‹ Le père Antoine Lavalette à la Martinique: d'après beaucoup de documents inéditsChapitre 21 sur 110 · Labat, IV, pp. 442 et · texte numérisé non relu

Labat, IV, pp. 442 et

Français assez nombreux en ce pays, les nèg^res et enfin les Irlandais, domiciliés aux quartiers des Anglais.

« Le spirituel de la partie française de Saint-Domingue, dit le P. Labat, était entre les mains des Capucins et des religieux de notre ordre (des Dominicains). Les Capucins, comme les plus anciens, avaient les meilleures paroisses, c'est-à-dire, toutes celles du Cap et du Port- Paix jusqu'à la rivière de TArtibonite. Ils avaient encore celles du Grand et du petit Goave, derAcul,de Nippes et du Rochelois » K Ces paroisses étaient situées, les premières, celles du Cap et du Port de Paix, dans le quartier du Nord de Tile, et les autres, dans le quartier du Sud, Les Dominicains n'administraient que les paroisses de TEsterre, delà Petite Rivière et du Cul-dé-Sac 2.

« Tel fut l'état des paroisses de Saint-Domingue jusqu'en 1703, que les Capucins abandonnèrent toutes celles dont ils avaient soin. On n'a jamais su bien au vrai la raison qui les y obligea . . . Quoi qu'il en soit, les Pères jésuites furent choisis par la Cour pour remplir leurs postes, et elle partagea entre eux et nous, continue le P. Labat, toute la partie française. Les Jésuites ont eu tous les quartiers qui sont depuis Samana jusqu'à la rivière de l'Artibonite ; et nous, tout ce qui est depuis cette rivière jusqu'au Cap Tiberon » ^.

La Mission de Saint-Domingue devint bientôt la Mission la plus importante des Jésuites aux Antilles. Elle compta douze missionnaires en 1711, seize en 1721 et dix-huit en 1728; en 1740, elle avait quatorze paroisses organisées, où les Pères faisaient les fonctions de curé : Port de Paix, Saint- Louis, Plaisance, -le Limbe, le Gros-Morue, le Dondon, la

Labat, V, p. 210.

Labat, V, p. 210.

Ibid.,p.2H,

Le P. Ant. Lavalette à la Martinique.

Plaine du Nord, Petite- Anse, Quartier Morin, la Limonade, les Terriers-Rouges, Château-Dauphin, la Lude et le Franc.

Nous ne dirons que peu de chose de la Guyane française; le lecteur trouvera tous les renseignements désirables dans le beau livre intitulé : Mission de Cayenne et de la Guyane française K Le P. Méland fut le premier apôtre de cette mission, et le P. Henri Grillet, le premier supérieur en 1667. Au P. Grillet succédèrent les PP. Jean Béchet, François Macé, Louis Frémond, René Gellé, François Simon, Jean Rullier, Gabriel de la Genette, François Guyard, Nicolas Grossard, Jean- Baptiste Duplessis et Louis de Vilette. Ces supérieurs, fixés à Cayenne, furent soumis jusqu'en 1730 au supérieur général de la Martinique; plus tard, cette Mission eut son supérieur général indépendant.

En dehors de Cayenne, il se forma, à partir de 1723, deux centres d'apostolat pour les sauvages, le premier à Kourou^ le second à Oyapock. Le premier, situé au nord de Cayenne, évangélisait les Galibis, les Coussaris, les Maraones et les Arouas, nations indiennes. Le second, établi au sud, sur la rivière Oyapock, travaillait à la conversion des Pirioux et des Caranes, et comptait trois paroisses, Saint-Paul d'Oyapock sur la rivière de même nom, N. D. de Sainte-Foi au confluent des deux rivières de Camopi et d'Oyapock, et Saint-Joseph d'Ouanari sur les bords de cette rivière, entre TOyapock et TApprouague. D'autres paroisses moins importantes s'élevèrent dans la suite, par exemple, Sinnamari, Roura et Approuague, presque toutes pour Tévangélisation des tribus indiennes.

1. Ce livre, imprimé sans nom d'auteur, est du P. Fortuné de Montézon.

En 1731, à la demande du P. Lafiteau, procureur de r Assistance de France à Rome, la congrégation de Propaganda Fide accorda un préfet apostolique à la Mission de Cayenne et un autre à Saint-Domingue. Les patentes de la propagande et les facultés obtenues du Saint-Office furent expédiées au mois de décembre de cette même année. Jusque là il n y avait qu'un préfet apostolique pour toutes les Missions des Jésuites français aux Antilles ; c'était le supérieur général, résidant à Saint-Pierre de la Martinique, qui en faisait les fonctions .

Par le fait de Térection de la Mission de Cayenne et de celle de Saint-Domingue en préfectures apostoliques, la mission dite des J/es d'Amérique compta désormais trois missions distinctes et indépendantes, ayant chacune un supérieur général^ qui était aussi préfet apostolique. Le P. Louis de Vilette fut le premier supérieur général et préfet apostolique de Cayenne; le P.Jean Larcher fut honoré des mêmes titres et fonctions à Saint-Domingue, et le P. Eustache Lebrun, à la Martinique.

Ce dernier conserva sous sa juridiction toutes les Antilles à l'exception de Saint-Domingue. Mais, à l'époque (1743) où le P. La Valette arriva à la Martinique, les Jésuites avaient abandonné Saint- Vincent et Saint-Christophe et concentré tous leurs efforts II la Martinique et à la Guadeloupe.

Dans cette dernière île, ils avaient cédé aux Carmes le quartier des Trois Rivières et s^étaient fixés définitivement au bourg de la Basse-Terre, où ils desservaient Téglise paroissiale en même temps qu'ils évangélisaient les nègres.

Le supérieur général résidait à Saint- Pierre de la Martique avec la plupart des missionnaires.

Page 1