisait endurer à son divin Fils ; delà, elle ente ndait les coups de marteau qui enfonçaient les clous dans ses pieds et ses mains ; elle vit la croix se dresser un peu ]dus loin et s'enfoncer dans le trou qui lui (Ùait ))ré]iaré ; et quand la croix fut élevde, que les bourreaux se furent un peu écartés, elle se rapprocha, avec saint Jean, jusqu’au lieu que nous avons désig;né plus haut.

C’était assez d’émotion ; je me sentais bouleversé, et d’ailleurs je voulais revenir chaque jour sur le Calvaire.

Avant de descendre, disons un mot de cette fente large et profonde, ■ qui commence près du trou on la croix fut plantée, et qui descend dans la masse du rocher jusqu’au bas du Calvaire. C’est là une de ces pierres qui se fendirent à la mort de Jésus-Christ. Et 'petrœ scissœ sunt. Dès le quatrième siècle, saint Cyrille, évêque de Jérusalem, nous apprend qu’on montrait sur le Calvaire les rochers fendus par la force du tremblement de terre arrivé à la tnort du Sauveur, et il ajoute ces paroles remarquables ; “ Si je voulais nier que Jésus-Christ ait été crucifié, ce Golgotha sur lequel nous sommes présentement assemblés me l’apprendrait.”

Ne voulant entrer dans aucune discussion scientifique, je me contenterai de citer le trait suivant : “Un déiste anglais, raconte Addisson, voyageant en Palestine, tournait en ridicule tout ce que les piètres catholiques lui disaient des saints liedx. Ce fut dans ces dispositions qu’il alla visiter les fentes du rocher du Calvaire. C’était un naturaliste distingué. Quand il vint à examiner ces déchirures, avec l’attention et l’exactitude d’un vrai savant, il dit à son ami; “Je commence à être chrétien. J’ai fait, continua-t-il, une longue étude de la physique et des mathématiquefs, et je suis assuié que ces ruptures du rocher n’ont jamais été produites par un tremblemeut de terre ordinaire

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et naturel. Un ('branlement ])areil eût, à la vériU', séi>art5 les divers lits dont la niasse est (composée, mais c’eût été en suivant les veines qui les distinguent et en rompant la liaison par les endroits les yilus faibles, d’ai observé qu’il en est ainsi dans les lochers que les treinlilcments de terre ont soulevés, et la raison ne nous apprend rieujqui n’y soit conforme. Ici, c’est tout autre chose ; le roc est partagé transversalement, la rupture croise les veines d’une fiiçon étrange et surnaturelle. Je vois donc clairement et démonstrativement que c’est le pur effet d'un miracle que ni l’art ni la nature n’ont pu produire. C’est pourquoi, ajouta-t-il, je rends grâce à Dieu de m’avoir conduit ici pour contempler ce monument de son merveilleux pouvoir, monument qui met dans un si grand jour la divinité de Jésus-Christ.”

Le Calvaire, comme nous l’avons dit, est une plateforme, élevée au-dessus de l’église d’environ cinq mètres (seize pieds et demi) et entourée de balustrades. Kxcepté le lieu où était la croix et deux endroits de la fente du rocher, il e.st tout recouvert de marbre. Il a bien fallu le soustraire à la dévotion par trop dévastatrice des pèlerins.

Sous le Calvaire, il y a une grotte ou chapelle qu’on appelle la chapelle d’Adam, parce qu’on croit que c’est là que la tête d’Adam a été ensevelie. Un auteur fort recommandable nous dit qu’après avoir lu une foule de documents relatifs à cette tradition, il croit qu’on peut admettre, avec beaucoup de vraisemblance, qu’Adam a été enterré à Hébron, et que sa tête, longtemps conservée dans la famille des patriarches, a été ensevelie sur le Calvaire. Au fond de cette chapelle, on voit reparaître la fente qui commence au-dessus, près le trou de la croix ; et avec la lumière d’un cierge, on peut en considérer facilement la largeur, la profondeur et tous les caractères qui la di.stinguent. fA la droite, en entrant, on remarque un banc de pierre qui remplace le tombeau de Godefroy de Bouillon, et à gauche,

un autre qui remplace celui de Baudouin. Eu 1808, les Grecs profitèrent de l’iuceudie pour faire disparaître ces deux tombeaux, dont la présence condamnait leurs compatriotes. Tous les autres tombeaux des rois latins de Jérusalem, placés à quatre mètres (lo-^ pieds) au nord de la pierre de l’Onction, et respectés par les musulmans, sont aussi tombés sous le marteau de ces démolisseurs sacrilèges.

En sortant de la chapelle d’Adam, on trouve immédiatement la pierre de l’O action, placée en face de la grande porte d’entrée de la basilique. Tous les pèlerins qui entrent ou qui sortent baisent respectueusement cette pierre, où Joseph d’Arimathie et Nicodème déposèrent le corps de Jésus, après l’avoir détaché de la croix, l’enveloppèrent dans des linceuls avec une grande quantité d’aromates, selon la coutume des Juifs. C’était sans doute la partie la plus unie du rocher qu’ils choisirent. Une pieuse tradition raconte que Joseph et Nicodème con.servèrent précieusement l’eau teinte de sang qui avait servi à laver le corps de Jésus avant de l’embaumer, et que de là sont venues la plupart des reliques du précieux sang qu’on vénère en diverses églfses.

Le pierre sur laquelle fut embaumé le corps de Jésus est aujourd’hui recouverte d’une table de marbre rougeâtre, longue de deux mètres soixante-dix ( 9 pieds) sur un •mètre trente (4 pieds et 4 pouces) de largeur, et qui s’élève à environ dix centimètres (4 pouces) au-dessus du sol. Aux quatre coins, sont placés des pommeaux en cuivre doré, de grands candélabres, et tout à l’entour, dix lampes .d’argent. Ce lieu sacré fut laissé intact, au moment où sainte Hélène prépara le terrain aux environs du Calvaire, pour construire la grande basilique, et elle le couvrit d’une belle mosaïque. Ce fut dans le seizième siècle que les Pères de Terre-Sainte la remplacèrent par une belle flaque

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fie marbre noir qui, en 1808, fut enlevée par les Grecs, et remplacer par la pierre rouge qu’on y voit aujourd’hui.

A douze mètres (40 pieds) de la pierre de l’Onction, ou voit une sorte de cage ronde en fer, qui indique le lieu où se trouvaient les saintes femmes, pendant que Joseph et Nicodème embaumaient le Sauveur.

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