‹ Le pèlerin de Terre SainteChapitre 88 sur 100 · SAINTE-ANNE DE JERUSALEM · texte numérisé non relu

SAINTE-ANNE DE JERUSALEM

Ce .sanctuaire vénérable, où s’est accompli le grand mystère de l’Inimaculée-Conception de la très-sainte Vierge, a été confié, par un décret du Souverain Pontife Léon XIII, en date du 26 août 1880, aux Missionnaires apostoliques d’Alger pour être gardé par eux à perpétuité.

Sainte Anne, proclamée par un rescrit de l’illustre Pie IX,

'ifiE PÈLERIN

le 7 mai 1876, la Patrouno de la Province ecclésiastique et civile de Québec, possède donc aujourd’hui, dans la ville sainte, Jérusalem, un sanctuaire digne de sa grandeur. Ce temple sacré, restauré ]>ar la France, au coût d’environ deux cent mille piastres, renferme la grotte de l’Immaculée- Conception.

L’Eglise Sainte- Anne fut cédée à la France par la Turquie, après la guerre de Crimée, en reconnaissance de la prise de Sébastopol, en 1854, par l’armée française. Cette dernière victoire en faveur de la Turquie eut un retentissement universel. Le Canada, surtout à Québec et à Montréal, prit une large part aux grandes et solennelles démonstrations qui eurent lieu en cette circonstance. Un fait vraiment remarquable : c’est que la prise de Sébastopol arrivait dans la même année et peu de temps avant la définition du dogme de l’Immaculée-Conception.

Les Missionnaires d’Alger, gardiens de ce Sanctuaire, publiaient, il y a une couple d’années, quelques pages sur cette basilique qu’on aimera à lire ; nous les reproduisons ici avec deux gravures, dont l’une, représente l’extérieur de cette église, et l’autre, l’intérieur, renfermant la grotte de l’Immaculée-Conception. Quant à la description de ce magnifique monument nous renvoyons le lecteur à la page 218 de ce volume.

“ Lorsque, (le 8 décembre 1854,) le Pape Pie IX, de grande et sainte mémoire, définit comme appartenant à la foi catholique le dogme de l’Iinmaculée-Conception de la très-sainte Vierge, le monde chrétien tout entier salua ce grand événement par des cris d’amour et d’espérance. Le monde chrétien croyait que Marie répondrait par des hénédictions abondantes aux nouveaux honneurs qui lui étaient solennellement décernés.

“ Mais elle attendait sans doute aussi de nouveaux témoignages du dévouement filial des Fidèles pour multipilier

DE TEPMIE SAINTE

vis-à-vis d’etix sa puissance et sa bonté. Or, parmi les actes de dévotion envers l’Immaculée-Conception de Marie, il ii’en est certainement pas qui ]uiisse lui être plus agréable que l’honneur rendu aux lieux mêmes qui ont été consacrés ]iar un si admirable et si consolant mystère. C’est Jérusalem, la ville sainte, qui a eu le prévilège de donner le jour à la très-.sainte Vierge Marie, dans la maison de sainte Anne et de saint Joachim, non loin du Temple, près de la l’iscine Probatique.

“ Quoique ces pieux é))Oux eussent leur demeure habituelle à Nazareth, ils possédaient cependant une maison à Jéru.salem, “ la maison de leurs ancêtres,” selon l’expression de saint Jeun Damascène, où ils descendaient jiour la célébration des fêtes, et ils étaient tous deux assidus au Temple qui était tout proche.

“ C’est dans cette maison, en partie creusée dans le rocher, en forme de grotte, suivant l’usage du pays, qu’ils passèrent les dernières années de leur vie et qu’ils rendirent le dernier soupir.

“ C’est là aussi que la Mère de Dieu, après quatre mille ans d’attente, fut conçue et vint au monde ; c’est là par conséquent que l’aurore du salut s’est levée sur le genre humain.

“Telle est la tradition universelle et con.staute de Jérusalem et de tout l’Orient ; catholiques, hérétiques, schismatiques, musulmans y ont toujours cru et croient encore, .sans aucune exception, que c’est là que Marie e.st née et a été conçue.

“Cette tradition est sanctionnée par le culte unanime des fidèles et ])ar les écrits des Pères de l’Eglise d’Orient. P.lle est attestée par une basilique, que le Sultan de Constantinople, à l’époque de la guerre de Criiiiée, rendit à la France comme le seul prix qui pût dignement payer ses victoires.

lÆ rÉLERIN

“Ou ne l’;i )ias assez remarqué, c’est dans le courant niênie île l’année où l'ut défini le dogme de l’Immaculée- Oonce|)tion que l’huinhle demeure où Marie fut conçue

Eglise rustîuii cie Sli-.A une. oii se^ lioiive la grotte de U Immaculée-Conception.

sans qjéché, puis mise au monde par sainte Anne, a été délivrée et rendue an monde chrétien.

“ Depuis ce jour, le culte catholique y a reconquis tous ses droits ; mais, hélas ! c’est à peine si les murs extérieurs de ce sanctuaire qui tombait alors en ruines, ont été relevés. lîien encore n’a été fait pour son ornementation. Cette église, la plus grande de toute la Terre Sainte, en est aussi la plus dénuée et la plus pauvre; tellement que les pèlerins catholiques qui la visitent en gémissent pour leur foi et pour leur piété.

“ C’est là un inconcevable oubli ; et il ne peut se prolonger plus longtemps sans une sorte d’injure adressée à la sainte V^ierge et à son plus auguste privilège, après celui de Mère de Dieu.

“ Voilà pourquoi malgré, ou plutôt à cause même de la tristesse et des dangers des temps présents, nous faisons

DE TEUKE SAINTE

connaître cette situation aux fidèles, aux familles chrétiennes, et plus particulièrement aux communautés religieuses. Nous osons les convier à ne pas laisser se prolonger plus longtemps [l’abandon dans lequel se trouve ce vénéré sanctuaire.

“ Il est desservi ))ar la Société des Missionnaires d’Alger qui ont reçu du Saint-Père la mission de relever, de toutes manières, l’éclat du culte de Marie dans ces lieux qu’elle a sanctifiés Elle-même d’une façon si particulière.

“ Nôtre Saint-Pèfe le Pape L'éôn XIII, qui, avant sou exaltation au Souverain Pontificat, portait le nom glorieux de saint Joachim, le 'père de la sainte Vierge, a, par -plü-

Inttrieur ic.sfaiiré de l’é^Hse Saiiite-Aiine, où se trouve ja grôité de rimmaculée-Coiiceptioii.

sieurs rescrits successifs, accordé à ces lieux bénis des privilèges très-étendus. Dans celui du 26 août 1880, il parle en ces termes ;

“ Au nombre des plus célèbres sanctuaires de Jérusalem “ et de la Terre-Sainte, il faut placer à juste titre l’antique

“ pgli.se consacrée à Dieu en l’honneur de sa ute Anne, mère “de la Très-Sainte Vierge. C’est là, comme le ripporte une “ constante tradition, coniîrmée principalement [)ar h; temoi- “ .saint Jean Damascène, et saint Sophrone, Pa-

“ triarche de Jéru.salem, que s’éleva la maison où fut con- “ eue et naquit la bienheureuse Vierge Marie elle-même. “ Longtenqrs cet insigne sanctuaire, témoin de si grands “mystères, gémit sous la captivité des Taies. Délivré “ récemment de leur joug, il a été cédé à la France, et par “ un décret du Saint-Siège confié à des prêtres de cette “ nation, savoir aux Missionnaires apostoliques d’Alger, “ .pour être gardé par eux à perpétuité.”

“ Sous quel patronage plus auguste pourmient donc se mettre les familles chrétiennes et surtout les communautés religieuses. Elles peuvent le faire facilement en contribuant à la restauration complète et à l’embellissement du sanctuaire qui est, à n’en pas douter, le plus cher à Marie Immaculée dans Tunivers entier, puisque c’est là même qu’elle est née au monde de la grâce avant que de naître à la vie, là qu’elle a reçu à sa naissance les premiers embrassements et les caresses de sa Sainte Mère.

“ En faisant cesser l’état d’humiliation où se trouve ce .sanctuaire en présence des schismatiques et des musulmans^ en contribuant à son ornementation, familles et communautés religieuses se placeront donc .sous la tutelle spéciale de Marie. — C’est donc au nom de Marie, au nom du glorieux privilège de sa Conception Immaculée, que cet appel est adressé aux fidèles, et tout spécialement au.\ communautés religieuses dont la piété en comprendra mieux les motifs.

“ Les personnes qui auront contribué à cette œuvre de foi, comme Bienfaiteurs de ce sanctuaire, auront leurs noms écrits sur des plaques de marbre, qui seront placées dans ce même sanctuaire.

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“ On rec(,‘Vi;i avrc reconnaissance toute oflVamle (lui sera faite, qnel(iue inoili(iue ([u’elle soit; mais, pour obtenir Je litre de Bienfaitei r, la souscription est iixée à mille francs (.i?! 90.00) versés en une fois ou en plusieurs annuités. Celte somme pourra être directement donnée par nne seule personne ou recueillie par elle auprès d’autres personnes piemses de .sa connaissance.

“Des prières (j uotidiennes seront faites dans la cryiite vénérable de l’I mmacnlée-Conception pour tous ceux qui auront contribué à la restauration de ce sanctuaire.” (1)

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