Relation du P. Pelleprat, ch. V
leurs maîtres, dont ils dépendaient pour toutes leurs nécessités » ^
Le nombre des nègres, venus d'Afrique, « se montait,
en 1655, à douze ou treize mille Un homme passait pour
aisé en ce pays, quand il possédait vingt-cinq à trente esclaves nègres. Le général de Poincy en avait six à sept cents pour sa part » 2.
Les sauvages esclaves, « tirés des diverses nations de TAmérique, comme les Arouagues, les Saïmagotes et autres, n'étaient pas, à beaucoup près, en aussi grand nombre que le^ nègres, mais ils étaient mieux faits de corps, avaient Tesprit meilleur, étaient plus doux et plus traitables, et n'avaient pas moins d'esprit que les paysans de France » '^.
L'évangélisation des nègres et des esclaves était une œuvre ingrate, pénible, rebutante. Aussi les Jésuites y trouvèrent-ils peu de concurrents parmi les prêtres séculiers et réguliers ^.
Dès 1660, ils avaient baptisé ou ils préparaient au baptême cinq mille nègres ^. Ce nombre alla toujours grandissant jusqu'à la fin du xvu® siècle.
On conserve aux archives de la Société un Mémoire de haut intérêt et inconnu du public, sur Tévangélisation des