‹ Le pèlerinage de Port-RoyalChapitre 16 sur 22 · LE · texte numérisé non relu

LE

épreuves. Il refis uimettr > iHe

Unigenitus; il appelle, il réappelinouveau ( ' 'é aune vie erra même, il .. .....géde. passer en i....r

il conserve m droite raison et cet de

modératioa et de tolérance qu'il semblo nvoir hérité du bon Nicole II voit avec chagrin les folies des conv'îî-"* "-lires et leî» emportements des fanatique «s de ramiée janséniste ne par-

donne pa !é ses pu>iUanimités et ses

réserves. ' fblisse-

de Je -s jours plus tard, se

trouvant à Troyes, il voit sous ses fenêtres une

bande de forcenés qui vient lui d'

vari dans les règles pour v«^>"

diacre Paris et les Nouvelle:

meurt en 1733, âgé de quatr-

Il faut lire dans Sainte-F -1

nières années du ma^*'

n'est émouvant comxr

lard, raisonnable et '.■.

fous et des batailleurs

ic jansénisme.

: nen

' V' vieil-

au milieu dés

luisent

J A i: < I l K s - .1 o s K I> Il D U G U E T

Gravé par Dcsrochcrs.

Saint-Simon fait en quinze lignes le portrait de Du Guet, qu'il avait rencontré à La Trappe : is ... Pour M. Du Guet, j'en fus charmé. Nous nous promenions tous les jours dans le jardin de l'Abbatial. Les matières de dévotion où il excellait n'étaient pas les seules sur lesquelles nous y en avions : une fleur, une herbe, une plante, la première chose venue, des arts, des métiers, des étoffes, tout lui fournissait de quoi dire et instruire, mais si naturellement, si aisément, si coulamment, et avec une simplicité si éloquente, des termes si justes, si exacts, si propres, qu'on était également enlevé des grâces de ses conversations, et, en même temps, épouvanté de l'étendue de ses connaissances, qui lui faisaient expliquer toutes ces choses comme auraient pu faire les botanistes, les droguistes, les artisans et les marchands les plus consommés dans tous ces métiers. » Tel nous le représentent tous ses contemporains et tel il nous apparaît à travers ses écrits, car les qualités que nous goûtons aujourd'hui à la lecture de Du Guet, sont justement les mêmes que l'on découvrait dans sa conversation : le naturel, l'aisance, une certaine fluidité que rend à merveille le coulamment de Saint-Simon, une infaillible propriété de termes, un vocabulaire varié, témoin des plus diverses curiosités.

Le principal de l'œuvre de Du Guet consiste

24o LE PÈLERINAGE DE PORT-ROYAL

en des lettres de direction, adressées à des femmes du monde. Plusieurs des petits livres de morale qu'il fit imprimer n'étaient autre chose que des correspondances édifiantes. La Conduite d'une dame chrétienne pour vivre saintement dans le monde se compose d'une suite d'instructions données à M™* Daguesseau, mère du futur chancelier. Le Traité des scrupules^ livre charmant et profond oîi le moraliste dévoile et guérit les blessures des âmes défiantes et timorées, a sans doute quelque origine semblable.

Nicole écrivait : « Un ecclésiastique qui voit des femmes est à demi-marié, parce que, quelque pures que soient ces liaisons de part et d'autre, elles ne sont pas exemptes de ces complaisances réciproques qui sont toujours un peu différentes de celles qui se trouvent entre des personnes du même sexe ; l'on se repose toujours un peu tendrement sur l'esprit l'un de l'autre : et c'est une partie de la douceur du mariage... Il y a une galanterie spirituelle aussi bien qu'une sensuelle, et, si l'on n'y prend garde, le commerce avec les femmes s'y termine d'ordinaire. » Là-dessus, il ne semble point que Du Guet ait partagé le sentiment de Nicole ; ou bien, s'il a vu le péril, il a compté sur la miséricordCf divine pour l'aider à déjouer les ruses de Satan. A vrai dire, les pronostics du misogyne Nicole furent un jour près de se réaliser. Du Guet était

armé contre toutes les illusions du cœur, mais crédule comme un enfant, et, à force de chercher et de découvrir un sens prophétique à tous les mots de l'Ecriture (c'était son étude de prédilection), il s'était mis l'esprit dans une telle disposition qu'une visionnaire le devait facilement mystifier. Il fut donc la dupe d'une prophétesse, la « béate » Rose, qui joua un instant parmi les jansénistes le rôle d'une M'"* Guyon. Après plusieurs années il reconnut son erreur. Ce fut son unique faiblesse, la seule mésaventure où le fourvoya «le commerce des femmes ». De quelle manière Du Guet édifia, réconforta et dirigea les âmes qui se mirent sous sa conduite, comment dans cette tâche délicate et périlleuse il sut se garder de toute « galanterie spirituelle » et ne rien aventurer de sa dignité, on le peut voir dans son admirable lettre à M"°' de La Fayette, le plus célèbre de ses écrits, dans les correspondances publiées, et dans celles que Sainte-Beuve a analysées. On en peut juger aussi par les lettres adressées à M*"* de La Galissonnière, dont j'ai sous les yeux le recueil inédit. La place me manque pour citer toutes les pages qu'il faudrait tirer de cette volumineuse correspondance et qui mériteraient de passer dans des « morceaux choisis » de Du Guet. Notons seulement ce qui peut mieux faire connaître le « directeur de conscience ».

Ce qui frappe, dès l'abord, c'est l'accent de ces lettres, si différent de l'accent des lettres adressées à d'autres dames par le même Du Guet. Point ou presque point de bel esprit comme dans les lettres à M"* de Fontpertuis ; point d'enjouement comme dans celles à la duchesse d'Epernon. Le ton reste grave. Jamais la spiritualité n'y prend ce tour de madrigal que l'on est parfois tenté de regarder comme un des caractères particuliers de l'esprit de Du Guet. C'est qu'il s'adresse à une femme dont la vie est sans cesse traversée par des chagrins, des maladies et des épreuves'. Tantôt, c'est le sort de son époux qui inquiète M""* de La Galissonnière : elle est mariée à un lieutenant général de la marine, et celui-ci en défendant l'estacade de Vigo contre les Anglais a brûlé son vaisseau plutôt que de le rendre, et a été prisonnier en Angleterre. Tantôt ce sont des procès, des différends de famille, des difficultés domestiques. Sa santé, minée par la phtisie, est compromise par des grossesses malheureuses. Une sensibilité ardente avive ses souffrances et ses appréhensions. Son zèle chrétien l'incite à des pénitences qui surmènent son tempérament nerveux et affaibli. Pour venir au secours d'une personne affligée de tant de manières, les longues exhortations morales ne

Page 1