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forment donc deux pointes que les indigènes appellent les cornes d’Hittine. On voit ces cernes de fort loin, et elles ont un singulier aspect. Quoique le sommet d’'Hittine soit moins élevé que le Thabor, on y jouit d’une très-belle vue. Le lac de Tibériade, l’Iturte, la Trachonite, les déserts de Bosra, les tribus de Zabulon et de Nephtali, l'Hermon, le Liban, les montaunes de Galaad se déroulent sous vos regards et forment un magnitique tableau,
De loin, nous apercevons la ville de Sephet, suspendue, pour ainsi dire, au point le plus élevé de cette contrée. Cette ville, située au nord et près de la ville de Nephtali, patrie de Tobie, est célèbre par ses malheurs. Les croisés en firent une forteresse qui résista deux ans à Saladin, et ne se rendit qu'après la funeste bataille d'Hittine.
En 1265, deux mille martyrs furent égorgés à sephet par les ordres de Bibars, sultan de Babylone. Dans la suite des temps, elle eut encore à subir plusieurs exécutions sanglantes. Plus d’une fois victime des tremblements de terre, elle fut complètement détruite par celui de 1837, dont les oscillations durèrent plusieurs semaines et se firent sentir sur une longueur de près de deux cents lieues. A peine sortie de ses ruines, cette ville compte aujourd’hui environ quatre mille habitants.
Après une heure de marche, nous passons près du village de: Loubieh, où le général Junot fut attaqué par des mamelouks supérieurs en nombre. Après un combat opiniâtre, les Francais rentrèrent à Cana où le général Kléber arriva à leur secours et refoula les musulmans jusqu'au delà du Jourdain, Ceci se passait en 1799.
Nous poursuivous notre route et nous traversons le champ des Epis, ainsi appelé parce que les disciples de Jésus, ayant fai, y arrachèrent des épis pour en manger le grain. La inême coutume subsiste encore aujourd'hui parmi les Arabes, Personne ne le trouve mauvais, Prendre.des épis
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pour les manger est considéré comme un droit que confère la charité. J'ai remarqué même que les Arabes, traversant les plaines cultivées de la Palestine et de la Syrie, ne se font ancun scrupule d’arrêter un instant leurs chevaux pour leur donner le temps de brouter le blé qu’ils rencontrent sur la route, et je n'ai jamais vu aucun propriétaire s’en plaindre,
Cependant il nous tardait d'arriver à Cana (1), ce lieu que lPEvanuile a rendu si célèbre et où Notre-Seigneur a opéré plusieurs prodiges. Ce n’est qu’un village dans une belle position. Ilest bâti en gradins sur le penchant d’une colline, et la première construction qu'on y rencontre est une mosquée en ruines indiquant l'emplacement de la maison de Nathanaël qui fut amené à Jésus par Philippe.
C’est à Cana qu’un officier de Capharnaüm vint prier Jésus de guérir son fils mourant ; mais un miracle éclatant, celui qu'il opéra le premier pour exciter la foi de ses disciples, ce fut le changement de l’eau en vin, à la prière de sa très-sainte Mère. Nous avons exuiiné le lien où il fit ce prodige symbolique, Une grande église y avait été construite. On en voit encore les ruines. Des colonnes brisées marquent la place du miracle.
Tout près de là, daus une église grecque non unie, on montre deux des urnes dans lesquelles Notre-Seigneur a changé l’eau en vin, Elles sont en pierre du pays, assez grossièrement travaillées, Leur forme est contque, et en caleulant ce qu’elles peuvent contenir et le comparant avec les mesures indiquées par PEvangile, on trouve un rapport exact. Tout porte à croire qu’elles sont authentiques, et c’est une vraie satisfaction de pouvoir contempler, sur les lieux mêmes, ces vieux témoins du premier miracle que Jésus opéra en présencéde ses disciples et de la foule réunie dans une cireonstance si solennelle,
C1) deun, 1-—{(Population, 600 Nabitants)
A quelque distance du village, dans une petite vallée, est nne excellente source, la seule qui existe, et, par conséquent, celle où fut puisee l’eau changée en vin. Ce lieu est extrêmement fertile, tout planté de figuiers, d’oliviers, de caroubiers et surtout de grenadiers. De là, par une route très-ondulée, à travers des nrontagnes nues et crayeuses, nous arrivons en une heure et demie à la fontaine de la Vierge de Nazareth.