‹ Le père Antoine Lavalette à la Martinique: d'après beaucoup de documents inéditsChapitre 31 sur 110 · Lettre d'un commerçant,.., déik citée · texte numérisé non relu

Lettre d'un commerçant,.., déik citée

.1. Pour faire rouler une habitation d'une étendue ordinaire, on. élfiil obligé d'y employer de soixante à cent nègres, au moins [Nou^ rt*iiij royage, 1. 111).

beaucoup exagéré le nombre dans une intention qui se (Jevine; et l'historien de la Compagnie, Grétineau-Joly, induit par eux en erreur, Ta porté au chiffre fantastique de deux mille. Rien de semblable ne se lit ni dans le Mémoire justificatifs ni dans la Lettre du commerçant ^ lequel semble pourtant être fort bien renseigtié, ni dans les correspondances du Gouverneur et deTintendant. D'après le Mémoire, le nombre des nègres n'aurait pas été au-dessus de quatre à cinq cents. Le Commerçant ne cite aucun chiffre. MM. de Bompar et Hurson écrivent seulement que les Jésuites de la Dominique oni quantité de Nègres ^ et qu'ils sont presque les seuls « à n'avoir pas un nègre dont ils ne puissent prouver l'acquisition, faite ou à la Martinique, ou achetez des français anciennement habituez dans les isles «^

1. MM. de Bompar et Hurson au Minisire de la marine, 15 janvier 1752 et 24 décembre 1753 {Arch^ col., corresp. générale de la Martinique, Tol. 5^ et 60).

<( Le roi ayant besoin de quarante mille pieds de bois pour faire des affûts pour les canons, dit le Mémoire /ustificafif, différents particuliers offraient ce bois et demandaient neuf livres par pied... Moi, j'offris de donner ce bois à moitié prix, le marché fut conclu ».

Dans une lettre commune au Ministre de la marine (15 janvier 1752), MM. de Bompar et Hurson confirment le fait et ajoutent : « M. Hurson, sur Texposé de M* de Bompar et ce qu'il a vu par luimême..., a pesé tous les moyens pour concilier le bien du service avec les vues d'économie; et le seul qui nous ait paru le plus efficace a été d'adjuger cette fourniture au P. Làvalette, considérant qu'il est plus en état que personne de remplir ce marché non seulement par rétablissement que les Jésuites ont à la Dominique, et par la quantité de Nègres qu'ils ont pour y faire travailler; mais encore à cause de l'aisance dans laquelle sont ces religieux, et qui les met à même de ne pas chercher à tirer de trop grands avantages des marchés de cette nature qu'ils passent avec le roy » (Arch, co/. , corresp. gén. de la Martinique, vol. 59). La commande était de 160.000 1. « Le roy avança au P. Lavalette 75.000 1. ; avec cet argent, il acheta à M. Bontemps à la Dominique quarante nègres, qui ne coûtèrent que 32.000 1.; le reste de la somme avancée devait suffire pour les frais et nourriture des nègres et gages des blancs, mis à la tête de cette entreprise. » ( Mémoire justif. ) .

Le procureur de Saint-Pierre se proposait, par une culture intensive, de récolter en abondance, à la Dominique^ le magnoc, le sucre, le thé, Tindigo, le cacao, le mil, les pois et autres denrées des Iles du Vent. Des récoltes merveilleuses justifièrent bientôt la hardiesse de ses travaux agricoles * : il devint aux yeux de tous, le plus intelligent des colons, le plus heureux des agriculteurs.

Il ne suifisait pas de récolter ; il fallait mettre les récoltes à Tabri.

« L'habile cultivateur construisit un bâtiment, qui passa pour un chef-d'œuvre de Fart et réunit à la plus grande solidité tous les avantages et tous les agrémens que Ton peut désirer dans un ouvrage de ce genre. Cette seule bâtisse lui coûta plus de trois cens mille livres... Elle fut élevée à trois fins également utiles : l**afin dy travailler le magnoc, farine du pays, qui sert de nourriture aux noirs; 2® pour y recueillir le cafifé et le cacao ; 3" enfin, dans le cas que rîle contentieuse devint quelque jour Tapanage de la France, pour y faire la fabrication du sucre -. Les compartiments y furent ménagés avec une intelligence admirable, et les proportions s*y trouvent si bien observées, qu'à très peu de frais, ce serait, de toutes les sucreries de l'Amérique, la plus belle, la plus commode et la plus solide » ^

Avant d'aller plus loin, une question se pose. Le P. Lavalette n'eût-il pas dû se borner à améliorer les terres

i. Mémoire sur le P, Lavalette (Arch. gén.,S.J).

2. <i On n'y établit pasde sucrerie^ parce que cettesorte de bien est considéré comme un immeuble ; ce qui ne se dit point du caffé, coton et cacao ». (Note delà Lettre du commerçant^ p. il).

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