‹ Le père Antoine Lavalette à la Martinique: d'après beaucoup de documents inéditsChapitre 77 sur 110 · CrétineaU'Jolt/f t. V, p · texte numérisé non relu

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qu'ils y penseraient le moins. Les saisies, en conséquence, étaient à craindre, peut-être les contraintes par corps; car que pouvait signifier autre chose cette contrainte par toutes voies admises par les édits, ordonnée contre tous les Jésuites condamnés solidairement?.,. Quoi qu'il en soit, une partie de ces événements suffisait pour jeter les Pères dans Tembarras... Pour prévenir des suites fâcheuses, les Jésuites se pourvurent donc en appel. »

Deux voies leur étaient ouvertes. Ils pouvaient interjeter appel devant le Parlement de Paris, ou bien invoquer le privilège, qui les autorisait à faire juger leurs contestations par le Grand Conseil K

On «connaît l'origine de ce privilège. Louis XIV, voyant Tacharnement que la Cour judiciaire ne cessait de déployer Contre les religieux de cet Ordre, chaque fois qu'ils recouraient à ses arrêts, leur accorda», sur leurs demandes et par lettres patentes, la faculté de porter leurs affaires au Grand Conseil, qui nommait une commission pour les juger. Cette faculté, appelée Droit de committinus^ les Jésuites s'en prévalurent toujours et sans difficultés jusqu'en 1760.

L'appel au Parlement ne leur était cependant pas interdit, bien qu'il présentât des inconvénients, l'hostilité de cette juridiction étant manifeste. Au milieu du xvin« siècle,

1. « Le Grand Conseil, dit l'Almanach royal de 1758, a été établi par Charles VIII, Tan 1492. Dans son premier établissement, il ne connaissait que des affaires qui concernaient les Finances et la Guerre; mais François I^r, par sa déclaration de 1517, lui a attribué la connaissance de tous les procès concernant les archevêchés, évêchés et abbayes. » La plupart des corps monastiques portaient leurs affaires à ce tribunal. Les Jésuites, malmenés et injustement traités parles Parlements, demandèrent à Louis XIV que le privilège dont jouissaient d'autres Ordres religieux d'être jugés par le Grand Conseil, leur fut accordé ; le Roi agréa leur demande.

liTiostilité passa k Tétat de hî^lne, du moins dans la grande majorité de ses membres. Voici à quelle occasion.

En 1753, le Roi se vit forcé d'exiler le Parlement de

I Paris, à cause de sa résistance opiniâtre à ses volontés

, dans les nffiures de TEglise de France, k propos de la bulle

Uni^enilus L Les jansénistes du Parlement attribuèrent ce

coup de vig-ueur royale aux Jésuites, ardents défenseurs de

la bulle. C'était invention purej mais l'inventian étnit

' séduisante ; universitaires et voltairiens du Parlement la

trouvèrent à leur f^oùt, ils crurent ou firent semblant de

croire aux sug^gestions des Jésuites dans cet acte de fermeté

de rindolent Louis XV, et ils les (* accusèrent de conduire

[rarchevêque de Paris, de gouverner Tévêque de Mirepoix,

l d'entretenir dans le comte d'Argeuson ses préventions contre

'les parlements, d'inspirer à M. le Dauphin des sentiments

j désavantageux au corps entier de la mngîstroture.., Dé]k

i.peu favorablement disposés pour les Jésuites, ils se pro-

mirent bien de venger un jour sur la Société le traitement

4ju'ils éprouvaient - ik On prétend même que quelques-uns

[d entre eux dirent à Bourges, où ils étaient exilés^ n que,

1. Journal inédit du duc de Croy, t I, p. 200 : «■ L'auhe grande I Dan velle était i*'i catosti-oplie du Parlement, qui étî»il enfin parvenu à ' *e faire exiler par tout le royaume^ et la Graud'Chambre, h Poutoîse. Leur refus — très net a la iin — d'obéir, Bvmi produit cet cITet. /►

2» Une partie de ces ixînsei^mement^ et de ceux qui vont suivre ■sont tirés d*un article intitulé : Sijppresxioïi de h dompagiii^ dû \ J^ms en //fî^. Gel article a paru dans l;i CoUecUon dets jiféch hisltiriffues de 1S62» li a été trouvé parmi les papiers de familte et les sermons du P. Monulplïe Buriiiii membre de l'Ordre nu moment de son expulsion de France. Né h Maeatricht en J724, novice de la Compagnie en 1141, il tit une partie de sa Ihéolog-ie aAi (collège Louîs-le- Grand à Paris (17&3-i75G). Son travail net et suco'nf^t sutY^poc^u^ ijui nous occupe, contient les détails las [il us cupj^ ^^ \es Ç^^^ çtre- \^&M Nous y renvoyons le lecteur.

à leur retour, ils sauraient mettre les Jésuites hors d'état de leur nuire *. »

Ce projet n'avait aucune chance de réussite sans le concours des ministres, et le Parlement ne pouvait l'attendre ni du comte d'Argenson, ni du maréchal de Belle-Isle, ni ^e M. de Machault ; ces messieurs connaissaient et estimaient la Compagnie, plusieurs étaient liés d'amitié avec des Pères de la maison professe.

Malheureusement, tout change, même auprès des RoiSy et « jamais règne ne fut plus rempli de changements que celui de Louis XV », dit le duc de Croy dans son Journal "^^ Tous les ministres disparurent, les uns après les autres^ démissionnaires ou remerciés ; arrivèrent enfin au pouvoir des ennemis plus ou moins avérés des Jésuites, le duc de Choiseul, comte de Stainville, intrigant peu scrupuleux^ intelligent, autoritaire, et M. Berryer, ancien lieutenant de police, travailleur, courtisan habile et insinuant, tous deuar très bien dans Vesprit de la marquise de Pompadour^ jouissant du reste d'un grand crédit ^.

La marquise était alors plus dominante que Jamais y faisant tout, tous les ministres travaillant chez elle ^. « Elle ne cherchait qu'à se venger de ceux qu'elle soupçonnait avoir travaillé à sa ruine. 11 était naturel qu'elle en accusât les Jésuites ^. La confiance dont les honoraient la Reine, M. le

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