CHAPITRE XIII Le port et la ville de Suez
Nons pouvéns à pelue nous imagin:r que nous sommes là, à Suez, entre l'Afrique et l'Asie, dans ::, lieux qui, malgré leur désolante aridité, ont vu passer tant de nations. Cette bairnere de sable ne put arrêter les mquérants, Sésostris, Cambyse, Alexandre, les Romains, Na-
poléon même, ont traversé cette ronte de la vloire : m us 11
1) Exod, x1v
était réservé à notre époque de voir s’accomplir un événement merveilleux, plus digne de passer à la postérité. Un Francais a eu assez de génie et de persévérance pour tracer à travers ces sables une route nouvelle aux vaisseaux, mettre ainsi en communication deux grandes mers, et rapprocher de moitié l’Europe de l'extrême Orient. Je voyais avec plaisir deux grands vapeurs qui, de loin, sem-
blaient glisser sur le sable pour aller gagner le large et pousser leur course jusqu’au bout du monde. Ce spectacle est d'autant plus beau que, dans ces contrées, la vue se prolonge indéfiniment, Autour de Suez, ce sont des espaces immenses où l’on ne rencontre que quelques m ntagnes, pas un arbre, pas un arbrisseau, pas un brin d’her +. Suez est couchée sans abri, entre deux petits bras de la mer qui l'entourent presque entièrement. Des barques et quelques petils vapeurs y séjournent ; mais le grand port est à trois kilomètres, (un peu moins de deux milles). Une chaussée sur laquelle est établie une voie ferrée, y conduit. Ce port est vraiment beau. On a construit deux énormes bassins, où de nombreux vaisseaux peuvent se mettre à l'abri des tempêtes, et sortir pour s'engager, soit dans le canal, soit dans la mer Rouge.