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— C'est bien des choses à la fois ! répond tristement l'inconnue. Commençons par le plus facile.
— Le moins dangereux ?
— Le plus pressé. Je vais essayer de vous peindre.
— Et moi j'essayerai de vous plaire.
— Soit : mais, à la fin des trente jours, changeant de termes et de mots, remplaçons aimer par mourir !
— Quoi ! vous me suivriez au tombeau ?
— Ou bien ! je vous devancerai.
— A merveille ! Vous êtes non-seulement la plus belle, mais la plus singulière femme que j'aie jamais rencontrée. Pour vous j'aimerais à mourir : mais...
— Mais vous mourrez en m'aimant.
— Vivre ensemble serait pins doux.
— Savez-vous d'abord si je vis ?
L'étrangère avait proféré ces dernières paroles
avec un accent tellement hors des inflexions de voix accoutumées, que le prince en a tressailli. II la regarde de nouveau. Elle était plus éblouissante que jamais ; mais la transparence de sa peau d'albâtre avait quelque chose qui ressemblait, pour ainsi dire, à un prélude de transfiguration. La pureté de son front et la perfection de ses traits tenaient plus de l'ange que delà femme. Le prince sourit d'un air contraint et troublé. Vainement
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chercherait-il à reprendre un ton galant et cavalier , ses idées se sont rembrunies ; il se sent mal à l'aise : il s'assied.
— Voyons ! avez-vous vos pinceaux? Commençons ! vous n'avez qu'un mois.
— J'ai le temps qui m'est nécessaire. Il ne me faut qu'une ou deux heures.
A l'instant même un chevalet s'établit en face du peintre. L'artiste avait déjà sa palette; les couleurs se trouvaient broyées ; et la minature est en train.
Comment tout cela s'est-il arrangé si vite ? le prince n'a pu se l'expliquer. L'inconnue était devant lui ; il est de nouveau fasciné. Oubliant tout, et en extase, il n'a plus d'autre pensée que celle de se repaître de sa vue. Déjà le portrait est fini ; puis, l'étrangère disparaît.
Environ un mois après, la famille du prince apprenant qu'il était parti de Turin pour revenir auprès d'elle, l'attendait avec une impatience extrême. Un courrier, à franc étrier, lui apporte, avec une lettre cachetée de noir , une boîte couleur d'ébène. La lettre annonçait la fin prématurée du prince de Campo-Franco ', et son portrait était dans la boîte. Qui avait écrit cette lettre? Qui avait fait et envoyé ce portrait? Nul n'a ja-
' Frappé de mort subite au moment de se mettre en routo. el un jour avant l'expiration du mois.
mais pu expliquer le mystère. La seule chose positive et incontestable , c'est que le portrait était d'une ressemblance inouïe et que le prince était mort.
Je me plaisais beaucoup à Stuttgard ; car là, comme dans toutes les villes d'Allemagne où j'avais séjourné , reçu partout comme un ancien ami , je passais continuellement de plaisirs en plaisirs, et de fêtes en fêtes. Que de doux souvenir^ m'aura laissés cette noble terre de Germanie où j'ai goûté tant de jouissances et que j'ai quittée tant de regrets!...
Les mœurs sont fort sévères à Stuttgard. Un n'y entend jamais parier d'intrigues galantes ni de scandaleuses amours ; et cependant, les jeunes tilles y jouissent d'une inconcevable liberté; elles Be rendent au bal sans leur mère , et elles vont seules au théâtre.
On donnait à Stuttgart! le Ferre d'eau de M. Scribe, traduit en allemand. J'y fus ; et mon amour-propre national ne put s'empêcher de remarquer avec satisfaction que , partout où j'avais passé dans mes voyages, je n'avais vu que des livres français dans les salons, et des pièces françaises aux théâtres.
J'avais diné chez le vicomte de Fontenay , ministre de France ; et, le lendemain, je devais être présenté au roi. Il me tardait d'être admis auprès de ce monarque , et de lui parler des émotions que j'avais éprouvées en parcourant ses États. Sa Majesté me reçut dans son cabinet particulier. J'admirai d'abord sa noble physionomie, puis seul, et l'écoutant , je me sentis fier de pouvoir ainsi converser avec lui sans témoins. Il daigna me garder près d'une heure, et m'entretenir des plus hautes questions. Il joint l'esprit profond d'un penseur à la haute sagesse d'un roi. Je découvris en lui ce que l'on trouve si rarement sous la pourpre : une juste appréciation des temps, une idée exacte des choses, et une admirable connaissance des hommes. Que d'élévation dans le caractère de ce prince ! et que j'aimerais à répéter ses nobles paroles! Biais le respect me le défend; et, soumis à ses lois, je me tais.
La reine me reçut ensuite, après le diner, dans ses appartements. Sa mise était riche et brillante ; ses diamants éblouissaient ; et je ne me serais oc-
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en pê que de son élégance et de sa beauté, si mon entrelien avec Sa Majesté n'était venu me prouver qu'elle y joignait des dons plus puissants encore : la bonté , la grâce et l'esprit. J'avais une mission auprès d'elle , et je la remplis. La reine m'éooatâit ;i\ec le sourire de la bienveillance et de l'intérêt : ce fut un doux moment pour mon àrae.
La veille de mon départ , je devais lire une légende dans un de» brillants salons de Stuttgard. — Choisissez, me dit-on, quelque chronique dans le genre schwarmerisch ! Je ne compris rien à la phrase ; on me l'a depuis expliquée. Ce mot immense est très-significatif en Germanie; on ne peut le traduire qu'ainsi, et très-incomplétement : maladie rêveuse des allemandes. J'ai ouï dire d'une noble dame, plongée dans une mélancolie pleine de charmes : Elle est aujourd'hui schwarmerisch. Je me rendis à ma soirée.
Que n'avais-je alors la légende que je recueillis depuis à Wisbaden de la bouche d'une illustre et belle princesse! Je vais la raconter ici. Elle n'est nullement schwarmerisch.
Les pj armées , les pains et les verres.
Il \ avait une loi un rot et utu; reine... Je me trompe : "// comte et une comtesse, à qui rien n'eut
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manqué sur la terre , si... (hélas ! il y a toujours des si et des niais qui gâtent les plus belles destinées) s* le ciel eût voulu perpétuer leur race ; »iais ils n'avaient pas d'héritiers...
Pour le coup, je m'interromps tout à fait : car je m'aperçois que mon début est absolument celui d'un conte de fées ; et je ne voudrais pas qu'on s'imaginât le moins du monde , que ma légende avec ses pygmées , ses petits pains et ses trois verres, put ressembler aux divertissantes gentillesses de Perrault, notamment Barbe-bleue.
Je supprime donc entièrement mon commencement , sauf à y revenir au besoin : et je saute vingt-deux ans. La scène va changer de face : vous le comprendrez facilement.
Le comte de Brannenburg est mort. Comme , dans le principe , je ne vous ai pas détaillé ses vertus, je suis persuadé que vous recevrez assez froidement celte lamentable nouvelle. Je ne m'y appesantirai pas.
Vous saurez, maintenant, que Brannenburg est sur les bords de l'Inn à trente lieues de Munich, et dans les montagnes du Tyrol. Ce beau château existe encore. Je l'ai admiré; mais cela vous importe peu , je suppose ; et j'en supprime la description.
La noble veuve du comte de Brannenburg, fort âgée , et surtout fort infirme, vient de s'asseoir, avec un grand air de solennité, sur un fauteuil à
large dossier. Elle a ses trois lils auprès d'elle. Trois /ils! vous ne vous attendiez peut-être pas, d'après mon préambule, à cette nombreuse progéniture ; mais la vie n'est souvent qu'un enchainement de surprises ; et les surprises sont la vie des histoires.
Bref! les trois fils sont debout vis-à-vis de leur mère, dans l'attitude soumise et avec le profond respect des enfants d'autrefois. Hélas! ceux d'aujourd'hui n'en ont plus : quoi? d'attitude ou de respect? Comme vous voudrez : je passe outre.
— Mes enfants ! dit la châtelaine en hochant la tête avec une certaine dignité impossible à rendre, l'heure est venue de vous éclairer à la fois sur le [jussé, le présent et l'avenir.
Rien que cela. Les trois fils saluent.
— Ma mère ! nous vous écoutons : répondentils avec autant de sagacité que d'à-propos.
On les disait fort lettrés pour l'époque : car ils avaient voulu apprendre à lire. Ajoutons, cependant, qu'ils n'y avaient pas parfaitement réussi.
— Je commence par le passé , reprend lentement la comtesse. Cesl dans l'ordre, et je tiens à l'ordre. J'avais juré devant le Seigneur de ne jamais révéler les mystères de votre naissance avant que mon dernier fils eût atteint sa majorité : ce terme est expiré d'hier. Asseyez-vous pour mieux m'entendre. Ce que je vais vous raconter, mes enfants, o'esl certes |>.i> dans le cours habituel
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des choses ; mais je connais trop votre respectueuse confiance en moi, pour craindre un instant que vous puissiez élever le plus léger doute sur la véracilé de mon récit. Je n'ai jamais menti sur la terre; et j'en prends le ciel à témoin.
La noble dame, en prononçant ces mots, levait la main vers une des images saintes de son oratoire; et les trois fils tiraient leur chapeau. Ce chapeau, c'était une toque. Je m'aperçois encore ici que j'ai oublié de vous dire que la scène se passait de 1-401 à 1460. Je me donne une marge de 59 ans environ : c'est infiniment peu de chose dans la chaîne des siècles depuis Abraham ou Moïse. Mettez 59 ans dans la balance de l'éternité ; et dites-moi un peu, je vous prie, ce que cette bagatelle pèse !
— Mes chers enfants ! poursuit la comtesse, en ce temps vivait votre père...
La châtelaine essuie une larme. Ses héritiers en essuient trois.
— Il était sans postérité , continue l'honorable dame ; et , bien que nous eussions entrepris ensemble , à l'effet d'attendrir le ciel , une foule de pèlerinages excessivement recommandables, vous n'étiez point nés, mes enfants. Mon mari en mourait de douleur.
Un soir : ( silence ! je vous prie , voici venir l'instant des prodiges! ) j'étais seule, souffrante , étendue sur mon lit , et ne pouvant fermer ma
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paupière. Ma chambre était peu éclairée ; niais assez . néanmoins . pour me laisser parfaitement distinguer la plupart des objets qui s'y trouvaient. loges, mes fils, de ma surprise! j'aperçois au milieu de ma chambre une multitude de petites figures d'environ cinq pouces de haut, qui dansaient en rond ça et là : m'est avis même qu'elles chaulaient : mais ce détail est peu important. Leurs voix , d'une faiblesse extrême , et terre à terre en quelque sorte, n'arrivaient pas jusqu'au plafond. Je reste immobile et muette. J'étais comme attachée sur ma couche, et ne pouvais remuer mes membres. Convenez que c'était étrange !
— Ma mère ! nous en convenons : répondent, avec autant de discernement que de tact, les dois frères de Brannenburg.
— Un pygmée se détache de la foule, reprend la haute et puissante dame. II saute sur mon oreiller : et, d'une voix claire, mais aiçuë, il m'adresse ces paroles inimaginables : Nous allons te cuire du pain. Je ne me serais jamais attendue, je l'avoue, que tout ce petit monde dansant et toutes CCI petites gens si gaies , fussent venus chez moi pour faire l'office de mitrons. N'importe : la musique cesse. Les pygmées se posent un bonnet I ilanc sur l'oreille, se nouent un tablier à la ceinture, se mettent les jambes à nu, se retroussent les bras jusqu'à l'épaule; et, autour d'une charmante miniature de huche , se mettent à pétrir
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des pâtes. Non loin, s'allumait un four de dimension proportionnée ; et, peu de minutes après, un tas de petits pains étaient cuits. Ce tas est empilé sur mon lit. L'orateur des pygmées, me montrant alors du doigt l'œuvre de ses boulangers, me souffle à l'oreille ces phrases : Autant tu mangeras de pains, et autant tu auras d'enfants. J'aurais bondi de joie, mes fils î si j'avais pu me remuer.
— Et vous avalâtes trois pains ? demandent les jeunes Brannenburg.
Question pleine d'intelligence.
— Oui : répond la mère en souriant, charmée de leur pénétration. Oui , je pris les pains des pygmées ; ils me parurent de la grosseur d'une noix. J'aurais pu en avaler douze : je me fixai au nombre trois. Pourquoi aussi peu ? je l'ignore : car je me sentais la force et le désir de manger toute la cuisson. Mais quelque chose m arrêta. C'étaient d'horribles maux de cœur.
— Un commencement de grossesse! se sont écriés les trois fils.
Ceci pouvait manquer de logique.
— Les pygmées , continue la veuve, reprirent le reste des pains ; et je ne sais ce qu'ils en firent. Mais quelle mutation de costume ! et quel changement de métier ! Ils ùtent leurs bonnets et leur tabliers blancs , reprennent chaussures et bas , se revêtent d'une blouse grise ; et , la tète couverte d'une calotte brune , se bâtissent une forge
devant moi, avec soufflets , creusets et fourneaux, lies mitroruse sont faits verriers. Je leur vois souffler (rois flacons.
— Autant de flacons que de pains! disent ;i la fni< les trois frères.
Observation judicieuse.
- Rien de plus clair que ces flacons : reprend gravement la comtesse. Ils étaient d'un verre admirable; et, chose aussi étonnante que le reste, ils étaient d'une dimension monstrueuse, comparativement à la taille de ceux qui les avaient fabriqués; car, dans chacun de ces trois verres , on aurait pu blottir trois pygmées. Bref : ils sont posés sur mon lit, et ces derniers mots me sont adressés , je ne sais plus comment ni par qui : Quand tes fils auront vingt et un ans , donne un (le ces verres à chacun d'eux. Celui qui saura conserver le sien intact , verra prospérer sa famille ; il aura enfants et fortune. Celui qui cassera son flacon, n'aura ni race ni bonheur. Il sera trahi par le *<>rt.
La châtelaine de Brannenburg avait accentué ces paroles avec une sévérité majestueuse. Elle se lève , ouvre un bahut à sculptures moyen ;*ige ; et les trois verres apparaissent.
Chaque Brannenburg en prend un. La noble dame s'agenouille ; et , au fond de son oratoire , elle adresse au ciel cette courte prière : Mon !hi h ' qu'aucun flacon no m brute !
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Mais , aimée de la châtelaine et élevée près de ses fils, il y avait au château de Brannenburg une céleste créature. C'était la jeune et douce Arnésie. Fille d'une sœur de la comtesse , orpheline et riche héritière , elle n'avait jamais quitté ni le manoir ni ses cousins ; et ses cousins , épris de ses charmes , étaient continuellement en adoration devant elle. Ils la regardaient non-seulement comme la merveille du pays, mais comme le génie tutélaire de la famille. Chaque château , selon les traditions révérées du Tyrol , possédait son bon et son mauvais esprit. Les héritiers de Brannenburg avaient décidé dans leur âme que leur démon était caché , mais que leur ange était visible. On nommait cet ange arnésie.
Il avait été arrêté , par la comtesse, qu'Arnésie épouserait , à son choix , et quand bon lui semblerait , un des comtes de Brannenburg. Chaque frère , en conséquence , essayant de la mériter, s'efforçait de lui plaire. Arnésie, jusqu'à ce moment , ne s'était déclarée pour aucun.
Us accoururent tous trois , le verre à la main , chez l'orpheline du castel. Arnésie s'attendait à leur visite. Elle avait préparé ces paroles :
— Cousins! voici ma décision. Dans un an, à partir de ce jour , je promets d'épouser un de vous. Mais , première condition , chacun me rapportera son verre. Celui qui ne l'aura pas gardé , devra renoncer à ma main.
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Les jeunes gens souscrivent à ce singulier arrêt; aucun moyen de faire autrement. Hubert, l'aîné tle la famille , espérait avoir plu secrètement à sa cousine ; car elle lui disait souvent avec un accent plein d'émotion et d'intérêt : Hubert! prenez garde à votre humeur querelleuse et à vos goûts de ferrailleur ! n'ayez donc pas toujours la menace à la bouche et l'épée à la main ! Le démon , par là , veut vous perdre ; par là , il a prise sur vous. Fuyez combats et discussions! ou malheur vous en adviendra !
Christian , le second de la race , avait aussi l'intime conviction qu'il était loin de déplaire à l'orpheline; car elle ne cessait de lui répéter de la manière la plus touchante : Cousin ! j'ai peur pour votre avenir. Vous aimez trop la table et le vin. .l'ai ouï parler d'orgies où vous présidiez; l'esprit du mal est là qui vous guette. Il connaît le défaut de votre armure. Prenez garde à l'intempérance ! il y a là , pour vous, un abîme.
llamilcar , le dernier des lils, était le seul qui regardait sa cousine avec découragement et tristesse , sans se flatter du moindre succès : car la belle et douce Arnésie ne lui faisait point d'exhortations, ne lui adressait point de reproches, et conséqnemment, selon lui, ne l'aimait pas comme ses frères. Il était loin de s'imaginer , le modeste et naïf jeune homme , que sa nature inspirait moins d'inquiétude à la nièce de sa mère, cl
qu'ayant plus de foi à son avenir , elle n'avait rien trouvé en lui à blâmer.
Les deux frères aînés se sont promis de ne jamais se séparer de leurs verres, afin de les mieux surveiller, et pour les préserver de tout risque. Hubert, chasseur déterminé, porte son flacon dans sa gibecière ; on dirait un clairon caché. Christian a fait faire un étui au sien, le tient suspendu de côté , au bout d'une solide écharpe , et ne le quitte pas plus qu'un chevalier son épée. ou qu'un trouvère sa mandore. Seul , Hamilcar , le dernier frère, a déposé son flacon dans la chapelle du manoir, sous la garde de l'Éternel, auprès du iombeau de son père, et chaque jour y adresse cette fervente prière : Fortifiez mon cœur dans le bien ! Faites qu'il n'ait pas , 6 mon Dieu ! la fragilité de ce verre!
Hamilcar, ainsi que ses aînés , n'avait ni instruction ni talents : mais il était droit, franc et loyal. Oh ! qu'on ait fait ou non ses études, l'esprit vient où il y a de l'âme.
La saison des chasses arrive. Hubert réunit au château la noblesse du voisinage : et le cor retentitdans les bois. On avait remarqué , pendant un certain laps de temps , qu'il évitait le bruit et la foule. Hélas ! ce temps a peu duré. Las de l'isolement et du silence il a mis de côté ses premières bonnes résolutions. Mais du moins il compte s'observer au milieu des agitations et des plaisirs. Il