Ibid,, chap. IL
leure partie des Irlandais Dieu donna tant de bénédictions à ses travaux, que plusieurs, qui étaient déjà engagés dans rhérésie,se remirent dans le bon chemin; et le Père, ayant, en fort peu de temps, ramassé ses brebis, trouva que son Eglise était composée de près de trois mille personnes. Après avoir pourvu aux plus urgentes nécessités des Irlandais de Saint-Christophe, il passa en Tîle de Montserrat, où ils étaient autrefois les maîtres. Mais les Anglais les en avaient dépossédés et se les étaient assujettis. Le Père, qui savait qu'ils ne souffriraient pas un prêtre dans leur île, se déguisa en marchand et y alla sous prétexte de vouloir acheter du bois. Aussitôt qu'il fut arrivé, il se fit connaître à quelques Irlandais et par ceux-ci à tous les autres » *. Il ne quitta Montserrat qu'après avoir administré à tous les Irlandais les secours de la religion, et fixa définitivement sa résidence à la Guadeloupe. De là il se rendait aux îles habitées par les Anglais et les Irlandais. En cinq ans, il ramena à TEglise plus de quatre cents hérétiques.
Toutefois, l'œuvre par excellence des missionnaires, l'œuvre la plus consolante en résultats, fut celle des iVégrres, et des Sauvages esclaves. « On comptait dans les îles jusqu'à treize nations venant d'Afrique et parlant toutes différentes langues, sans y comprendre les sauvages esclaves qui étaient aussi de diverses nations de l'Amérique.,. C'eût été un travail infini d'entreprendre leur instruction en la langue qui leur était naturelle ; il aurait fallu avoir le don des langues
pour y réussir Aussi le missionnaire attendait qu'ils
eussent appris le français pour les instruire. Ce qu'ils faisaient le plus tôt qu'ils pouvaient pour se faire entendre de