ÉTRENNES DE DOULCE
ETREXXES DE DOULCE
Ses yeux parmi Ses joues, ses lèvres de couleur, Ses yeux sont comme fleur De violette au bouquet joli .
Et son sourire Et son franc dire Enchantent le mal qui me veut occire.
Mieux qu'en avril ni mai Gentil oiseau Du bois ramé Ne berce somme De pastoureau ; C'est pourquoi Doulce je la nomme.
38 LE PÈLERIX PASSIONNÉ
Ni le nom de Mélusine
Pourtant, Ni le nom d'Argentine Ou de la comtesse de Flassand, Ni celui plus fameux de la reine Qui mourut d'aimer, Ne valent pour la nommer Le nom qu'elle tient de sa marraine.
Nom qui m'êtes courtois échanson De loyal heur, en ma chanson.
Las, faudra-t-il toujours vous taire !
• O doux nom si gracieux Qui faites pleurer mes yeux Quand ma bouche vous profère.
ÉTREXXES DE DOULCE 39
Pour couronner ta tête, je voudrais Des fleurs que personne ne nomma jamais ,
Lavande, marjolaine, hélianthème.
Et la rose que le luth vanta, Et le lis sans tache que Perdita Souhaitait pour le prince de Bohème
L'œillet, la primevère, les iris, Et tous les trésors de Cliloris :
Gerbe seraient pauvre et défaite Pour couronner ta tête.
ÉTREXXES DE DOULCE 4I
J'ai tellement soif, ô mon amour, de ta bouche.
Que j'y boirais en baisers le cours détourné
Du Strymon, l'Araxe et le Tanaïs farouche ;
Et les cent méandres qui arrosent Pitané. Et l'Hermus qui prend sa source où le soleil se couche, Et toutes les claires fontaines dont abonde Gaza, Sans que ma soif s'en apaisât.
DSCOURS
Du barat d'or affronteur, Son diffame, l'un apprête ; Et de laurier imposteur, Que l'hiver outrageux guette, L'autre couronne sa tête.
De brigue point n'ai souci, Ou de menteur faste, si, Mon pouce, alerte tu mêles Dessus les cordes jumelles, Narguant envie et tous sots, Les parlantes philomèles Au susurre des ruisseaux.
O qui, sur le double mont, D'un miel Attique la coupe Levez, dont la voix semond Les buccins à riche houppe.
Nymphes, gracieuse troupe, A l'ignorant mal-appris.
Qui clos tenez vos pourpris, Mon heureuse fureur-née.
Sous vos lois fut ordonnée \'ers les assurés travaux, Comme d'un frein est menée L'ardeur des jeunes chevaux.
Aganippides, aux doux Airs, dont la harpe se vante, Nouvelle encore, par vous Mon âme se sut savante ; Pour que maintenant j'invente Un art bien élaboré Et du vulgaire abhorré :
C'est voire haleine fertile, Sacrant ma bouche inutile, Qui fait qu'indigne je sais.
De gentil son et haut style, Hausser le Nombre Français.