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32 LE PÈISBRIN
serres chaudes, Autour de ces places, s'élèvent de grands bâtiments, couverts en terrasses et ornementés à l'italienne.
La journée commençait à être bien remplie, et nous reprenious le chemin du couvent, lorsque, en passant dans une rue, nous rencontrons un santon. Cet être extravagant, que je ne connaissais pas, m'a paru comme une bête fauve, Sa chevelure en désordre retombait sur ses épaules lues. Sa liuure, moitié noire, faisait ressortir deux gros yeux qui roulaient convulsivement dans leur orbite comme ceux d’un possédé, Son habit d'arlequin, serré autour de ses reins, avait une ceinture d'où pendait une multitude de petits grelots, qu’il faisait mouvoir dans son agitatior satanique. Il s’est hasardé à venir tout près de nous ; faisant force urimaces et se renfermant dans un silence qui ressemble à celui du singe.
Ces santons sont les saints du mahométisme, Plus ils font de sottises et de folies, plus on les vénère, On se fait un devoir de les nourrir. Là où ils tombent morts on les enterre avec respect. Personne n'ose toucher à leur sépulture ; et j'ai vu, dans plusieurs grandes villes de l'Orient, des espaces laissés vides, dans des rues populeuses, parce que là était le tombeau d’un santon. A Alexandrie, dans une rue, j'ai eXaminé une de ces tombes que vénère Ja erédulité musulmane. A des vrillages en fer pendaient, comme ex-voto, les choses les plus ridicules : des cheveux, des chiffons, de petits morceaux de je ne sais quelle cCtoffe en lambeaux. C'était à faire reculer d'horreur.
Il est aussi un individu que lon rencontre partout et qu'on voudrait ne voir nulle part : c’est le diable, et nous l'avons rencontré, Il était en quelque sorte incarné dans la personne d'un noir et hideux Ethiopien, qu'une vile populace accompaynait dans les rues, avee des vociférations inimitables, Le démon ne pouvait mieux choisir
son personnage, Sa figure était parfaitement noire, ses