‹ Le père Antoine Lavalette à la Martinique: d'après beaucoup de documents inéditsChapitre 42 sur 110 · CHAPITRE QUATRIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE QUATRIÈME

Le comte Rouillé, secrétaire d'État en 1749 au clépartement delà Marine, ministre d'Etat en 1751, fut nommé secrétaire d'Etat aux Affaires étrangères le 28 juillet 1734, Cette nomination surprit assez le duc de Groy, d après ce qu'il raconte dans son Journal : « Gela me surprit assez, dit-il, M. Rouillé ayant toujours été fameux pour le Commerce, ensuite ayant été mis à la Marine, mais jamais dans les Affaires étrangères, qui paraissaient bien fortes pour lui, d'autant qu'il avait 64 ans, ce qui est trop tard pour se mettre à l'école » *.

M. de Machault, garde des Sceaux, remplaça M. Rouillé à la Marine. Esprit brouillon^ mais actifs principal auteur du fameux lit de justice du mois de décembre 11 56 y homme d'ailleurs assez droite le nouveau ministre estimait les Jésuites et leur voulait du bien ^. Cette nomination fît espérer que n'ayant pas contre le P. Lavalette les mêmes

1. Journal inédit, t. I, p. 274. — Le duc de Groy était fort liù avec le comte Rouillé, dont la fille, Marie-Catherine avait épousé le chevalier d'Harcourt, puis marquis de Beuvron.

2. Précis historiques. Suppression de la Compagnie de Jésus en France, 1862, p. 363.

préventions que son prédécesseur, M. de Machault étudierait son dossier avec plus de sang-froid et s'arrêterait définitivement à une décision équitable.

Un mois environ avant ces changements, le P. La valet te avait enfin obtenu une audience du Ministre. « M. Rouillé, après ravoir fait longtemps attendre, consentit à le voir, dit le P. de Montigny. Le Père en fut bien reçu, et dans une seconde audience, on lui donna parole qu'il lui serait permis de retourner à la Martinique et d'y reprendre ses fonctions. On ajouta qu'en attendant que la permission lui en fût expédiée, il était le maître d'aller partout où les affaires qu'il avait en France pouvaient l'appeler. Rien ne le retenant plus à Paris » *, et son séjour en France pouvant se prolonger, il partit pour Marseille, où il tenait à faire la connaissance de MM. Lioncy et Gouffre, et à régler avec eux quelques affaires d'intérêt.

C'est à Marseille que le Provincial de Paris devait lui adresser ses communications; c'est de là qu'il entretint avec M^^® de Beuvron d'Harcourt une correspondance curieuse, qui est entre nos mains 2.

La première lettre, datée du 6 juillet 1754, débute ainsi : « Je reçois votre lettre en arrivant à Marseille, parmi grand nombre qui m'y attendaient... Je connais toute la noirceur de mes ennemis, et de leur part, rien ne me surprend ». Il

1, Mémoire manuscrit déjà cité.

2. Les lettres sont adressées à Mademoiselle de Beuvron d^Harcourt, dans son hôtel, rue du Bac, à Paris,

sait qu'on lui atiribuû le caractère le plus noir qui fut jamais'; mais, ajoute-t-il, « je suis trop connu pour que de pareils bruits puissent trouver créance, et on ne devient pas si cri* minel tout à coup » *.

A la première nouvelle de la nomination de M* de Maehault au Tuinistère de la Marine, le P, La valet te pria le P, le Forestier d^intervenir auprès de lui en sa faveur, et de faire rapporter au pluî» tôt la décision de M, Rouillé, qui semblait Péloigner pour longtemps de sa mission.

Les PP. Onuphre Desmaretz - et Simon de la Tour ^

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