‹ Le pèlerin de Terre Sainte [microforme]Chapitre 45 sur 170 · OT FTIPESE ER PRES ARE CRE · texte numérisé non relu

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divent sortir de sa bouche divine cet arrêt formidable: “ Vous voyez tous ces beaux édifices : tout sera détruit, il n’en restera rien (1).”

En effet, quand on parcourt ces lieux, on se demande : (Que sont devenus ces immenses blocs de pierres, entassés là par les siècles, ces prodigieux travaux dont la solidité semblait défier l’action du temps? L'oracle divin s’est accompli ; il ne reste plus que la mosquée d'Omar, fort remarquable, sans doute, mais qui n’a aucun rapport avec le vieux temple détruit.

Nous montons, par de beaux escaliers, sur la plateforme, qui est au milieu de l’esplanade. On luppelle le haut parvis. Elle est élevée d'environ cinq mètres (seize pieds et demi) au-dessus du sol. Nous entrons dans la mosquée par la porte du nord, qu'on appelle la porte du Paradis. Elle était autrefois en si grande vénération, parmi les musulmans, qu'ils n’y passaient jamais.

Quand nous pénétrons dans l'intérieur, quelle surprise ! Au centre nous apercévons une roche énorme, entourée d'un grillage et de deux raugées de belles colonnes, et surmontée d’une coupole qui se distingue par ses proportions et forme un ensemble imposant. C’est cette roche que les musulmans appellent Sakhrah, et dont ils racontent les aventures puériles. Il faut écouter, sans rire, toutes ces histoires plus ou moins ridicules, autrement vous exciteriez le fanatisme des gardiens qui vous conduisent.

La roche est un grand bloc de pierre calcaire, non taillé, ayant assez la forme d’un bouclier. La surface supérieure est inégale et percé d’un trou rond, taillé perpendiculairement. Ce bloc peut avoir de neuf à dix mètres (trente à trente trois pieds) de longueur sur une largeur égale. Du côté du nord, il repose sur le roc, tandis que, vers le sud, les bords s'appuient sur des ouvrages en maconnerie.

(1) Marc. x111. 2.—Luc x1x. 44,

Les guides ont soin de vous faire remarquer qu'autrefois la roche se soutenait d'elle-même, et qu'on ne l’a appuyée que parceque les femmes turques enceintes étaient trop effrayées en la voyant suspendue sans aucun soutien. Au-dessus de la roche, à hauteur d'homme, est établie une espèce de tente en soie verte et rouge. Elle rappelle, aux croyants, la tente que Dieu donna à Adam lorsqu'il eut retrouvé Eve sur une montagne, ] rès de la Mecque, après l'avoir cherchée cent ans. Je répète cette histoire au vieux prêtre anglais, qui était à côté de moi, et qui, à cause d’un peu de surdité, n'avait pas compris. Je lui souffle donc ces quelques mots à l'oreille. Toute sa gravité britannique l'abandonne, et il éclate de rire. Je le contiens, car les gardiens jetaient déjà sur lui un regard indigné.

La roche Sakhrah, disent les fidèles du Koran, est une des roches du paradis. Pour la rendre plus vénérable, on a prétendu que Mahomet y avait mis le pied, en venant, par les airs, de la Mecque à Jérusalem, monté sur le cheval que lui avait donné l’ange Gabriel. La pierre, s'étant penchée sous le pied du prophète, en conserva l'empreinte. On voit encore, à l'extrémité ouest du rocher, une autre empreinte, comme d’une main. Elle est attribuée à l'ange Gabriel; voici cette fable: ‘“ Mahomet, monté sur El-Borak, jument blanche, dont l'ange Gabriel lui avait fait cadeau, partit pour le ciel, afin d’y traiter d’affaires importantes. Le Sakhrah se souleva, voulant suivre le prophète; mais Dieu ne voulut pas priver le monde de ce rocher béni, Il envoya l’ange Gabriel, qui, d'uve main, le retint, et l'empreinte de la main y resta.”

Je répète ces traditions musulmanes à mon Anglais. Cette fois, il est pris d’un fou rire; mais cette explosion excita heureusement une toux prolongée, ce qui détourna l'attention des gardiens. Au sud, on voit l’étendard du prophète enroulé autour de sa lance, et le drapeau déployé d'Omar, et de plus les selles d’'El-Borak, qu’on ne

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Devant la porte du Paradis, dans la premiére enceinte cireulaire, on voit encastrée dans le pavé, et un peu plus élevée que le pavé, une belle plaque de jaspe où il y a eu vingt-trois clous en or, fixés par Mahomet lui-même. Ces clous marquaient le temps que devait durer le monde. Vers la fin de chaque siècle, un clou se détache et va consolider le trône d'Allah (Dieu). Un jour, le malin esprit entra par la porte du Paradis et se mit à détacher et à voler ces clous; mais, surpris par l'ange Gabriel, il fut battu et à jamais chassé de ce glorieux sanctuaire, Trois clous et demi y restent encore, et y resteront sans doute longtemps, car on veille à leur conservation. Voilà les misérables puérilités qu’on débite sérieusement et dont se repait le pauvre peuple. Faut-il être surpris que mon Anulais se détournât de nouveau pour donner un libre cours à ses gestes dédaigneux !

Ilest temps d’entrer dans la grotte pratiquée sous la roche ; on y descend par un escalier de quinze marches. Cette grotte peut avoir deux mètres (six pieds et demi) de haut, sur cinq à six (dix-sept à vingt pieds) de longueur et un peu moins de largeur. C’est le Sakhrah qui sert de plafond. La partie du rocher qui fait saillie, au-dessus de l'entrée, s'appelle langue, parce qu’elle daigna répondre à l’exelamation de joie d'Omar, quand il découvrit ce prétendu oreiller de Jacob. Omar s'écria : “ Salut à toi...” et le rocher répondit: “A toi salut.” Les guides nous montrèrent les niches et les autels où Abraham, David, Salomon, Jésus, l’ange Gabriel, saint Georges se tenaient et faisaient leur prière. Pendant que je les considérais, voilà qu’un gardien frappe un grand coup de pied au milieu de la grotte, et le rocher rendit un son creux. C’est là, d'après les musulmans, le puits des âmes. Chaque se-

maine, disent-ils, du dimanche au lundi et du jeudi au

vendredi, les mes des musulinans se réunissent dans ce puits, pour y adorer Dieu. Ty a là probablement quelque ancienne citerne, car 1 est certain que le mont Moviah avait été creusé dans bien des endroits, Tacite lui-méme aflinme que les montagnes recouvraient des souterrains, ot qu'il V avait beaucoup de piscines et de citernes: Cavats sub lerrt inontes. el PISCERE, cisler- Hague seems rmbribus,

Nous quittons li mosquée d'Omar, et nous nous dirigcons vers la mosquée ELAKsa. En y entrant, on reconnait la dispesition imténcoure d'une église ecétienne, C’est assurément l'emplacement de cette magnilique basilique que Justinieu fit élever en Phonneur de la Mère de Dieu, et qui fut ap} elée l'église de la Présentation, parce que

c’est vers cette parte de Pancien temple que les parents

de Marne l’offirent au Seigneur, Cette église dut subir

bien des changements à l’époque où les Sarrasins la eonvertirent en mosquée, Vers le neuvième où le dixième siècle, elle fut presque entièrement rebâtie, et ce fut alors que la longueur en fut diminuée et la largeur auginentée.

Pendant le règne des croisés, auprès de lPéglise était le palais du roi, et plus tard l'habitation des Templiers. Aujourd’hui, la mosquée El-Aksa à près de quatre-vingts mètres (264 pieds) du nord au sud sur cinquante (165 pieds) de largeur. Elle a sept nefs formées par quarante colonnes environ et plusieurs piliers. Les colonnes sont en marbre et viennent de monuments plus anciens. Au centre est une coupole fort élevée, qui donne à l'édifice un caractère imposant, Dans la nef du milieu, est une pierre rectangulaire qui couvre, disent les musulmans, les tombeaux des fils d'Aaron.

Tout le monde sait que les fils d’Aaron sont morts au lésert, et n’ont jamais vu la terre promise, mais qu’'insorte aux musulmans ? Non loin du Mihrab, vers lequel ils se tournent pour prier, se dresse un Menbur, belle

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