‹ Le père Antoine Lavalette à la Martinique: d'après beaucoup de documents inéditsChapitre 65 sur 110 · LHtres sur les opérations du P. Lavalette, pp. 15 et · texte numérisé non relu

LHtres sur les opérations du P. Lavalette, pp. 15 et

2* Lettre du Ministre delà marine, M. Berryer, à M. Le Mercier de la Rivière, intendant à Saint-Pierre ; Paris 29 mars 1760 (Arch. des colonies, minutes des lettres, Amérique, série B, vol. 111).

3 . Mémoire justificatif, — Il paraît que les bénéfices de ce commerce étaient assez grands, si on en juge par cet extrait de la même lettre de M. Berryer: « et vous avez proposé deux moyens de soutenir le crédit des billets : 1. Vous vous êtes procuré, dites-vous, environ DOO m. livres de fonds, et il paraît que ce fonds vous Tattendiez du bénéfice que devait procurer au Roy le traité que vous avez fait avec le P. Lavalette en lui prêtantles bateaux du domaine ; 2. des retours des opérations du commerce dont le P. Lavalette s*est chargé en faisant passer de la Grenade à Curaçao des sucres et des cafés en asseK grande quantité pour opérer ce fonds entre vos mains. »

4. Les lettres de M. delà Touche sont datées des 16 et 17 novembre, et 24 décembre 1759.

B. La lettre de M. Berryer était suivie de ce P. S. de la main de Monseigneur : « Au surplus ce n'est pas le métier d'un intendant de se raesler ni directement ni indirectement du commerce, sous quelque prétexte que ce soit, et les spéculations les plus spécieuses

Pendant plusieurs années, le P. La Valette parvint, à force de précautions, à dérober aux Pères delà Mission la connaissance de ses entreprises commerciales. Les missionnaires remarquèrent bien ses absences fréquentes et ses voyages continuels aux îles françaises du Vent ; ils ne virent pas, ils ne soupçonnèrent pas le motif réel de sa vie agitée, peu régulière. Cependant, vers la fin de 1739, cpielques bruits vagues, quelques confidences discrètes éveillèrent l'attention des PP. Fayard et de Magloire.

Le P. Louis Roger de Magloire appartenait à la province de Lyon. Envoyé aux Antilles eii 1746, il fut d'abord missionnaire, puis, à partir de 1731 , supérieur à la Guadeloupe, où les Jésuites desservaient une paroisse importante. En 1737, le P. Lavalette lui confia la direction de la paroisse de Saint-Pierre à la Martinique *.

Le P. Guillaume Fayard, né le 28 novembre 1713 et entré au noviciat de Bordeaux le 9 septembre 1730, passait pour un sujet distingué, d'une belle intelligence, d'un jugement sûr et d'une grande prudence 2.

ne peuvent l'excuser ; et je ne puis trop vous dire combien Sa Majesté a été mécontente de votre conduite en cette occasion. ^^

1. Le P. de Magloire, né à Dublin le 15 janvier 1707^ entra au aioviciat d'Avignon le 19 juillet 1722, et fit profession des quatre vœux à Vesoul le 15 août 1740. Après son noviciat il étudia la rhétorique et la philosophie à Lyon (1724-1727), professa à Aïs les classes de grammaire et d'humanités (1727-1733), fit une troisième année de philosophie et quatre ans de théologie à Dôle (1733-1738); €t après avoir accompli son année de probation à Dôle (1738-1739), «enseigné la grammaire à Vesoul (1739-1740), fait les foncitonjs de surveillant au collège de Poitiers (1740-1743) et un séjour de plusieurs :années à Paris (1743-1746), il partit pour les Antilles en 1746.11 «vait de Télan, du zèle ; mais l'intelligence et le jugement n'étaient pas à la hauteur de la volonté.

2. Voici les notes envoyées sur lui par ses supérieurs au Gënéia de la Compagnie : « Ingenium optimum, judicium certum, prudentîa magna^profectusin litteris bonus; talentum adomnia. >»

Z*e P. Ant. Lavalette à la Martinique. l\

En 1756, le P. Provincial, Claude Frey, Tenvoya à la Martinique, porteur de ce mot pour le P. Lavalette: « Le P. Fayard va vous rejoindre. Il sait les intentions de la Compagnie, il est chargé de vous les déclarer * ».

Le P. Lavalette lui demanda quelles étaient ces intentions. «A quelque prix que ce soit, lui répondit le Père, il faut payer vos dettes. On ne s'embarrasse pas que vous deviez aux îles; il suQit que vous ne deviez rien en France ^ ». Cette réponse marquait clairement la volonté du Provincial de Paris : il tenait avant tout au payement des lettres de change en France, et il voulait que la Mission de la Martinique les payât elle-même, puisqu'elle avait seule contracté les dettes.

Le P. Lavalette n'avait, à cette époque, croyons-nous, rien fait qui pût le faire accuser de commerce ^. Il écouta le P. Fayard,' le nomma procureur de la maison de Saint- Pierre, et rendit compte au général Centurione de sa conversation avec son nouveau procureur.

Le P. Fayard était cependant procureur de nom plutôt que de fait. Il faisait les fonctions de scribe, le P. Lavalette s'étant réservé l'administration du temporel ^.

Les occupations des PP. Fayard et de Magloire leur créèrent forcément des relations avec le gouverneur, Tinten-

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