‹ Le pèlerinage à la maison sacrée d'AllahChapitre 9 sur 43 · Trois heures de l'après-midi · texte numérisé non relu

Trois heures de l'après-midi

2fl LE PÈLERINAGE

trouve lui-même arrêté à cet endroit par une panne de sa machine. B faut nous résigner et passer la nuit couchés sur de la boue saumâtre.

Au lever du jour, nous apercevons de pauvres pèlerins soudanais portant leurs provisions sur la tête et faisant à pied, avec leurs femmes et leurs enfants, la terrible route de quatre cents kilomètres qui sépare Djedda d'El Madina. Nous les appelons à notre aide et ces braves gens accourent aussitôt conformément au devoir du pèlerin, qui doit prêter assistance à tout autre pèlerin dans l'embarras.

Au nombre d'une dizaine, ils entrent dans l'eau boueuse et, après une vingtaine de minutes d'efforts, ils parviennent à dégager notre voiture dont les roues de derrière étaient enlisées jusqu'aux essieux. Nous les récompensons généreusement, cela va sans dire, mais, en venant à nous, ils ignoraient nos intentions.

Le reste de la sebkha, nommée Sebkhat Ed Denaïb, n'offre plus de difiScultés; à la sortie, un Bédouin se dresse devant nous pour nous offrir une ibriq^ de thé, qu'il venait de préparer et qui est la bienvenue après cette nuit de jeûne et de fatigues. Ce Bédouin n'a même pas un toit de branchages pour se protéger du, soleil ; il s'est installé sur le chemin, à l'endroit où se termine la sebkha, certain que tous les pèlerins échappés à

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