‹ Le pèlerin de Terre Sainte [microforme]Chapitre 48 sur 170 · REA ES · texte numérisé non relu

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quand il entra dans la ville, pour porter la vraie croix au Calvaire. Cette porte est murée du côté de la vallée, parce que les musulmans croient que c’est par cette porte que les chrétiens rentreront en vainqueurs dans la cité de David.

Un peu plus loin, on rencontre une petite mos juée que les musulmans appellent Trône de Salomon, parce qu'ils croient qu'il mourut Jà sur son siège. La grille extérienre est couverte de chiffons que les musulmans v suspendent pur dévotion à ce grand roi; triste hommage rendu à sa mémoire, Nous ne quitterons pas le Moriah sans dire un mot du ur des pleurs.

A l'angle sud-ouest Ge la grande enceinte, se trouvent les restes d’une muraille que les Juifs regardent comme ayant appartenu au temple de Salomon. IIS vont prier, pleurer devant ce mur tous ies vendredis, excepté celui qui fait partie de la fête des Tabernacles. Autrefois, cette uation désolée allait prier et pleurer sur lemplacement de son temple ; mais, depuis qu'Oinar a élevé sa inosquée, elle doit se contenter de répandre ses larmes devant ce mur extérieur de l’enceinte, sur -une petite place dallée, longue d'environ cinquante mètres (165 pieds) et large de quatre (13 pieds 3 pouces), Ilserait difficile d'assigner l’époque précise à laquelle remonte ce vieux pan de mur; mais ils est probable qu'il a été construit par Salomon où par quelqu'un des rois de Juda. I est fait avec des pierres de deux à trois mètres (environ 7 à 10 pieds) de long, en bossage, et bien travaillées. A mesure que les assises s'élèvent, la dimension des blocs diminue, et les assises sont en retraite sur les précédentes,

Le vendredi de la passion, le jour de là compassion de la sainte Vierge, je voulus assister à cette triste réunion de tout un peuple pleurani sur les ruines de sa patrie. Nous descendons par des rues évroites ct sinueuses au pied

du mont Moriah, et nous nous trouvons en face de cette place des pleurs qui Ctait toute couverte d’hommes et de femmes assez proprement vêtus, tantôt priant et lisant tout haut, quelquefois gémissant. C’est un spectacle curieux, mais lamentable. Les homines sont debout contre la muraille, avec leur bible hébraïque, la tête posée contre une pierre, la retirant et la rapprochant en prononçant les paroles sacrées, quelquefois redisant les mêmes paroles. Les seules que j'aie pu saisir sont: «men, alleluia.

Les femmes comme les hommes orcupent une partie de cette muraille, ou se tiennent à une faible distance, les unes debout, faisant des salutations mélancoliques, ou tristement accroupies lisant dans leurs bibles, ou gémissant ; vous n’en voyez pas une seule se détourner, ni donner le moindre signe de légèreté, malgré les curieux qui cireulent et les regardent. Que disent-ils dans leurs prières ? Ils se lamentent, ils lisent les psaumes et Jérémie. Ils demandent que Dieu fasse cesser le châtiment qui pèse sur eux, et tous répètent en gémissant ce cri de douleur : “ Combien de temps encore, à Dieu !”

Ce spectacle a produit sur moi un vif sentiment de compassion, et il me semble que, malgré le temps et l’espace, je les vois, je les entends encore. Pauvre peuple aveugle, qui lit sa condamnation sur les seules ruines qui restent debout auprès de son temple détruit. Depuis dix-huit ceuts ans, il semble dire à Dieu : ‘ Pourquoi nous as-tu abandonnés ? Quand donc rétabliras-tu le royaume d’Israël ?” Et dans ses mains il tient le livre divin, comme s’il voulait sommer Dieu de tenir sa parole, et il ne voit pas qu’il accomplit lui-même cette divine parole et la malédiction qu’il a invoquée quand il disait: ‘Que son sang retombe sur nous et sur nos enfants.”

green PATATE

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