OS
Fe
gas
SR ueS de Le re ete
ES rente
me
ARE RE D I es pement
l'éducation religieuse. La grand’messe fut célébrée par les Lazaristes et chantée par eux et par une foule de leurs enfants, Quelques personnes de la ville sont admises à leurs offices et ont une place séparée au bas de la nef.
Dans l'Orient, les hommes et les femmes qui assister la messe sont accroupis sur des nattes, à peu près coma chez nous les tailleurs sur leurs tables ; mais les Pères et les Sœurs de Charité accoutument leurs enfants à se servir de bancs, en sorte que l’ensemble ne diffère guère de l’aspect de nos églises,
I y a, à Damas, un grand nombre d’autres églises où les chrétiens assistent aux offices, chacun selon sou rité. Les PP. Lazaristes font un immense bien à Damas où ils jouissent de la plus haute considération. Leurs écoles, où l’on euseiune le turc, l'arabe, le français et tout ce qui peut compléter une solide éducation, sont très-fréquentées, mê: par les juifs et les musulmans.
Et les Sœurs de Charité, cette création catholique de saint Vincent de Paul que l’hérésie n’égalera jamais, qu’on aime à les voir à l’œuvre au milieu d’une population mélangée comme celle de Damas! Nous avons visité leurs classes, et nous avons été agréablement surpris des progrès étonnants qu’elles obtiennent de cette multitude d'enfants de langues si différentes. Le français devient la langue commune ; mais les Sœurs n’en sont pas moins obligées d'étudier et d'enseigner les langues de leurs élèves. Malgré cette diversité, le plus bel ordre règne partout. Les enfants montrent une docilité extraordinaire et les plus heureuses dispositions pour l'instruction religieuse, en sorte que, si les Sœurs étaient parfaitement libres et que leurs enfants ne fussent pas retenues par leurs familles, presque toutes deviendraient catholiques.
A leurs écoles, les Sœurs ont joint un ouvroir où les plus
âgées de leurs enfants s’exercent dans les travaux d’aiguille
par les urs ennises à ef,
ister
COM v 'ères et e servir de l’as-
3 où Îles é, Les s jouisoù l’on ui peut y, Mê:
que de s, qu’on on méé leurs brourès nfants langue bligées Malgré enfants reuses que, si nfants toutes
s plus iuuille
DE TERRE SAINTE 333 si peu connus dans le pays. Mais une institution qui rend à Damas les plus importants services, c'est un dispensaire tenu par les Sœurs et dirigé par un médecin,
Les Sœurs ont dit comme Notre-Seigneur: “ Venez à moi, vous tous qui souffrez, et je vous soulagerai.” Et chaque matin, de toutes les parties de lu ville, de la plaine et des montagnes, de dix lieues à la ronde, accourent une foule de malades, chrétiens et musulmans, juifs et druses, métualis, kurdes, turcoinans, arabes, bédouins, afilis's d'horribles maladies, de plaies dégoûtantes, et les Sœurs, avec une héroïque patience, avec une douceur angélique, trouvent toujours quelques remèdes pour guérir où adoucir tant de misères. Aussi, malgré le fanatisme, tout le monde respecte la Sœur de Charité,
Mais la grande œuvre des Sœurs, c’est l'hôpital ; c'est là que leur zèle s'exerce sur un vaste théâtre. Dans ces malheureuses contrées, parmi ces peuples abindonnés, se trouve la réunion des plus affreuses maladies. Quel dévouement dans ces héroïnes de la charité! mais elles ne sont pas sans consolation. Klles introduisent dans le ciel bien des âmes qui, sans elles, n'auraient jamais éonnu la vérité et le bonheur !
Pendant longtemps, nous avons eu l'avantage de nous entretenir avec la supérieure de toutes ces œuvres en apparence bien modestes, mais dont les résultats sont adimirables. C’est une femme d’un âge mûr, d'un grand caractère, d’un talent plus qu'ordinaire, mais d’une belle et digne simplicité. Elle a assisté à toutes les scènes d’horreur qui ont désolé Damas, il y a quelques années. Avec quel accent convaincu, naïf, touchant, elle nous raconta l’histoire des massacres! Ce récit si simple et si vrai me grossit le cœur et me tira malgré moi des larmes. Elle ne pleurait pas, et je pleurais !
Et qui n'aurait pas versé des larmes, en voyant ces vé.
ge F8 à # Les %
6 Let» 5e +
PL
TE
334 LE PÈLEFIN
nérables Sœurs marchant avec leurs enfants au milieu d’un peuple furieux qui, sans les gardes d’Abd-el-Kader, en eût fait une horrible boucherie, Aussi, quelle reconnaissance elles conservent pour celui qui les à sautés ! Là on prie, chaque jour, pour la conversion d’Abd-el-Kader ; car, sans lui, il n’y aurait peut-être plus de chrétiens à Danas, et il y en à encore plus de quinze mille.
Le quartier chrétien est rétabli; on y voit encore néan-
moins queljues maisons en ruines, témoins éloquents de l'incendie et de la dévastation, La paix la plus profonde règne partout, et l’on serait porté à croire que le fanatisme est enchaîné pour toujours ; mais il paraît que le volcan est mal éteint; que dans ses entrailles, sous la cendre, couvent des feux qui n’attendent qu'une: occasion favorable pour éclater. Qu m'a assuré qu'on à découvert, il y a peu de temps, un complot infernal qui aurait pu achever ce que le premier avait si tristement cominencé. Le pacha fut alors destitué, et le danger disparut.
Aujourd’hui, un prêtre peut parcourir seul tous les quartiers de Damas, sans être exposé à aucune avanie. Plusieurs fois même, à notre passage devant un poste, les soldats, par honneur, nous ont présenté les armes. Les Franciscains, les Lazaristes, les Sœurs de Charité sont partout respectés. Il y a, à Damas, beaucoup de chrétiens distingués, beaucoup de jeunes gens instruits par ies Lazaristes qui occupent des positions élevées dans le commerce et même dans le gouvernement,
A chaque pas, le P. Lazariste qui nous conduisait et qui avait professé nlusieurs années au collège d’Antourah, était arrêté par quelqu'un de ses élèves qui le saluait du doux nom de Père et lui témoignait le vif attachement qu'il conservait pour ses anciens maîtres.
Nous avons visité quelques-unes des plus belles maisons de Damas, Je ne parle pas des rues et des places publi-
eu d’un en eût issance on prie, ar, Sans as, etil
e néanents de rofonde natisme lean est ou vent le pour peu de ce que cha fut
ous les avanie,.
ste, les s. Les nt parrétiens s Lazaimerce
et qui ourah, ait du ement
aisons
publi-
ques ; des places, il n’y en a pas qui méritent ce nom; des rues, elles sont, comme dans tout l'Orient, étroites, sinueuses, mais "ins sales. Pendant le jour, on ne ferait pas dix pas sans rencontrer des chiens étendus et dormant au soleil. (Gardez-vous de les réveiller, vous ne le feriez pas impunément.
Pas de voitures, mais des ânes à foison et de longues files de chameaux dont il faut se garer. Les rues ont une apparence misérable, et quand on frappe à la porte de quelque grande maison, on se demande si ce n'est point la chétive demeure de quelque pauvre ouvrier. Mais à peine avez-vous franchi le seuil que vous vous trouvez dans un palais oriental. Vous restez stupéfait à la vue de ces cours pavées en marbre blane, de ces jets l’eau, de ces fleurs, de ces divans, de es salons revêtus des plus beaux marbres d'Italie, et couverts de seulptures mauresques des dessins les plus variés. Tant de travaux d'art coûtent des millions aux propriétaires. Toute l'ambition des riches habitants se concentre sur une somptueuse demeure,
Ordinairement, il n'y a qu'un seul étase, et au-dessus, des terrasses maguifiques d'où lon découvre la ville qui est presque partout de niveau. D’une terrasse à l'autre, il est facile de se faire entendre et même d'entretenir une conversation suivie, Nous avons visité plusieurs maisons de riches chrétiens; partout le même luxe, partout la même profusion d'ornements.
Nous sommes entrés dans la maison d’un juif, le plus riche de Damas. Sa maison est un vaste palais; en le contemplant, en le parcourant, on est ravi hors de soi-même, on croit rêver; c’est un songe des mille et une nuits, Ce juif n’a pas oublié de se construire une synagogue, Elle est d’une richesse incroyable. Dans une armoire artistewent travaillée, on conserve les saintes Ecritures.
Deux rouleaux mobiles développent le parchemin et pré-
sentent au lecteur une écriture hébraïque parfaitement soignée, et dont l’imprimerie n'évalera jamais la be té, Dans toutes les synagogues d'Orient, on a conservé la méthode antique de transcrire sur de longues bandes de parchemin les saintes Ecritures, et de se servir de rouleaux pour en développer les nombreuses pages.
Nous devions aussi visiter la maison d’un des plus riches musulmans avec un Frère lizariste qui t* 5 une classe que fréquente enfant de cette fannlle, Le jeune enfant aime beaucoup le Frère, et depuis longtemps, il le presse d'aller voir sa maison en l’assurint que son père le recevra avec grand plaisir, Le temps ne nous permit pas de faire cette nouvelle visite, où nous r'aurions rien vu de plus beau que chez le juif.
Tons ces bons procédés des juifs et des mahométans nr’ont convaineu que, si le fanatisme ne se réveillait de temps en temps, le séjour de Damas serait pour les chrétiens le plus agréable de la Syrie, Dans cette ville, qui compte près de 120,000 habitants, (1) on jouit d’un grand calme, d’une tranquillité parfaite, On ne voit point ce mouvement continuel, on n'entend point ces criuilleries agacantes qni distinguent les villes de Ja côte, Ce n’est pas un mélange de
toute nation qui vous heurte et vous choque sans cesse,
La population de Damas est homogène. C’est un des plus
beaux types.
Les hommes d’une taille élevée, avec leurs longues robes de soie quelquefois brodées d'or, ont une démarche grave qui ne manque pas de dignité, Les femmes, avec leurs manteaux blancs, leur maintien modeste, uracieux, nn certain air de politesse, contrastent singulièrement avec les femmes
(1) Eu 1884, la population de Dumas était portée à environ 160,000 habitants, dont 20,000 chrétiens 6,000 juifs, tout le reste se composant de musulmans, Cette ville est à 43 licues de Jérusalem. C’est à Damas qu'on fabrique les lmes de sabre d'une si haute renommée, Quand on a dit : comme de l'acier de Damas, alors il ne reste plus qu’à s’incliner,
nent soi- 6. Dans méthode rehemin pour en
us riches 1e classe e enfant le presse | recevra de faire
de plus
ns m'ont en ps en s le plus : près de ie, d’une 1ent conqui dislange de ns cesse, des plus
es robes le grave rs Man-
certain femmes
h 160,000 posant de à Damas uand on a cliner,
musulmanes de l'Egypte et de la Palestine, dont le costume bizarre et l’horrible voile en font pour l'étranger de véritables caricatures. N'oublions pas que nous sommes dans le quartier chrétien et que c’est un dimanche ; et à Damas, les chrétiens dans leurs habits de fête observent relivieusement le jour du Seigneur.
: J'ai remarqué un usage qui ne manque jas d’une certaine originalité. Les jeunes filles jusqu’à l'age de quinze ans ne peuvent sortir qu'avec une chaussure très-Incommode, Ce sont, pour ainsi dire, des échasses attachées à leurs pieds et qui les élèvent tellement qu’elles ne peuvent aller loin, ni marcher vite, sans tomber, Je crus d'abord que c'était une sorte de jeu pour ces enfants, un exereice gymnastique pour apprendre les lois de léquihibre ; mais, pas du tout, c’est un usage général, J'en demanda la cause, et la réponse ne me parut pus eutitrement satisfaisante. On veut les accoutumer, dès l'enfaunce, à ne pas trop s'écarter de la maison paternelle, Il est certain que, chez nons, une pareille mesure remédierait à bien des inconvénients,
A Damas, la jeunesse chrétienne est un modèle de régularité, On n’y voit point de ces désordres, de ces scandales comme on eu voit dans plusieurs grandes villes en Europe. La plus sévère modestie règne parmi les jeunes personnes, même musulmanes ; et Pon m'a assuré qu'une jeune fille qui se déshonorerait serait infailliblement sacrifice.
Les chrétiens, à Damas, sont généralement instruits, pieux, remplis de respect pour les prêtres. Il y a des chrétiens de plusieurs rites unis, qui tous vivent en bonne intelligence : des latins, des grecs, des arméniens, des syriens, des maronites. Tous ont leurs églises particulières.
Nous avons fait une visite à l'archevêque grec qui nous
a reçus avec honneur comme si nous eussious été de hauts personnages. Introduits dans son divan, nous l'avons vu se présenter avec dignité, accompagné d’un certain nombre
LE PÂLERIN
de ses prêtres, C’est un homme d’une soixantaine d'années, d’un extérieur avantageux et portant une magnifique barbe. Il parle très-bien le francais et l’italien, et plusieurs de ses prêtres parlent aussi les langues de l'Europe, Get évêque a assisté au Concile du Vatican ; il avait fait ses études à Rome, et il connaît parfaitement la France. Sa conversation, pleine de franchise et d'aménité, a été fort agréable,
Sur ces entrefuites, on apporte, selon l'usage, le café, et on nous offre les friandises du pays; tout cela se prend en causant sur le divan. Le vénérable évêque me fit un compliment auquel je ne m'attendais pas, il me félicita de ma belle barbe, et, si je ne me trompe, ce fut pour que l’attention se portât sur la sienne ; car il ajouta: “ Cependant la mienne est un peu plus lonque.—C'est vrai, monseiuneur, répondis-je en souriant, elle est fort belle et beauconp plus longue ; cependant, si je pouvais ajouter à la mienne tout ce que j'en ai retranché depuis cinquante ans, elle dépasserait la vôtre en longueur.”
Cette réponse provoqua un éclat de rire, et, à ce propos,
le digne et aimable évêque nous dit que les Orientaux paraissaient très-étonnés et même choqués, quand on leur disait que le Pape, le chef de l'Eglise universelle, était rasé. Ils ne comprennent pas un Pape sans barbe. La visite finit par des vœux en faveur de la France. En Orient, c’est aujourd’hui le refrain de toutes les conversations. Que serait-ce si la protection séculaire de la France redevenait plus efficace dans ces contrées,
L’archevêque chargea un de ses prêtres de nous faire les honneurs de sa cathédrale, Elle est grande et brillante. On ne sait à quel style elle appartient ; en Orient, on ne s'occupe guère que de l’ornemetitation. La nef tout entière est occupée par les hommes. Les femmes sont confinées dans de grandes tribunes. Les Grecs catholiques conservent le saint Sacrement dans le tabernacle ; seulement,
‘années, e barbe, s de ses évêque tudes à nversaréable,
fé, et on end en 11 COMà de ma l’attenendant monse]ltt beauer à la nte ans,
propos, ientaux on leur Lit rasé.
visite Orient, 5, Que
venait
ire les Ilante.
on ne entière nfinées S conement,
ils renvuvellent souvent les saintes espèces, parce qu’ils consacrent avec le pain non-azime, et qu’ils laissent tomber sur la sainte Hostie qu’ils conservent quelques gouttes du précieux sang.
Nous avons aussi fait une visite à l'évêque des Syriens. C’est un vénérable vieillard, à cheveux blanes, d'une figure austère, mais bienveillante. Il ne parle pas le français ; mais nous avions un interprète, et sa conversation, douce, sérieuse, affable, a laissé en nous une bonne impression, On voit que ces évêques orientaux recoivent avec satisfaction les pèlerins de l'Occident, et qu’ils sont heureux d’être en communion avec le Saint-Siège,
De là, nous nous sommes présentés chez l’évêque des Arméniens qui best pas moins digne et qui nous à reçus avec les mêmes égards. A Damas, il n’y à pas d’évêque maronite, mais un bon et excellent curé qui nous a accueillis avec la plus tendre cordialité, comme des frères et des amis, et qui, le lendemain, nous a rendu sa visite chez les Lazaristes. Ces maronites sont vraiment le peuple bon par excellence, et ils aiment tant la France qu’ils ne croient jamais en faire assez pour les Francais.
La ville de Damas est riche en souvenirs relivieux. Elle existait déjà du temps d'Abraham. A la gauche de Damas, dit la Genèse, était Hoba (1) où il s'arrêta après avoir défait les rois de Syrie, et d’où il ramena Loth, son neveu, qu'il avait fait prisonnier. Eliézer, son serviteur, était de Damas. Quand le roi Achab fit alliance avec Bénadad, les Juifs obtinrent un quartier de la ville pour y habiter, et ils y étaient encore assez nombreux lorsque saint Paul y arriva.
Mais le plus grand fait religieux qui se rattache à Damas est la conversion de saint Paul (2). A un kilomètre (environ deux tiers de mille) de la porte du Midi, sur la route
(1) Gen, XIV. 15. (2) Act. 1x,
DÉS TONER ETS. EEE Le
de Jérusalem, est le lieu où il fut renversé en entendant cette voix : “ Saul, Saul, pourquoi me persécutes-tu !” Il y avait autrefois une église ; c’est aujourd’hui un cimetière chrétien, et les fidèles de Damas s’y rendent chaque année en procession le jour de le Conversion de saint Paul. C’est de là qu’il entra dans la ville et qu’il se rendit dans la maison de Jude qui habitait dans la rue qu’on appelle Droite. ‘Tous ces lieux subsistent encore aujourd’hui à peu près tels qu’ils étaient alors.
Nous avons voulu examiner le lieu où saint Paul avait été descendu dans une corbeille pour échapper à la fureur des Juifs ; e’était à la porte Orientale, que les chrétiens appellent porte de Saint-Paul. Là, il y avait une sorte de forteresse ou avant-corps où l’apôtre était emprisonné et, à l’extérieur, on montre encore l'appui d’une petite fenêtre par où on le descendit ; il y a une hauteur assez considérable. Cette porte est murée, et, tout à l’entour, on voit des ruines accumulées, L'aspect des murailles atteste une haute antiquité. La tradition est constante et s'accorde parfaitement avec les lieux. 11 y avait là, auprès des murs, plusieurs ouvriers, et je ne fus pas peu surpris d'entendre quelques-uns d’entre eux nous expliquer en français la manière dont les choses s'étaient passées. On voit que ces souvenirs, qui se transmettent de génération en génération, ne sont pas moins précis, moins frappants que dans les premiers siècles.
A la suite de cette porte où saint Paul fut descendu, se trouve la rue Droite qui subsiste encore. Elle occupe le même emplacement, elle garde le même nom, elle traverse la ville de l’est à l’ouest, c’est la seule qui soit droite, et si elle n’a plus les mêmes ornements, les mêmes colonnades qu’autrefois, elle est encore la principale et la plus riche de Damas.
A une très - faible distance de la porte de Saint - Paul,
entendant utes-tu !” un cimeit chaque aint Paul.
ndit dans n appelle urd'hui à
'aul avait la fureur chrétiens une £<orte isonné et, e fenêtre , considé- , On voit teste une orde parles murs, entendre ançais la voit que en géné- Que dans
endu, se coupe le traverse ite, et si onnades riche de
- Paul,
aujourd'hui fermée, la rue Droite cesse, et, pour sortir de la ville, il nous faut prendre une autre rue à laquelle on l’a jointe par un brusque détour, en sorte que tout est païfaitement conforme au récit des Actes des Apôtres, La maison de Jude où saint Paul se retira est dans cette rue Droite, Elle est aussi conservée. Malheureusement, elle est en la possession d’un musulman, qui cependant se met de bonne grâce à la disposition des visiteurs. C’est là qu'Ananie, par l’ordre de Dieu, vint trouver saint Paul et lui imposa les mains, en lui disant : “ Saul, mon frere, le Seigneur Jésus m'a envoyé, afin que tu voies et que tu sois rempli du Saint-Esprit.” |
Auyrès de cette maison es: une belle fontaine où l’apôtre fut baptisée, La maison de saint Ananie n’est pas trèséloignée de celle de Jude, elle a été convertie en chapelle. On y descend jar un escalier de seize à dix-huit marches, J'ai eu le bonheur d’y célébrer la sainte messe. Tout ce quartier est chrétien. Quelques-uns se doutèrent que, prêtres étrangers, nous allions au sanctuaire vénéré, et quoique ce fût un jour où l’on n’y célèbre pas Ja sainte messe, l’escalier et la chapelle se trouvèrent remplis d’assistants. Ce sont de délicieux moments, ceux qu’on passe dans un lieu témoin d’un si grand événement, dans un lieu qui nous rappelle Ananie baptisant Paul et préparant la conversion du monde,
Damas possède une grande et belle mosquée. C’est l’ancienne église de Saint-Jean-Baptiste, dont les chrétiens furent entièrement dépossédés vers la fin du vire siècle, Cette église subit alors une transformation. Les musulmans détruisirent les autels, les chapelles, tout ce qui rappelait le culte chrétien et ne conservèrent qu’une enceinte carrée, où ils élevèrent de grandes et belles constructions, Il paraît que Tamerlan, en 1400, la saccagea et qu’elle fut en grande partie détruite, et c'est à un sultan d'Egypte qu’elle doit sa restauration et son état actuel.
Cette mosquée est sainte aux yeux des musulmans, comme celle d'Onar à Jérusalem, et, il y a peu d’années, aucun echiétien ne pouvait y pénétrer, Ce qui rendait cette mosquée particulièrement vénérable aux musulmans, c'était la tête de saint Jean-Baptiste qu’ils y croyaient conservée, tandis que les chrétiens l'avaient transportée à Constantinople. On y montrait aussi le tombeau de Zacharie recouvert de riches tapis.
Aujourd'hui le fanatisthe musulman est tombé ; les barrières qui fermaient l'entrée de cette mosquée se sont abaisstes, et, moyennant quelques précautions, on peut la visiter, En parcourant la ville, nous rencontrons un chrétien influent qui jouit des bonnes grâces du pacha. Il entre au poste le plus voisin, jarle au chef de la troupe qui lui promet de nous donner, à une heure fixe, un gendarme pour nous conduire,
Le lendemain, précédés du gendarme et accompagnés du drogwan du consulat d'Espagne, auquel son consul avait éerit de se mettre à notre disposition, nous nous dirigeons vers la Iosquee, Notre corteue n'avait rien d'iuposant. Notie petit gendarme Ctait un.jeune homme de vingt-cinq
ans, qui pœuissait en avoir quinze ; tout habillé de blanc
saus Laibe, portant une aime bien inoffensive d’une main qui ne paraissait guére habituée à la manier, Il aurait fait triste figure à côté de nos vieux gendarmes ; mais, en revanche, notre drogiman avait un extérieur très-avantaweux, une haute taille, une démarche noble, une figure remarquable. C’est lui qui nous présente aux gardiens de Ja mosquée ; un d’entre eux se détache, et vient nous conduire.
* Nous pénétrons d’abord dans une grande cour carrée, et, marchant nu-pieds, car les musulmans ne permettent pas d'entrer avec les chaussures, nous pouvons à notre aise parcourir les galeries et les colonnades qui règnent autour de cette vaste cour, qui est comme le vestibule de la mos-
sulmans, l’années,
rendait sulmans, ient cone à Con- Zacharie
les bar:se sont 1 peut la un chrécha. Il a tronpe un gen-
ignés du sul avait irigeons uposant.
put-cinq e Llane ne main L aurait ais, en avantaure rens de Ja us Con-
rrée, et, ent pas re aise autour
à INOS-
quée. Au milieu de l’esplanade, il y a une fontaine surmontée d’une coupole,
Nous entrons duns la mosquée proprement dite. C'est, comme nous l'avons dit, une ancienne et vaste église à cinq nefs, avec un immense transept, On reconnaît facilement qu’elle a subi de grands changements, des reconstructions partielles et successives. Il y a des choses trèsremarquables ; mais nous avons une foule d’églises dont on ne parle guère etqui seraient plus diwnes d'attention. Le goût est loin de régner dans l’ornementation.
Il y à une forêt de belles colonnes, mais elles sont badigeonnées en rouve et en vert, La chaire est en bois de chêne bien seulpté, les murs mal blanchis, et, en quelques endroits, grotesquement peints. Pas de plafond ; comme à Bethléem et à la mosquée de Jérusalem, on voit les poutres qui supportent le toit. Ce qu'il y a de plus reinarquable, c’est la porte d'entrée qui ressemble tout à fait à celle d’une église, On voit encore des restes de belles mosaïques. On & fait disparaître presque tout vestige de christianisme; cependant, vers le milieu, au côté uauche en entrant, on voit s'élever un monument que les musulmans appellent le tombeau de saint Jean-Baptiste.
Il parait, en effet, assez probable que le chef de saint Jean-Baptiste était conservé dans cette église qui lui était dédiée et que, pour le soustraire à la profanation, on le transporta à Constantinople. Le mausolée actuel est trèsrespecté ; des gardiens veillent sans cesse pour réprimer la curiosité des chrétiens, qui voudraient le contempler de trop près. C’est ce qui nrarriva; un mouvement très-significatif m’avertit qu’il fallait m'écarter,
Pendant que nous parcourions la mosquée, en face du tombeau de saint Jean-Baptiste, voilà qu’une espèce d’énergumène s’agitait comine un possédé. C'était un vrai fou, ce qu'on appelle un santon. Tous ses mouvements ‘étaient
DCE LP
RS ANA LRCERTT
es TT ae
‘>< mg £
as e
D Den RS. ur rh 5 cine EAU
is
mt ee
violents, animés, convulsifs ; puis il lançait son bounet ou turban en l'air; il prenait ses pantoufles, et les jetait contre terre, et faisait mille simagrées qui excitaient en nous un sourire de pitié, Il est bien certain que notre présence le gênait. La sainte mosquée était profanée par les infidèles, par ces chiens de chrétiens, comme ils daignent nous appeler. Les fervents de l’islamisme craignent encore plus que jamais que l'édifice de Mahomet ne soit près de s’écrouler.
Nous quittons la mosquée, nous nous dirigeons vers le principal minaret dont la base a été évidemment un clocher, et dont le sommet a recu l’affreux appendice du croissant, Nous montons jusqu’à la galerie, et de 1, nous contemplons à l’aise le magnifique panorama de Damas, Nous sommes presque au centre de la ville, et, de cette hauteur, l'œil plonge jusque dans les cours, les jardins, l’intérieur des maisons, C’est un tableau féerique.
Toutes les maisons à toit plat, à vastes terrasses, semblent à peine séparées l’une de l’autre; des arbres, qui s'élèvent de toutes parts, coupent la monotonie de ce plan uni, sans en Gérober aucune beauté, Cette grande cité est bordée de toutes parts par un large rideau de ve'dure, où s'élèvent une multitude de peupliers, de platanes, de grenadiers, de pruniers, d’abricotiers. Cette dernière espèce domine. C’est la richesse de Damas qui expédie au loin ses confitures où compotes d’abricots. Il y a une foule d’autres produits, qu’il serait trop long d’énumérer.
Au delà de cette admirable végétation, tout à coup, sans aucun intervalle, le sable du désert et, plus loin, les montagnes. Rien ne fait mieux ressortir la beauté et la fertilité de l’oasis de Damas, que cette brusque transition à l’aspérité des montagnes et à l’aridité du désert.
Au sortir de la mosquée, nous nous dirigeons vers le quartier habité par l’émir Abd-el-Kader. Nous rious pré-
onnet ou es jetait aient en 1otre pré- 6 par les duiwnent nt encore
t près de
s vers le 1elocher, oissant, contem- , Nous hauteur, intérieur
es, Semes, qui ce plan à cité est lure, où de gree espèce
au loin ne foule
up, sans es monla ferti- Sition à
vers le pus pré-
sentons sans avoir préalablement demandé une audience. Abd-el-Kader, dans sa noble retraite, est assurément le personnage le plus distingué de .Damas. Il mène une vie priucière ; il est entouré d’une petite cour; de nombreux Algériens forment, autour de sa personne, une garde respectable, Ils sont pour ainsi dire à sa solde, et, de temps en temps, de nouvelles recrues viennent de l'Algérie remplacer ceux qui sont morts ou rentrés dans leur patrie, On les appelle Mogrebins, et ils sont pour Abd-el- Kader d'une fidélité, à toute épreuve, ce qu'ils ont bien montré au moment des massacres, lorsque, sur un signe de leur maître, ils continrent et firent trembler les bourreaux
des chrétiens,
Nous frappons à la porte de l'émir, Un Africain, revêtu d’un burnous blanc, vient nous ouvrir et nous introduit dans un divan, Nous demandons à voir l’émir: on fait d’abord quelques difficultés en disant que nous aurions dû nous faire annoncer au moins le matin. Notre drouinan nous dit que tout allait s’'airanger, que ces difficultés n'étaient qu'une simple formalité, pour conserver le prestige qui
entoure cet homme célèbre jusque dans sa retraite,
L'émir consentit donc à nous recevoir, Il se présenta avec cette douce simplicité qui lui est si familière et, malgré cet extérieur si modeste, on s’'apercoit qu'il est rempli du seLtiment de sa dignité, et de la haute position qu’il a conquise dans le monde, IT est vêtu assez simplement, il a adopté le costume de Damas; un turban couvre sa tête ; il affecte une mise très-propre; sa figure et sa barbe sont soionces.
Maluré ses soixante-cinq ans l’émir ne porte pas les rides ordinaires à cet âge; vous n’apercevez pas uu seul poil de sa barbe, pas un seul cheveu de sa tête qui aient blanchi, et cependant ils commencent à s’éclaireir, On prétend qu'il a soin de les faire teindre pour réparer l’outrage des ans ;
st Verre dora
RP ar 15
LES ee
{ qe dt Er F YA LT Hi j pi
c'est ma conviction, après l'avoir examiné de près, C'est cependant une figure bien conservée. Son visage est ovale, son front large; ses yeux respirent l'intelligence et Ja douceur, Sa figure, un peu pâle, a quelque chose d’agréable, de méditatif, d'expressif, ‘e dirai même de mystique, l'el il m'apparut au premier abord,
Nous nous levons à son approche, Il nous salue avec un sourire gracieux et me fait asseoir sur le divan à sa droite, Tont le monde garde le silence. J’attendais que quelqu'un prit la parole, et il me fallut entamer le conversation, L'émir sait quelques mots de français, mais ne le parle pas. Le drogman nous mit en rapport, et voici en substance quel fut notre entretien :
mir, vous voyez aujourd'hui deux pèlerins étrangers, deux prêtres français qui n'ont pas voulu quitter Damas, sans venir vous offrir leurs hommages et saluer en vous le sauveur de tant de chrétiens et de Français.
—Je suis très-sensible à votre démarche, et je vous en remercie ; vous me faites vrand plaisir, et votre présence est pour moi un honneur,
— Quand on apprit les scènes déplorables de Damas, un eri d'horreur s'éleva de toutes parts ; ‘mais quand on connut la grande et belle action que vous aviez fuite, la France entière applaudit, et célébra une conduite si généreuse, si héroïque. La louange d'Abd-el-Kader était dans tout les bouches.”
Et l'émir répondit avec une simplicité to inte:
“Je n'ai fait que mon devoir, et je ne pouvais agi autrement.
— Emir, c'est votre modestie qui vous inspire ce langage ; car il y a beaucoup de gloire et de mérite à remplir un pareil devoir, en des circonstances si difficiles, en face d’un danger réel, évident , . ,”?
s, C'est est ovale, t Ja douagréable, que, Tel
lue avec van à sa dais que | CON Vel'ais ne le voici en
trangers, * Damas, h vous le
vous en
sence est
unas, un iconnut France
reuse, si
tout
danger
Abd-el-Kader, à ces mots, interrompit tout à coup la si conversation, en changeant de sujet, CRE LE | “Et la France, dit-il, que devient-elle ? 3 | —Emir, la France jouit en ce moment de la paix et, :# malgré ses malheurs, elle ne se décourage pas. Elle est pro- Al fondément humiliée, elle est meurtrie ; mais elle commence #5
à panser ses blessures. # — Oui, la France a eu des malheurs ; mais c’est le Tout. | gun | Puissant qui l'a punie, C’est un vrai chitiment.” pe PR Ces paroles me surprirent ; un musulman qui voit dans RS + les malheurs de la France le châtiment de Dieu ! Je crus | 4 vi que notre drogiman rendait mal sa pensée, et l’émir, s’en ! 180 0) apercevant, répéta avec un vif accent de conviction : Oui, et c’est le Tout-Puissant qui a puni la France, ” is, 285 {à Je répondis : % À “ C’est vrai, nous le reconnaissons ; la France a mérité LRU ce châtiment ; mais Dieu ne l’abandonnera pas ; elle est Eas humiliée, maïs elle n’est pas abattue ; elle est brave et gé- Lt | néreuse, et elle sortira de cutte crise plus grande et plus à Ÿ s glorieuse, Lu ju —Je la connais, la France, dit-il, elle ne périra pas ; elle k se relèvera. ts — La France a déjà payé sa rançon, et bientôt l’étranger pe à ne foulera plus son sol. Tout noïs fait espérer que l'union Le renaîtra, et que l'avenir sera meilleur.
—Je l'espère aussi, je le souhaite de tout mon cœur, et ra a je fais des vœux pour son honheur. ” qi l'el fut notre entretien. Au milieu de là conversation, Fe Abd-el-Kader n'avait pas oublié l'étiquette orientale, Un É A
serviteur était venu en grande tenue nous offrir des cigares et des pipes. Un Algérien était entré tenant un plateau, couvert d’un voile à riches broderies d’or, Abd-el-Kader
soulève ce voile et nous présente nn délicieux moka que
nous primesavec plaisir. Plusieurs friandises furent ensuite offertes. C’est le cérémonial obligé.
En nous quittant, Abd-el-Kader nous serre nlusieurs fois la main de la manière la plus affectueuse, et nous sortimes enchantés d’avoir reçu un si touchant accueil d’un héemme qui fut lomgtemps notre ennemi, mais qui s'est montré fidèle à la parole donnée, et qui, dans sa lointaine retraite, a rendu à la chrétienté, eten particulier à la Franc», le plus signalé des services, en arrachant à une mort certaine des milliers de chrétiens, parmi lesquels étaient les Lazaristes et les Sœurs de Charité (1).
Quelques-uns, en voyant tant de dévouement dans Abdel-Kader, se sont demandé s’il ne se ferait point chrétien. Les innocentes victimes qu’il a sauvées prient sans cesse pour lui, et la miséricorde divine peut bien atteindre son cœur ; mais rien n'annonce une si consolante conversion. D'après les renseignements que j'ai recueillis et mes propres observations, je suis très porté à croire qu'Ab-el-Kader est dans l’islamisme une sorte de philosophe qui s'est tracé à lui-même une règle de conduite, qu’il se eroit dans une bonne voie et qu’il y a chez cet homme, rempli d’excellentes qualités, un secret orgueil qui gâte ses meilleurs actions. Les orgueilleux ne se conveitissent pas, et tout dans l’émir, le langage compassé, la pose, la mise, le train qu’il mène, annonce un homme plein de lui-même. Puissé-
je me tromper, et apprendre quelque jour que cet homime
à mérité d'ouvrir les yeux à la lumière de l'Evangile (2.)
(1) C’est en juin 1860, qu'Abd-el-Kader prit généreusement Ja défrnse des chrétiens contre les fureurs meurtrieres des Druses à Damas. Cette belle action lui mérita d’être fait grand-croix de In Légion-d’'honneur. Abd-el-Kader, depuis sa mise en liberté par Napoïéon 111 en 1852, est toujours demeuré fidèle à la France et il en douna une nouvelle preuve en 1873, après la guerre franco-prussienne, en envoyant trois mille francs à la caisse des Alsaciens-Lorrains.
(2) Abd-el-Kader, cet enfant du désert, dont parle si bien l'abbé Delaplanche, mourait dix aus après eette entrevue, dans la ville de Bagdad de
tensuite
lusieurs 1ous s0rueil d’un qui s'est lointaine à France, mort ceraient les
aus Abdchrétien.
ans cesse indre son nversion.
:s propres Vader est st tracé à dans une i d’excel- [leurs acs, et tout », Je train
Puissét homme vile (2.) t la déf'nse has, Cette d'honneur.
52, est tou-
» preuve en ille fruucs à
‘abbé Dela- Bagdad de