DE BEYROUTH A BOU SAADA
Nous ne restons qu'un jour à Beyrouth où nous recevons le plus cordial accueil de M. Ponsot, le haut commissaire, de M. Laffont, consul de France et d'autres personnahtés.
Nous nous embarquons sur V Amazone, paquebot des Messageries Maritimes, dont le très agréable souvenir efface de notre mémoire celui du Jérusalem.
Nous faisons escale à Jaffa, à Alexandrie, où nous retrouvons des amis que nous n'avions pas vus depuis notre passage dans cette ville, il y a une trentaine d'années. Nous passons par Marseille et Alger où nous retrouvons, avec ime douce émotion, des parents et des amis qui nous attendaient avec impatience, après avoir été si longtemps privés de nos nouvelles, et nous sommes soulagés de nos inquiétudes en apprenant que,
de leur côté, par la grâce du Tout-Puissant, tout s'était bien passé pendant notre absence.
Enfin, le 27 juin, nous rentrons à Bou Sâada, où la population nous fait un accueil inoubliable : les notables sont venus nous attendre à une trentaine de kilomètres de chez eux ; ensuite, nous voyons arriver à nous des femmes et des enfants, dont beaucoup avaient fait la route à pied. Et, à la porte de la ville, mille bras nous étreignent...
« A vous votre religion, et à moi ma religion. »
{El Corane, CES, 6.)