‹ Le pèlerin de Terre Sainte [microforme]Chapitre 31 sur 170 · PRET PES · texte numérisé non relu

PRET PES

bd LE PÉLERIN

fois répété. Après quelques ennuis, que nous dévorons en silence, nous voilà déposés sur la terre d'Asie, Montés sur no3 modestes coursiers, nous pouvons plonger nos regards dans le vaste désert de l'Arabie-Pétrée qui se déploie devant nous, sans autre borne que l'horizon, Notre nègre ne suit aucun sentier ; il prend la ligne lu plus courte ; il marche rapidement, toujours nu-pieds, sur un sable tantôt uni, tantôt hérissé de pierres. Ses pieds se sont durcis comime la peau du chameau, Le ciel est sans nuage, et bientôt le soleil darde ses rayons enflammés, Une ombrelle est indispensable ; mais dans l'été, qu'elle doit être insuflisante !

Rien n'est trompeur et désespérant comme une course dans le désert ; à chaque instant on croit approcher du but, et il s'enfuit, Que les heures paraissent longues lorsque rien ne vient distraire la vue ! Enfin, nous arrivons à ces fameuses fontaines, C’est une véritable oasis, où les Israélites, délivrés de toute crainte, purent passer tranquillement la nuit et se reposer des émotions de la veille. Arrivés au premier îlot, nous mettons pied à terre, et notre nègre nous conduit à toutes ces sources qui ont fait sortir du sable stérile une magnifique végétation. C’est une suite de jardins plantés de palmiers, d’oliviers, de grenadiers, d’acacias où plutôt minosas et de myrtes. On y cultive aussi un peu de blé et gutres céréales, divers légumes, parmi lesquels figurent avec honneur les cign

si regrettés des Hébreux. On y trouve quel aisons arabes assez propres. Après en avoir vi une, nous

nous sommes installés sous une espèce de :.1ngar, décoré du nom d’hôtellerie. On nous a présenté de l’eau saumâtre des fontaines, quelques pains ou galettes arabes, et enfin, le café non filtré eten très-petite quantité, comme il est d'usage en Orient. C'était un repas assez frugal, et cependant notre nègre n’a pas voulu en accepter la moindre parcelle ; il s’est tenu constamment couché à coté de nous,

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ous | comme le chien fidèle qui attend son maître, Pauvre ntés peuple digne d'un meilleur sort ! Ce que nous uvons ] nos trouvé d’Arabes exilés au milieu de ce désert, nous à paru y i ve 1 bon, simple, bienveillant, Parmi les sources que nous “4 zon. | avons visitées, j'en ai remarqué deux ou trois abondantes, sa | 1e lu 4 Vers le milieu du bassin, on voit jaillir l'eau qui sort de a sur k terre, où plutôt du sable, Quelques petits ruisseaux se Wii iects forment et vont arroser les plantations ; mais bientot l’hu- st 4 l'est jé inidité s'absorbe, et la végétation disparait. 4 f lan - Ÿ Parmi les nombreux palmiers qui s'élèvent dans ces ll l'été, à lieux enchantés, il en est plusieurs qui portent des signes He f; LA incontestables d'une grande vêtusté ; plusieurs qui, peut- 4 use # être, ont été les heureux témoins des prodiges anciens, ‘ ‘du È Quelques auteurs ont cru reconnaître là les douze sources Ha! US : d'Elim, où Moïse trouva soixante-dix palmiers ; mais c’est RE.

une erreur manifeste, puisque la Bible nous dit expressément que les Israélites au sortir de la mer errèrent pendant trois jours dans la solitude de Sur sans trouver d’eau, qu'ils arrivèrent ensuite à Mora, où l’eau était d’abord jmd'à # potable, et que ce fut après qu'ils parvinrent à Elim, où il qui E. y avait douze fontaines et soixante-dix palmiers (1). Ce ion, À qu'on appelle aujourd’hui fontaines de Moïse, est à environ ers, % une demi-lieue de l'endroit où les Hébreux passèrent la

tes. # mer Rouge, et il n'est pas possible qu’ils soient revenus à ers 5% leur point de départ. Elim était donc beaucoup plus éloi-

& gné et très-probablement situé sur la m:r Rouge, à l'entrée du désert de Sin.

Des fontaines de Moïse, nous nous dirigeons vers le rivage de la mer, à l’endroit même où, à la voix de Moïse, elle entrouvrit ses flots qui demeurèrent suspendus à droite et à gauche, comme de véritables murailles, pour laisser un passage libre aux Israélites, et qui se rejolguirent ensuite pour engloutir Pharaon avec les Euyptiens (2).

(1) Exod. xv. 22-27 (2) 1b. x1v. 22-28,

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Le lendemain, des Hébreux purent contempler les grandes merveilles que Dieu avait opérées en leur faveur. Le rivave était couvert de cadavres, de chevaux et üe cavaliers :

des chatiots flottaient encore sur les eaux. Toute la mul-

RCE ütude qui les avait poursuivis était descendue dans : Hi , : { è

: 1e l'abime, cemme une pierre qui tombe de son propre poids. : LS Pour nous, arrivés sur ces bords, nous avons en vain

cherché des cadavres Coyptiens: la mer et les siècles en

ont depuis longtemps détruit où emporté les derniers

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débris ; mais nous avons fait en jeu de tems une jolie

1. collection de ccquillages, regrettant de ne jonvoir en re- 1 eueilhr et en emporter davantage, 4 Nous avons consid@ié attentivement ces Dieux si mémepk rables, et nous avons reconnu qu'ils 'accordaient parfaite- MIE ment avec le réeit de Moïse, en sorte qu'il nous à paru ÿ impossible de placer ailleurs le passage de la mer Rouge. (S En effet, Moïse nous dit que les Hébreux, partis de 1. Rhamessés, imarchaient constanment à lorient, en incli- 1; nant vers le sud pour camper à Socoth, près de lendroit fe où s'élève aujouid'hui la ville d'Ismailia, De là, ils se Îk drivérent vers Etham, sur la limite de lEvypte et de . ï l'Arabie, En continuant cette route, ils pouvaient éviter É la mer Rouge; mais Dien voulait faire éclater sa puis- 5 sance, et 11 ordonna à son peuple de retourner ver, lPocei- |‘ dent, et d'aller camper devant Plhihahiroth qui est entre N Vagdal et la mer, vis-a-vis de PBéelsephon, aujourd'hui 1: Suez, Les Evyptiens les poursuivirent, et les voilà aeculés 4 au divage de la mer. lmpossible de revenir sur leurs pas, | f Ls Foyptiens les pressent ; impossible d'aller ni à droite, ; 6 ui à gauche, ce sont de hautes montagnes, et ils sont dans qi ‘ la vallée qui les sépare; impossible d'avancer, là mer est l: en face, On comprend alors cet hinmense eri de détresse À ! qu'ils poussèrent dans leur frayeur, et qui, répété par à ñ l'écho des montagnes, parvint jusqu'aux Égyptiens. 1f

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émofuiteparu ve, ïs de nelidroit FAT t de viter puis- OCCIntre lhui ulés Pas, oite, dans l'est ‘esse

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Dieu les avait conduits à: c'est Er qu'il les attendait pour faire éclater si puissance. Moïse étendit la main, et les eaux dociles se séparèrent et leur livrèrent passage (D. En considérant attentivement et les bords de Ja mer, et cette vallée, ét ces montagnes, et li contivnration des lieux VOIsins, on st forcé de s'écrier : C'est bien la que s'est accompli ce grand événement tant célébré dans nos livres saints, et que toute la science mo lerne essaiera en vain d'obseurer, Ce lieu du passage des Hébreux est à trois ou quatre lieues de Suez, et la inner en cet endroit a une largeur d'environ une lieue et demie à deux lieues. Qui ne serait saisi d’un saint respect, d'une mystérieuse admiration, en eontemplant ces Hienx témoins de si grands prodiges ! Nous nous retirons silencieux, méditant ces paroles du psalmiste : La mer a vu, et elle a fui. O0 mer, pourquoi as-tu fui? C'est que tu avais senti la présence de ce Dieu qui ébranle Ta terre, fut tressuillir les montagnes et remonter le Jourdain vers sa source.” Quel charme dans ces souvenirs relicieux ! Qu'ils sont à plaindre ceux qui parcourent l'Orient avec le doute dans Pesprit,

indifférence dans le cœur et linerédulité sur les lèvres.

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