‹ Le père d'Émile ZolaChapitre 20 sur 65 · DES PLUS ÉTONNANTES FACILITÉS AU MINISTERE DE LA · texte numérisé non relu

DES PLUS ÉTONNANTES FACILITÉS AU MINISTERE DE LA

GUERRE ; que, s'il en était autrement, c'est-à-dire si ce document avait été remis à Esterhazy par une personne n'étant pas dans les conditions susvisées, on ne se serait pas contenté d'adresser à Esterhazy, sans demander d'explications, un s^ple accusé de réception de sa restitution. ))

A propos de cette instruction, ne trouve-t-on pas encore la preuve de hautes protections, pleines d'indulgence, pleines de prévenante bienveillance pour certains?

Chacun se souvient de quoi il s'agissait. Il s'agissait de faux commis de connivence entre du Paty de Clam, ' Esterhazy et M^ie Pays.

Il est bien vrai que la chambre des mises en accusation a rendu deux arrêts qui, en fait, ont, quant a présent, suspendu, pour partie des Jaux, la poursuite commencée.

Mais comment ont été rendus ces arrêts ?

L'heureux Walsin Esterhazy, qui manque de reconnaissance, en a lui-même donné la clef.

Dans une lettre, du i4 septembre 1898, au garde des sceaux, il a fourni une profusion de détails fort intéressants :

Monsieur le Ministre,

Pendant ma détention, j'ai dû, suivant l'intérêt que le gouvernenieiil croyait y avoir, tantôt être déclaré innocent,

I tôt ôtre déclaré coiipal)lo, et ce n'est qu'à la fin, quand i fait comiu'endre, par rintennédiaire de mon avocat, • M. Pic(iuart se portait partie civile et allait conipro- (tre bien plus haut que moi, que hruscpicment l'action iivernementale, ainsi que disait sans jurande vergogne (lavaignac, s'est lait délinitivement sentir dans le sens •vous savez aussi bien (jue moi. Mais dans les entrevues ■ M'' Tézeuas avait eues à diverses reprises, tant avec le

ministre lui-même qu'avec celui en qui il avait confiance (|ui lui a l'ait commettre de graves erreurs, on n'avait lut caché à M'' Tézenas qu'on avait résolu ma perte d'une

III mière absolue et qu'on ne reculerait devant rien pour y

I riiver. ... i^

Plus tard, il est revenu sur le même sujet, et, dans le.s /h'sso/is de l'affaire Dreyf/is, il résume ainsi ce qui st passé :

Ainsi donc, au début, tendance à m'arracher aux illes de Bertulus ; puis résolution de me perdre. — Kuite, ofi veut sauver du Patij en me perdant, et finalement on sauve tout le monde, et tout cela au doigt et à 'œil, avec une magistrature disciplinée comme un régiment de grenadiers.

Je n'ai pas besoin de vous sig-naler que, soit dans sa ettre au ministre, soit dans sa publication, Esterhazj i'est bien 2;-ar(lé de rappeler les deux arrêts où la Cour [le cassation, pour l'honneur des principes, a déclaré que a chambre des mises en accusation avait violé la loi.

Puis({ue cette constatation se trouve dans des arrêts jui ont, je pense, l'autorité de la chose juchée, n'ai-je pas e droit d'en prendre acte ?

C'est, en eflet, la cour suprême (|ui, cette fois, constate, n la bhimant> une flagrante illéi^alité couvrant une flagrante induliience.

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