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^. Précis historiques, iS^2y p. 364.
Dauphin, toute la famille royale; Tattacheraent que leur témoignaient toutes les personnes qu'elle voyait lui être plus contraires, la nature même de leur état et surtout de leurs emplois à la Cour, tout concourait à la fois à les lui faire regarder de mauvais œil. Quelques causes particulières avaient encore excité sa haine contre la Société ^ » Signalons les deux suivantes.
« Tout Paris connut la première et en causa diversement. La marquise, désirant obtenir une place de dame du Palais de la Reine, se mit, dans les premiers mois de 1750» à jouer le rôle de la dévotion. Chaque matin elle, assis tait à la messe. On trouvait des livres de piété jusque sur sa toilette. Enfin, pour achever de cacher son jeu et faire le personnage en son entier, elle manifesta le désir d'approcher des sacrements. L'embarras était de trouver un confesseur, qui, sur la simple assurance qu'elle avait rompu toutes les relations avec le Roi, voulût bien ne pas exiger son éloignement de la Cour. Elle espéra le rencontrer dans le P. de Sacy, qui Tavait confessée dans son enfance et lui avait fait faire sa première communion. Elle s'adressa donc à ce Père; elle le vit fréquemment... Mais ce religieux connaissait ses devoirs; il les remplit... Au bout de trois, mois, les conférences se rompirent sans que la marquise
1. Elle en voulait, depuis 1751, d'abord au P. Pérusseau, confeti- «eur du roi, puis au P. Desmarets, son successeur, parce qu'îU avaient voulu l'éloigner de la Cour. Bernis, devenu prêtre, ne pensait pas autrement qu'eux. Lors de l'attentat de Damien, il en fit l'aveu* ■Onlit, en effet, dans ses Mémoires et lettres (t. I, p. 363) : « J'avais déclaré à M"*® de Pompadour, que, si le Roi l'exigeait de ma probité, je ne pourrais m'empêcber de lui représenter qu'il devait la regarder et la traiter éternellement comme son amie mais qu'il devait faire cesser le scandale en ne vivant plus avec ^\\q daos la familiarité. »
Le P, Ant. Lavalette à la Martinique.
eût fait ses Pâques ^ » M"*® de Pompadour en conçut un vif dépit et ne cacha pas son ressentiment.
Le 5 janvier de Tannée suivante eut lieu l'attentat de Damiens contre, le Roi. Un mois plus tard, le jour de la Purification, le P. de Neuville, prêchant à la Cour en présence du Roi, lui rappela dans son compliment toutes les grâces qu'il avait reçues de Dieu pendant le cours de sa vie... Il eut même le courage de lui remettre sous les yeux la tentative d'assassinat, qui avait consterné toute la France. Il lui représenta son élévation sur le trône de France,. sa maladie et sa guérison inespérée à Metz, la protection spéciale de la Providence sur ses jours dans la soirée du 5 janvier, comme autant de traits de miséricorde de la part de Dieu, qui voulait en faire un prince selon son cœur.
1. Précis hi'storiqueSy 1862, pp. 364 et 365; — Consulter aussi les Mémoires de Tabbé Georget, t. I, p. 65; — Le Journal inédit du duc de Croy, 1. 1, pp. 335-338 et 358. 11 y a là des pages curieuses sur la dévotion de la marquise : « L'événement inattendu éclata, au grand étonnement de tout le monde : le dimanche 8 février, M^^ la marquise de Pompadour fut déclarée Dame au Palais de la Reine, mais ce n'est pas tout : elle se déclara en même temps dans la dévotion... >» (p. 335). — Histoire de la chute des Jésuites au xviii® siècle (1750- 1782) par- le comte Al. de Saint-Priest, pair de France, chap. Il : Les Jésuites et Madame de Pompadour, Là, M. de Saint-Priest cite une lettre, trouvée dans les manuscrits du duc de Choiseul, de la marquise de Pompadour à un agent secret envoyé à Rome. Cette lettre a été reproduite dans la Revue des Deux Mondes^ le 1«' avril 1844. La marquise y accuse le P. de Sacy de sévérité à son égard, cl le P. Desmarets, qui veut l'éloigner de la Cour. Le P. Desmarels était confesseur du Roi. — Dans la Revue d'histoire et de littérature religieuses (t. X, 1905, n° 1), M. P. de Nolhac a publié sous ce titre, La Conversion de Madame de Pompadour, un .article intéressant, qui parle des rapports de Madame de Pompadour avec la Compagnie de Jésus. Ces rapports remontent au Jubilé de 1751, époque où le P. Pérusseau dirigeait la conscience de Louis XV. — Voir aussi ^ouis XV et Madame de Pompadour. Paris, Calmann-Lévy, 1904; — 3/ëmo/res et lettres du Cardinal de Remis, publiés par F. Masson, en 1«78 ; — Mémoires du duc deLuynes, t. XV.
Et, le félicitant des premières démarches quil avait cornmencé de faire pour retourner au Seigneur, il Vexhorta à consommer son ouvrage. ^Le Roi ne parut pas offensé de la hardiesse apostolique du prédicateur ; mais la marquise, froissée et mécontente, sentit vivement le coup que le P. de Neuville lui avait porté, et elle lui voua une haine vivace ainsi qu'à ses confrères. « Aussi, soit pour ne rien perdre de sa faveur auprès du Roi, soit pour assouvir sa vengeance, elle se ligua dès lors avec tout ce que les Jésuites avaient d'ennemis au dedans et au dehors du Parlement ^ » Le duc de Ghoiseul'et Berryer entrèrent dans la ligue.
Le cardinal de Bernis, qui devait être au fait de toutes les intrigues, assura depuis sa disgrâce, sur la fin de 1768, que la trame avait été ourdie de son temps, qu'on avait voulu le faire entrer dans le complot, mais qu'il avait toujours refusé d y do.nner les mains -.
Le Parlement était revenu de Texil. La perte des Jésuites fut jurée ; on songea aux moyens de l'exécuter. « Il fallait commencer, dit le P. Burtin, par rendre odieux ceux qu on voulait perdre. L'on résolut de répandre une foule de libelles propres à décrier la Société. Ce fut alors qu'on appela le jansénisme au secours... ; et bientôt le public fut inondé de brochures, où les Jésuites étaient déchirés de mille manières ^, » Après la sentence consulaire du 30 janvier 1760, les écrits calomnieux devinrent déluge, étant partout impunis, encouragés.
A cette époque, « les Jésuites avaient contre eux le Parlement, le gouvernement, Topinion publique et la mar-