‹ Le pèlerinage à la maison sacrée d'AllahChapitre 13 sur 43 · EL MAX)INA EL MENOUORA · texte numérisé non relu

EL MAX)INA EL MENOUORA

ALA porte d'El Anberia, une sentinelle wahabite, à l'aspect farouche, arrêtel'automobile en plaçant son fusil en travers du passage ; le chef du poste s'approche avec des regards inquisiteurs, et nous sommes légèrement impressionnés. Mais El Hadj SHman trouve les paroles qui touchent et qui dérident cet officier, lequel devient fort aimable et nous facilite le visa de nos papiers.

Nous pénétrons alors dans la Ville Sacrée, en

disant ; « O Seigneur ^ ! fais-moi entrer en croyant sincère et sortir en croyant sincère. Et, par Ta Bonté, fais de moi un sultan vainqueur (de mes passions). »

Nous nous arrêtons à une petite place que les automobiles ne peuvent dépasser et nous envoyons prévenir le mezouar ^ sjaed Ahmed Rifâï, qu'on nous avait recommandé, et qui arrive bientôt, fait charger nos valises sur le dos de ses serviteurs nègres et nous conduit à sa maison, située dans la zqaq (rue) de Bedour.

Après nous être ablutionnés, nous sortons avec lui pour nous rendre immédiatement à la mosquée du Prophète, laquelle est toute proche de notre demeure. Et, il faut l'avouer, notre cœur palpite d'émotion à ce moment solennel : nous allons pénétrer dans le célèbre sanctuaire, au milieu d'une foule en extase, et Dinet, qui va être obligé de répéter, devant la griUe du Tombeau Vénéré, les salutations en l'honneur du Prophète récitées par le mezouar, devra passer inaperçu, insoupçonné.

Aussi, le bonheur sublime que nous éprouvons à l'idée de contempler la tombe de Mohammed, est-il mélangé d'un peu d'angoisse au souvenir de la désagréable alerte du café de Rabegh.

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