CHAPITRE XXVI
De la fontaine d’Elisée à Jérusalem.
PoiiiîiiiM! crElisue. — Li's Jiùilouiiis. — .SjK'ctaole nocLurno. — Départ iIg .tériolio. — Müiiliirciii' ili' l'i (^uiua.iitaiiie. — Foiitaiiu: ilrs Ajx'itres. — lié'lifniir. — Tomliciiu île Lazair. — Retour à .JéruKaleiii.
La fontaine d’Elisée est très-remarquable ; c’est la plus Itelle de la Judée; elle sort de terreau pied d’iiia monticule à une faible distance de la montagne de la (Quarantaine Abondante et limpide, elle se répand d’altord dans un bassin garni de dalles et assez mal entretenu. De ce bassin les eaux s’échappent itrécipitamment et forment un charmant ruisseau, (jui a environ deux mètres (six pieds et demi) de largeur sur (ptinze à vingt centimètres (de six à huit pouces) de profondeur. Fatigué des courses de la journée, je m’assis sur une [serre au bord de cette fontaine. Le murmure de ses eaux, la fraîcheur ([u’elles )'é[)andent, l’ombre qui descendait des montagnes, la solitude de ces lieux me [dongèrent dans une douce rêverie.
LE Ï^ÈLEUm
J’admirais la l)ontc de Dieu, qui, sous ce ciel Ijiûlant, auprès de ces montagnes stériles, avait fait couler cette source qui ne demande que la main intelligente de l’homme ])Our féconder cette vaste plaine que je venais de traverser, et je déplorais l’incurie d’un gouvernement qui ne donne pas assez de sécurité pour utiliser les trésors de la Providence. Ce beau ruisseau va .se pjerdre presque sans fruit dans les sables et les ravins. Je pensais tout naturellement à l’admirable fécondité qui régna autour de Jéricho pendant bien des siècles, et dont les auteurs anciens nous ont laissé les ])lus magnifiques descriptions.
Cette fontaine porte le nom d’Elisée, parce (|ue le pro- ])hète, pendant son .séjour à Jéricho, }>ar un miracle éclatant, assainit cette eau, qui auparavant n’était [>as potable et stéiilisait la contrée au lieu de la féconder. Nous lisons au IV'= livre des Kois que les habitants de Jéricho vinrent lui dire: "Seigneur, la situation de la ville est excellente, comme vous le voyez, mais les eaux y sont mauvaises et la terre .stérile.” Et il leur dit : "Prenez-moi un vase neuf et mettez-y du sel.” Lorsqu’ils le lui eurent apporté, il sortit vers la source, y jeta le sel et dit ; Voici ce que dit Jéhovah; J’ai guéri ces eaux, et il n’en viendra plus la mort ni la stérilité (1).” Et depuis cette époque, ces eaux sont guéries; nulle part on n’en rencontre de meilleures et de ])lus fécondantes. L’Eglise, dans la cérémonie de la bénédiction de l’eau, rappelle cet événement.
Non loin de cette source, sont quelques jardins et bosquets, arrosés par ses eaux et qui témoignent des immenses avantages qu’on j ourrait en retirer. A côté de ce ruis.seau limpide, qui murmure doucement entre les broussailles, .sont dressées nos blanches tentes avec celles de la caravane française. Le mouvement des pèlerins, des moukres et des escortes donnait une certaine animation à cette belle soli-