Lettre datée de Marseille, 9 novembre 1754 (Arch. S. J
2. On lit dans la lettre citée plus haut du P. Grifîet : « Tu m veru egit eflicacius et ardentius P. le Forestier ut reditum patris Lavalette in Martinicam obtineret... Illum ubique summis laudibus extollebat^»
3. Lettre du P. Lavalette à M"* de Beuvron; Marseille, 30 janvier 1755 : « Je pense comme vous, dit-il, que M. de Machault n'a pas voulu donner tort à M. Rouillé, ou, pour mieux dire, le comte ne l'a pas voulu avoir. »
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sâmm^ni. Mais S. M. n'a accordé celte permission qu'à condition qu'il ne se mêlera plus d'aucune sorte de commerce et ses supérieurs ont donné les plus fortes assurances à cet égard. Le Roy veut, en effet, que les missionnaires se renferment dans les bornes de l'exercice de leur ministère. Et c'est le véritable intérêt de la religion, qui ne pourrait que souffrir à tous égards des soins qu'ils donneraient à des opérations qui ne sont pas de leur état. Aussi S. M. désire que vous veilliez à ce que, sous prétexte de l'administration de leur temporel, ils ne se livrent pas à des entreprises de l'espèce de celles que Ton a reprochées au P. La Valette. Et si ceux qui seront chargés de «etle administration ne se bornent pas à la vente des denrées de leurs habitations et de Tachapt de leurs provisions, suivant l'usage ordinaire de tous les habitants, vous averlireK le supérieur de la Mission d'y mettre ordre, et vous Aurez agréable de me rendre compte de l'usage qu'il fera de cet avis. D'un autre côté, l'intention de S. M. est toujours que vous souteniez les missionnaires dans l'exercice légitime des fonctions de leur ministère » *.
D'après cette lettre, les procureurs devaient se bornera Ir venle des denrées de leurs habitations et à tachapt de leurs provisions ] en dehors de là, c'était le commerce, le <;ommerce interdit aux religieux. En vérité, M. de Machault se faisait du négoce illicite une conception qui n'est pas celle de l'Eglise ; il interdisait aux religieux, de sa propre autorité, et sous prétexte de commerce, des opérations que ne défendent pas les lois canoniques. Aussi, partant de ce principe faux que les religieux doivent se borner à vendre les denrées de leurs terres et à acheter leurs provisions ; que, par conséquent, toute autre opération leur est défendue,
1. Arvh, colon.. Minutes des lettres, Amérique, série B, vol. 101.
se permet-il d'âccuseï' le P. Lava le t te de s'être mêlé, de commerce. Si le comte Rouillé partageait sur ce point les mêmes principes , il n*est pas surprenant qu'il ait soutenu la même accusation. '
Nous avons dit plus haut que M. Rouillé, mécontent de M, Hurson, avait décidé son rappel en France, Le nou- I
veau ministre de la Marine maintint cette décision, soit ^
par déférence pour son collègue, soit peut-être par les mêmes motifs, et nomma intendant, en remplacement de M. Ilursouj M. de Givry, auquel il remit la lettre suivante : •
i< Vous n ignorez pas, Monsieur, ce qui s'est passé par rapport au P, La valet te. Il va repasser incessamment à la ;
Martinique ; mais il ne doit s y mesler ni directement ni indirectement d'aucune sorte de commerce. Quoique j'aie .
lieu de croire qu*il sera a ttentif à justifier les assurances qui m'ont esté données à cet égard par ses supérienrs ^, je vous charge expressément de veiller avec un soin particulier sur sa conduite et de m'en rendre compte. Mais je vous recommande en mesme temps de donner à tous les missionnaires les secours nécessaires et les encouragements convenables dans Texercice légitime des fonctions de leur ministère » ^.
Cette lettre est du 3 janvier 173S, Quelques jours aprcs^ le P. La Valette recevait officiellement l'autorisât ion de par tir. « Vous avez appris, écrit-il le lia M^^^ d'Harcourt,
i. Dans sa lettre du 20 janvier 1735 à M^''' d'Harcourt, le P. La Valette dit ; w Je sais que si Je P, de la Tour eût parlé ferïnG^ il n'aurait pas été question de toutes ces promesses. »
3, Arch. colon.. Minâtes des lettres^ Amérique, série B, vol* iOl, Le P. Ani. Lâv^hlte à fa Martinique^ B
que j'étais en liberté de partir. Je me dispose à le faire à la fin de ce mois » *.
Le 20 janvier, il disait encore à sa correspondante : « La lettre d'autorisation du Ministre pour mon départ, est sans limite et sans condition » 2.
Malgré son grand désir de rejoindre au plus tôt sa Mission, il fut forcé d'attendre le départ des navires, qui ne quittèrent le port de Bordeaux qu'au mois de mars ^.
Dès le mois de décembre, en prévision de son prochain retour à la Martinique, il avait demandé au Général de la Compagnie, Ignace Visconti, l'autorisation d'emprunter les sommes nécessaires à V arrangement des affaires temporelles de sa Mission '*,
Cette même demande, il l'avait adressée, en 1748, au général François Retz, qui avait répondu favorablement, mais en lui prescrivant de ne pas aller au delà du but proposé. Il le dépassa certainement, ou de sa propre volonté,
1. Dans sa lettre du 23 décembre à la même, le P. Lavalette disait : « Je vois bien que je ne partirai pas en décembre, heureux encore si mon affaire est fixée dans ce mois à Versailles. Le Roy ayant une fois dit à M. Rouillé de me faire partir, M. le Garde des sceaux n'a plus besoin d'en parler au Roy, il peut expédier le tout, et par ses réponses il paraît qu'il le fera de même. » (Arch. S. J.)
2. Le 26 janvier, le P. Lavalette écrit à la même : « Je me prépare avec force à mon départ, qui reste toujours fixé du !«»• au 3 du mois prochain. » — Le 2 février, nouveau retard : « Je compte m'embarquer le 5; j'aurai l'honneur de vous écrire encore. » (Arch. S. J.).
3. Lettre du P. Griffet, 7 juillet 1761 : « P. Lavalette profectus est Massiliam ac deinde Burdigalam, ubique pecuniam mutuo accipiens... Deindè triumphans in Martinicam rediit. »
4. Plaidoyer pour les Jésuites de France contre le Syndic des créanciers des sieurs Lioncy et Gouffre, p. 86.
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ou entraîné par la force des circonstances. Il évita surtout de mettre le successeur du R. P. Retz au courant de ses emprunts exagérés ; du moins, on n'en trouve aucune trace dans sa correspondance avec le Général, ni dans celle du Général, ni ailleurs. *■•
Le 1*=^ janvier 17*^3, le P, Jean Flachat, procureur général de l'Assistance de France k Rome, répondit au P- Lavalette, de la part du R. P. Visconti :
« Je prie Votre Révérence d'agréer les souhtiits que je lui tais du meilleur de mon cœur d'une heureuse année, d*un prompt départ, et d'une bonne et courte navigation. Il y a tjuelque temps que j*eus Thonneur d'écrire k Votre Révérence que notre R. P, Général {leR* P. Retz) lui permettait d'emprunter les sommes dont elle aurait besoin pour mettre dans une bonne situation le temporel de la Mission. Je vois à présent par votre lettre que je ne m'expliquai pas assez clairement, et que Votre Révérence veut, dans les emprunts qu'elle fera, agir avec la permission de notre R. P. Général et Tagréraent du R, P, Provincial de la province de France. Notre R. Père a fort approuvé cette disposition, et me charge de vous écrire qu'il vous permet de faire, pour la fin que vous vous proposez^ et quiest de hîea établir fe revenu temporel de votre Mission^ tous les emprunts que vous jugerez à propos^ et que vous aurez fait approuver par le P, Provincial de France. Votre Révérence peut agir sans inquiétude, conformément à cette lettre-ci, puisqu'elle \ « été lue et approuvée par Sa Paternité )) K
I Le P, La Valette avait sollicité cette autorisation d'emprunter, sans doute parce que l'Institut Texige dans les circoi;!-
1. Plaidoyer pour le ayadlc des créanciers dés aicurs Lioncyct GoulTre. P. 43,
stances où il s'agit d'un emprunt de quelque importance, mais aussi parce qu'il se proposait de la montrer à MM. Lioncy frères comme un titre qui devait faire leur sûreté^. Il la montra, en efifet, et MM. Lioncy frères en prirent copie .
Fit-il approuver ses emprunts, avant de les contracter, par le P, Provincial de France; ainsi que le Général le prescrivait ? Nulle part, nous n'avons trouvé trace de cette approbation, et le mécontentement manifesté par les Provinciaux, à la nouvelle des nouveaux emprunts du supérieur de la Martinique, à partir de 1755, est une preuve évidente du contraire 2.
Franchit-il les limites fixées par le Général, qui étaient de bien établir le revenu temporel de la Mission ? Assurément oui, il les franchit. Le R. P. Ricci, Général de la Compagnie, est très affirma tif sur ce point, dans sa lettre du 26 septembre 1759 à un créancier du P. Lavalette, qui lui demandait de lui assigner le payement de sa lettre de change sur le collège de Marseille : « Jamais, dit-il, le P. Lavalette n'a été autorisé par ses supérieurs dans les emprunts considérables qu'il a faits ^, »