‹ Le père Antoine Lavalette à la Martinique: d'après beaucoup de documents inéditsChapitre 85 sur 110 · Précis historiques, p · texte numérisé non relu

Précis historiques, p

Les Jésuites ne tardèrent pas à s'apercevoir qu'ils avaient été trop confiants. Trois conseillers, MM. Chauvelin, Terray et Delaverdy, furent chargés d'examiner les constitutions, et le 8 mai 1761 , le Parlement rendit, sur les conclusions de l'avocat général, le Pelletier de Saint-Fargeau^ un arrêt condamnant le Général des Jésuites et toute la Société à payer à MM. Lioncy frères et Gouffre, négociants k Marseille, la somme d'un million cinq cent deux mille livres, plus cinquante mille livres de dommages-intérêts et les dépens *.

L'avocat général avait soutenu que, d'après l'Institut, le Général de la Compagnie est l'administrateur universel, le propriétaire unique de tous les biens de l'Ordre, comme représentant la personne de l'Ordre ; il ajoutait que .le P. Lavalette n'avait rien entrepris, rien exécuté jc[ae de l'agrément et sous l'autorité du Général, enfin que le commerce de la Martinique avait été fait pour le compte de la Société -. Toutes ces assertions étaient fausses ; elles ne reposaient sur aucun texte de l'Institut, elles prêtaient à la Compagnie un régime qui n'est pas le sien. Nous Tavons vu dans le chapitre précédent. Mais le Parlement, qui comptait sur la crédulité docile du public pour tout accepter sans contrôle, fit droit aux conclusions de l'avocat général et confirma la sentence intervenue au consulat de Marseille le 29 mai 1760.

La première partie du plan de destruction de la Compa-

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