LA VALLÉE DE MINA
NOTRE réveil, c'est VAïd El Rebir, c'està-dire la Grande Fête, où tous les Musul- -^ *- mans s'embrassent en oubliant leurs querelles ; c'est la fête du Quourbane ou du Sacrifice, en souvenir du sacrifice d'Ibrahim, et, ici, c'est en plus, la fête de tous les pèlerins devenus des Hadj depuis la veille. Et une immense rumeur de joie s'élève de cette sombre vallée de
ir Souvent appelée Mouna et plus correctement Minene.
Mina, dont les montagnes rocailleuses, dénudées, carbonisées, ne reflètent aucune lumière, toute la lumière éblouissante de ce soleil du tropique semblant réservée aux seuls croyants qu'elle illumine.
Nous nous rendons au premier cheïtane. Une foule énorme l'enserre, et les pèlerins le lapident avec autant de conviction et de colère que s'ils avaient le diable en personne devant eux. Ce qu'ils lapident en réalité, ce sont les mauvaises pensées symbolisées par ce cheïtane.
Ce rite du pèlerinage est encore basé sur un souvenir historique, celui du prophète Ibrahim, qu'Iblis (Satan) chercha par trois fois à faire désobéir à Allah, lequel lui avait ordonné de sacrifier son fils Ismâïl. Les trois fois, Ibrahim répondit au Tentateur en le chassant à coup de pierres. Et c'est à ces trois endroits que sont élevées les djemarate ou cheïtanes ^ que le pèlerin doit lapider.
Au prix de mille difficultés, sous les brûlures du soleil, nous finissons par approcher du cheïtane et nous le lapidons avec sept pierres en disant : « Au nom d'Allah I Allah est le plus grand ! Je lapide le cheïtane et ses troupes, ô Allah, en croyant sincèrement à Ton Livre et en suivant la Loi de Ton Prophète Mohammed et de Ton Anii Ibrahim. Sur eux la bénédiction et le salami »