‹ Le pèlerinage à la maison sacrée d'AllahChapitre 14 sur 43 · C'est-à-dire : ô Allah · texte numérisé non relu

C'est-à-dire : ô Allah

2. Mezouar (c'est-à-dire : celui qui fait visiter), on appelle ainsi à El Madina celui qui héberge les pèlerins et qui les guide dans les visites sacrées.

Dans le temple même, la présence des gardiens wahabites et la sainteté du lieu sufiBraient évidemment à nous sauvegarder ; c'est dans la bousculade de la sortie que nous aurions tout à redouter.

Mais, encore une fois, nous comptons sur la protection du Seigneur Généreux, qui connaît la piété de nos pensées.

Nous entrons par la Bah Djebraïl, en disant : a Au nom d'Allah le Clément, le Miséricordieux ! n n'y a de force et de puissance qu'avec Lui. O Allah, bénis notre Seigneur Mohammed, Ton Serviteur et Ton Prophète, ainsi que sa famille et ses compagnons. O Allah, pardonnemoi mes péchés et ouvre-moi les portes de Ta Miséricorde ! » Puis nous pénétrons dans l'endroit le plus sacré du temple, celui qui est situé entre la chaire et la grille du tombeau et qui est nommé Er Roudha, le Jardin, d'après ces paroles du Prophète ; « L'endroit qui se trouve entre ma tombe et ma chaire est un jardin des jardins du Paradis ^. »

Cet endroit, portique aux fortes colonnes, dont la partie inférieure est revêtue de marbre et dont les chapiteaux soutiennent de petites coupoles, est évidemment le mieux décoré de tout l'édifice ; mais il n'évoque en rien l'idée d'un jardin. H faut

1. Une autre tradition plus vraisemblable dit : « Entre ma chambre et ma chaire ». Mais cela revient au même, cette chambre étant devenue la tombe du Prophète.

donc prendre cette appellation dans son sens mystique.

Nous récitons une prière à deux prosternations en l'honneur de la mosquée, puis nous nous dirigeons vers le tombeau du Prophète, situé dans la partie Sud-Est à une distance de huit à dix mètres du mur méridional et à une distance un peu moindre du mur oriental.

Une foule compacte se presse à cet endroit ; ce n'est qu'à force de patience et grâce à l'autorité de notre mezouar que nous parvenons au premier rang, en face d'une petite fenêtre ronde encadrée d'argent et percée dans la merveilleuse grille de cuivre qui entoure le tombeau. Cette fenêtre est elle-même placée en face de l'auguste visage du Prophète qui repose dans sa tombe, couché sur le côté droit i.

1. C'est ainsi que les morts musulmans sont enterrés, le visage tourné vers Hodjra. La tombe du Prophète se trouve derrière le mur de la Hodjra (chambre mortuaire), voilé luimême par une draperie de soie verte décorée d'inscriptions d'argent.

Un couloir étroit et sombre sépare la grille du mur de la Hodjra, où l'on ne peut pénétrer que par une porte située au Nord. Cette porte n'est ouverte que dans des cas tout à fait exceptionnels, pour des réparations urgentes. H n'existe aucune autre ouverture dans les murs, et le jour vient d'en liaut par les fenêtres de la coupole verte.

D'après ce que nous a dit un des Oulémas d'El Madina, lequel est entré dans la Hodjra à un moment où l'on changeait le voile, la tombe du Prophète et celles d'Abou Bakr et d'Omar seraient recouvertes par de simples élévations de terre et de pierres, et entourées d'abord par une clôture de palmes, puis par une grille en bois. Cette description différant totalement de celle que nous donne Burckhardt, d'après des auteurs

A cet endroit, les mezouars ont l'habitude de recommander aux pèlerins qu'ils guident de se tenir dans l'attitude qu'ils prendraient s'ils voyaient apparaître le Prophète en personne, c'est-à-dire les menibres, le cœur et la voix palpitant d'émotion. Mais point n'est besoin de cette recommandation ni pour les pèlerins qui nous entourent et dont les traits sont extasiés par la vénération, ni pour nous qui nous sentons pris d'une sorte de vertige en songeant que, derrière cette grille, repose dans sa tombe le Surhomme qui réahsa le bouleversement prophétique le plus formidable que le monde ait connu.

Citons à ce sujet, l'opinion de quelques auteurs européens.

Voici celle de WiUiam A. Shedd : « Il n'y a rien dans les annales du passé que Vhîstorien puisse comparer au rapide et prodigieux essor de VIêlam 1. »

Et voici les réflexions du missionnaire S.-W. Zwemer obligé de reconnaître la vérité historique en dépit de son islamophobie : « Aux environs de l'an 570, Amina donnait le jour à un garçon qui

anciens, nous ne la reproduisons que sous toutes réserves.

Quant au célèbre joyau appelé a Koukeb El Dorri s (l'Astre de Diamant), qui était suspendu en face de la tombe de Mohammed et qui avait été donné par un Sultan de Stamboul, il paraît (toujours d'après la même source), qu'il aurait été repris par les Turcs, pendant la guerre et rapporté à Constantinople.

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