‹ Le pèlerin passionnéChapitre 13 sur 36 · VIGILE DU POETE ROMAN · texte numérisé non relu

VIGILE DU POETE ROMAN

Amicale clarté du ciel, déesse triple, Phébé que réjouit la miche au pur levain, Astéri' dont le trait ne manque pas la cible, Hécate dont la corne est sacrée au devin ! Je n'ai pas dans le miel les dents du lynx dissoutes Ni contraint l'Austre vieux à rabattre son bruit, Je ne viens pas troubler ta course dans la nuit, Ma bouche ne dit pas le chant que tu redoutes. .

Vois plutôt SOUS ces bois couronnés de TEté Mon Erato fervente aux fastes bucoliques A songer qui élut la fraîche opacité Que baigne doucement la Marne aux bords obliques.

Lune, veuille que Tor abondant ne me soit,

Mais que la pauvreté n'habite pas mon toit ;

Que si m'assaut Tadversité, d'un penser droit

Mon âme la médite, et que la Paphienne

Ne m'arde pas soudain du brandon rigoureux

Qui fit le Perce-monts fileuse lydienne.

Que ceux faussement peints ne m'abusent, qu'entre eux

Je passe avec le cœur léger, ô bonne Lune.

D'un petit oiseau ! car, dans mon sang chaleureux.

De ton frère à l'arc d'or je porte la fortune.

De la marche normande au pays angevin,

Où la pomme est gaulée, où fermente le vin,

Chacun eût estimé sa valeur importune

De n'entendre ma voix et que fût empêché

Mon plectre (honneur gallique' au luth trois fois touché.

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