‹ Le pèlerin de Terre Sainte [microforme]Chapitre 70 sur 170 · RAT · texte numérisé non relu

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Seigneur envoya l'aveugle-né qu'il avait guéri. A environ trois cents mètres, (près de mille pieds) sur la route, on rencontre un bassin en ruines, alimenté par les eaux de la fontaine de la sainte Vierge, qui y sont conduites par un autre canal, après avoir traversé la piscine de Siloë. C’est à ce bassin que les femmes de Siloan et les soldats de la garnison viennent laver et chercher de l’eau. De ce bassin sort un petit ruisseau qui va arroser les jardins de Siloan, autrefois le jardin du Roi, l'unique endroit de la ville qui puisse produire des légumes toute l’année.

A quatre ou cinq mètres (dix-sept ou vingt pieds) au sud-ouest de ce bassin, on voit l'étang de Salomon, en partie taillé dans le roc. C’est aujourd’hui un jardin potager.

Aux jours de la prospérité d'Israël, ces lieux, bien entretenus, cultivés et arrosés avec intelligence, devaient ressembler à un paradis terrestre. La fontaine de la Vierge, qui sort de la colline du temple, était comme le fleuve de la vision d’Ezéchiel : “ Sur ses bords fortunés croissaient des arbres fruitiers, toujours couverts de feuilles et de fruits. Chaque mois, on y trouvait des primeurs, car ils étaient arrosés par des eaux qui sortaient du sanctuaire. Les fruits de ce petit Eden étaient délicieux au goût, et ses feuilles propres à guérir les maladies (1).”

Les paroles du prophète ne peuvent-elles pas s'appliquer à cette riche vallée de Siloan, dont l'historien Josèphe nous fait une si magnifique description ? Et aujourd’hui tout est négligé : quelquefois les eanx du torrent emportent les terres, et l’eau de la fontaine va se perdre à travers des débris. Jérusalem est vraiment désolée, et la désolation est plus grande encore autour de ses murailles que dans l’intérieur.

Auprès de l'étang de Solomon, se trouve un petit tertre

[1] Ezech. xzvir. 12.

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factice surmonté d'un mûrier blanc, qui indique le lieu où le plus éloquent des prophètes, Isaïe, a été martyrisé, Il avait dit aux rois et au peuple des vérités que l’on ne veut pas entendre ; il reçut le prix de son courage, et fut scié en deux, dans la vallée du Cédron, et son corps fut enseveli sous un chêne, près de la fontaine de Rogel, qui se trouve à la jonction des vallées, et qui servait de limite entre les tribus de Juda et de Benjamin.

Cette fontaine de Rogel est aussi appelée fontaine de Néhémie, fontaine de Job et encore puits du Feu (1). Là, il y a encore deux petites constructions : l’une est un lieu de prière pour les musulmans, l’autre couvre un puits qui a vingt-neuf mètres (quatre-vingt-seize pieds) de profondeur. Il a été comblé et vidé plus d’une fois dans les divers sièges qu'a soutenus Jérusalem. Au temps des croisades, il avait plus de cent mètres (plus de trois cent trente pieds) de profondeur, et l’on en tirait l’eau avec un chapelet hydraulique.

Ce puits est bâti avec de grosses pierres qui paraissent fort anciennes. On croit qu'il n’a pas de source ; l’eau y entre par suintement ; et quand les pluies sont considérables, elle se répand par dessus et forme un beau ruisseau auquel le Cédron sert de lit. Quand l’eau sort avec abondance, c’est signe d’une bonne récolte, et les habitants de Jérusalem célèbrent à cette occasion une fête de plusieurs jours, autour de ce puits et le long du ruisseau.

On croit que c’est dans ce puits profond et desséché que Néhémie fit chercher le feu sacré que Jérémie y avait caché avant la captivité. On n’y trouva qu’une eau épaisse et bourbeuse. Néhémie ordonna de puiser de cette ean, et d’en faire des aspersions sur le bois et les sacrifices. Alors le soleil, qui, auparavant, était caché sous un nuage, res-

[1] Josué. xv. 7. — II. Rois. XVII. 17. — 11. Mach. 1. 19.

194 LE PÈLERIN plendit ; un grand feu s'alluma, et tous furent dans l'admi-

ration, C’est au puits de Rogel que se termine la vallée de Josaphat

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