Lettre du commerçant âe la Martinique, pp. 10 et il
que la Mission possédait à la Martinique, au lieu d'en acquérir de nouvelles et très considérables à la Dominique? N'eût-il pas mieux fait de rebâtir les maisons de Saint- Pierre ou de les mettre en état d'être louées et habitées, au lieu d'en construire d'autres, à grands frais? A notre avis, il commit une imprudence, il se montra assurément téméraire, en faisant des constructions et des acquisitions, à tout le moins exagérées et superflues, nullement nécessaires aux intérêts de la Mission, blâmables dans un homme de sa profession *. Il eut 8iu*tout le tort d'agir « sans l'appui de ses supérieurs^ sachant d'tme manière certaine que cet appui lui serait toujours dénié » '.
Toutefois, des entreprises d'une si haute importance ne s'exécutent pas sans argent ; presque toujours, faute de ressources, elles commencent et n'aboutissent pas, quand elles ne finissent pas par la faillite.
*< Les fonds pour fournir à toutes mes dépenses, dit le P. La Valette, méritèrent toutes mes réflexions... J'avais beisoin d'argent... Oii en trouver? » -^ La Mission n'était
1. Mémoire sur le P. Lavalette cité plus haut : « Le P. Lavaletle aurait dû se borner à améliorer ses terres et à les mettre en valeur. Il voulut s'agrandir. La confiance que les habitants de la Martinique avaient en lui et dans ses ressources, sa trop grande facilité à prendre Targent qu'on lui portait, les gros emprunts qu'il se vit obligé de faire tant pour le payement de l'établissement considérable qu'il venait d'acheterau sieur de Crésols que pour l'achat des nègres multiplièrent presque à l'infini ses engagements... Il y eut de la témérité et de l'imprudence dans ce vaste projet, qui en agrandissant en apparence ses fonds, multipliait exorbitament ses dettes...)'
2. CrétineaU'Joly, V, p. 193: Histoire de la Compagnie de Jésus.