‹ Le pèlerinage à la maison sacrée d'AllahChapitre 28 sur 43 · Porteur d'eau de Zemzem · texte numérisé non relu

Porteur d'eau de Zemzem

première de la construction de la ville de Bekka (premier nom de Mekka), en cet endroit^.

n est vrai que chez un certain nombre de pèlerins, l'eau de Zemzem est l'objet de la même dévotion que celle de Lourdes chez les chrétiens, et elle produit chez eux des guérisons aussi fréquentes et aussi miraculeuses ; c'est la foi qui agit, dans les deux cas.

Nos devoirs reUgieux dans le temple sont terminés ; nous en sortons par la Bab Es Safa afin d'accomplir le Sâï (ou Course), rite obligatoire pour le pèlerin, le premier jour de son arrivée à Mekka.

Le Sâï. — On appelle Sâï la course sept fois répétée que le pèlerin exécute entre les coUines de Safa et de Meroua, en souvenir de Hadjar (Agar), mère d'Ismâïl, qui courut de l'ime à l'autre, pleine d'angoisse, dans l'espoir de trouver un peu d'eau pour son enfant mourant de soif dans le désert.

Le Mesâa ou piste sur laquelle s'efEectue cette course est en réalité une rue assez large, bordée de boutiques de chaque côté. La foule est telle que nous avons grand mal à nous frayer un passage

1. « En vérité la première Maison Sacrée fondée par les hommes est celle qui l'a été à Bekka pour la bénédiction et la direction des Mondes. » (El Corane, III, p, 90). D'après la tradition arabe, Ibrahim (Abraham) vint retrouver son fils Ismân campé près du puits de Zemzem et construisit avec lui le temple de la Kâaba autour de laquelle s'éleva ensuite la ville de Mekka.

pour gravir quelques marches qui nous mènent sous l'une des trois arcades de Safa. Là, nous tournant dans la direction de la Kâaba, nous saluons rapidement de nos mains étendues, en disant : «Au nom d'Allah ! Allah est le plus grand ! Assurément Safa et Meroua sont parmi les monuments du culte d'Allah, et celui qui accomplit le pèlerinage à la Maison Sacrée, ou bien l'Onara^, ne commet pas de péché s'il exécute entre elles la course rituelle. » {El Corane, II, p. 153 ^.)

Alors, nous commençons la course, derrière notre methouaf et nous récitons après lui : « Il n'y a de Dieu qu'Allah l'Unique; à Lui la Royauté et la Louange ; Il fait vivre et II fait mourir et, pour toutes choses, H est Tout-Puissant. Je n'adore que Lui, fidèle à la Religion en dépit de la haine des infidèles. »

Nous prenons l'allure du remel ou harouel, les deux coudes au corps et avec des pas courts et précipités, entre les Milaïne El Akhdarine (les deux piliers verts) éloignés l'un de l'autre d'une soixantaine de mètres ; pour le reste du chemin, nous reprenons l'allure ordinaire, jusqu'à la colline de Meroua distante de quatre à cinq cents mètres, et surmontée d'une large arcade. Nous parvenons au sommet élevé de quelques mètres

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